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Naufrage du Grande America : menace de pollution sur les côtes

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Article publié le 16/03/2019

Au cours de la soirée du dimanche 10 mars, le navire "Grande America" naviguant sous pavillon Italien, et effectuant la liaison Hambourg (Allemagne) – Casablanca (Maroc), a effectué un appel de détresse faisant suite au déclenchement d'un incendie à bord, à 260km (140 miles nautiques) au Sud-Ouest de la pointe de Penmarc'h (Finistère). Si les vingt-sept personnes à bord ont pu être secourues en pleine mer par la frégate britannique "HMS Argyll", l'incendie n'a pu être contenu.

Pris par les flammes et en dérive durant près de 2 jours, le navire a fini par faire naufrage et a sombré totalement le mardi 12 mars à 15h26, alors à 333km à l'Ouest de la Charente-Maritime (180 miles nautiques).

Le navire Grande America pris par les flammes - lundi 11 et mardi 12 mars 2019 - Marine Nationale

Ce navire de commerce de 214m de long repose désormais par 4600m de fond. Il contenait notamment 20 000 véhicules, mais surtout 365 conteneurs dont 45 étaient répertoriés comme "transports de matières dangereuses". 100 tonnes de bidons d'acide chlorhydrique et 70 tonnes d'acide sulfurique étaient transportées à bord, s'ajoutant aux 2200 tonnes de fioul lourd contenus dans ses soutes (comme carburant pour la navigation).

Dès lors, une première pollution est observée ces derniers jours en surface. A la suite des multiples opérations de reconnaissances aériennes opérées par la Marine Nationale, deux nappes d'hydrocarbures de plusieurs kilomètres de long ont été clairement identifiées, séparées d'une vingtaine de kilomètres.

Une troisième nappe (4/5km de long pour 500m de large) était également visible ce vendredi sur la zone même du naufrage. Elle indique clairement un rejet de fioul continu depuis l'épave, et donc une pollution sous-marine majeure, impactant les écosystèmes dans ce secteur.

Nappes d'hydrocarbures observées le 13 et 14 mars 2019 au large des côtes françaises - Marine Nationale

Le navire ayant désormais coulé, les opérations de pompages sont rendues très complexes, d'autant plus que les conditions météorologiques ne sont pas favorables (mer forte avec creux de 4 mètres). Ces nappes d'hydrocarbures circulent actuellement au large, mais quels sont les risques de pollution pour nos côtes françaises ?

Depuis l'évènement en première partie de semaine, et lors des prochains jours, la houle possède une direction Ouest-Nord-Ouest, tout comme les vents près de la surface. Conséquence, la propagation la plus probable devrait s'effectuer en direction des côtes de la Charente-Maritime, de la Gironde ainsi que des Landes. L'extrême Sud de l'Aquitaine (Pays-Basque), ainsi que les côtes Vendéennes se sont pas pour autant à l'écart, mais le risque de pollution y semble plus modéré (même très faibles pour le Sud - Bretagne).

Hauteur et direction de la houle - prévision du samedi 16 et dimanche 17 mars 2019 - Modèle WAM 1km / Allosurf

Vents et houle se montrent donc particulièrement défavorables. Les services publics peuvent toutefois compter sur des courants plutôt faibles pour se préparer à toute éventualité. En effet, les courants en surface se montrent peu rapides (0.1 à 0.2m/s de déplacement en moyenne), soit pas plus de 20 à 30km par jour. De ce fait, et selon les prévisions actuelles, les premières "boulettes" noire d'hydrocarbures ne devraient pas être observées sur nos littoraux avant le lundi 18 mars au plus tôt.

Direction et intensité des courants en surface - prévision du samedi 16 et dimanche 17 mars 2019 - MARC / Ifremer

Par précaution, plusieurs préfectures (entre autre de Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime, Gironde ou encore Landes) sont en en phase de vigilance. Cette phase de pré-alerte pollution permet d'assurer une veille continue de la situation, et de renseigner notamment diverses consignes préventives aux maires des communes littorales susceptibles d'être impactées. Chaque commune est prête à interdire l'accès aux plages en cas de signalement de plaques d'hydrocarbures.

Dès l'apparition des premières plaques de fioul sur les plages, le plan POLMAR-Tere pourrait également être activé. Ce volet du plan ORSEC permet de faire face à d'éventuelles pollutions marines sur les côtes : il permet notamment de mobiliser tous les services de l'état au niveau département, voire zonal (régional) ou même national en cas de pollution de plus grande ampleur.

Pour toute information supplémentaire, n'hésitez pas à consulter les communiqués de la préfecture maritime de l'Atlantique (>>) ou encore des différentes préfectures départementales.

 

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