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Réchauffement Climatique et épisodes méditerranéens - Quel impact?

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Article publié le 03/12/2019

Un automne exceptionnel

Cet automne 2019 s'est montré exceptionnel à plus d'un titre suite aux nombreux épisodes pluvio-orageux méditerranéens avec notamment :

21 au 22 septembre >>

14 au 15 octobre >>

18 au 24 octobre >>

31 octobre >>

15 novembre >> (particulièrement neigeux en Vallée du Rhône)

22 au 24 novembre >>

1er décembre >>

Galets et embarcation projetés sur la route du bord de mer à Saint-Laurent-du-Var (06) lors de l'épisode du 22 au 24 novembre - JC Nissa

 

Quel est l'impact actuel du Réchauffement Climatique sur ces épisodes?

Comme expliqué dans cet article sur la tropicalisation du climat à Nice >>, la Méditerranée tend à se tropicaliser, amenant son lot de satisfaction (étés plus longs, climat plus doux...) mais également de désastres comme le développement de maladies tropicales ou l'apparition de nuits avec des chaleurs extrêmes. Le régime pluvio-hydrologique se trouve bien évidemment affecté à son niveau, lui aussi.

En effet, après de nombreuses années d'observations, on constate une augmentation de la fréquence de ces épisodes et surtout de ceux de forte intensité (>200mm/24h). Entre 1956 et 2015, le taux d'augmentation du cumul maximum observée chaque année est de +7 à +39 % (le climat méditerranéen est très hétérogène d'une année sur l'autre, expliquant cette incertitude)

 

L'impact du Réchauffement Climatique est donc dores et déjà bien réel et mesurable avec une augmentation hétérogène mais significative de la fréquence et de l'intensité des épisodes méditerranéens en France.

 

A quoi s'attendre dans le futur?

Pour les régions méditerranéennes, le futur n'est pas rose car si la fréquence des épisodes méditerranéens dépend de nombreux paramètres, leur intensité suit une règle très simple à comprendre: plus il y a d'humidité, plus il pleut!

En effet, plus la mer est chaude, plus elle libère d'eau dans l'atmosphère. Et plus l'atmosphère est chaude, plus elle peut contenir d'eau.

Par exemple, à +10°C, l'air peut contenir 10grammes d'eau par m3 alors qu'à +30°C, il peut en contenir 30g pour le même volume, soit le triple de la valeur initiale - tpenuages

 

Ainsi, la température influe directement sur la capacité de l'atmosphère à emmagasiner de l'eau, et donc à la libérer en plus. Pour estimer cela, les météorologistes et climatologues utilisent un paramètre spécifique, l'eau précipitable (PWAT, Potentiel of Water en anglais NDLR)

> Quand une masse d'air chaude et humide rencontre de l'air plus froid, elle se décharge de son humidité en trop car l'air froid peut contenir moins d'eau que l'air chaud. La produit de ce mélange qui transforme l'eau gazeuse en eau liquide s'appelle la précipitation d'humidité de condensation.

schoeck-bauteile.ch

 

Le problème principal vient du fait que la Méditerranée tend à se tropicaliser de façon très rapide car c'est une mer fermée, très sensible au réchauffement rapide. Il existe un déséquilibre entre la vitesse de réchauffement de la Méditerranée, et la vitesse de réchauffement des masses d'air polaires ou d'altitude (qui entrent en conflit avec la Méditerranée à chaque automne).

Nous sommes donc dans un système très dynamique et difficile à anticiper où la fréquence des épisodes est directement lié à la fréquence des descentes froides en Méditerranée, et où leur intensité est liée au décalage de température entre la masse d'air polaire qui tiédit lentement et la masse d'air méditerranéenne tropicalisée qui se réchauffe rapidement.

Illustration des valeurs de vapeur d'eau présentes dans l'atmosphère (en cm d'eau = 6x10L d'eau libérable par m² de sol par rapport à une colonne d'air de 1m² de base) l'influence des saisons et donc de la chaleur y est clairement visible - Commons

 

Cela mène à deux phénomènes:

> Une augmentation des épisodes considérés comme méditerranéens (des perturbations de faible intensité autrefois se retrouvent renforcées et entrent dans la catégorie d'épisode)

> Une augmentation du nombre d'épisodes sévères (>200mm en 24h)

Cependant, la dynamique de l'atmosphère reste relativement stable malgré le changement climatique. Ainsi, le nombre de dépressions passant en Méditerranée et susceptibles de déclencher un épisode de temps perturbé est plutôt stable (à étudier de façon plus approfondie).

 

Cet automne exceptionnel est-il le fruit du Réchauffement Climatique?

Oui... et surtout Non!

En effet, si la quantité de pluie moyenne est augmentée par le Réchauffement Climatique du fait de l'élévation générale de la température de l'atmosphère comme de la mer, les épisodes de cet automne se sont surtout distingués par leur fréquence! Et nous avons vu que mis à part une augmentation très lente, cette anomalie climatologique n'est pas imputable au Réchauffement Climatique.

En effet, ces nombreux épisodes ont été provoqués par une situation de blocage qui aura persisté durant près de 5 semaines, et sur tout le mois de novembre.

 

Anomalies de géopotentiel moyennes observées dans le Monde en Novembre en 2019 - elle se traduit par des zones anormalement dépressionnaires en bleu et des zones anormalement anticycloniques en rouge - Météo-France

Nous pouvons de plus remarquer sur cette carte qu'il s'agit d'ondes réparties de la même façon sur les deux hémisphères, opposant le Sud et le Nord. A une anomalie positive au Nord correspond une anomalie positive au Sud, sur la même méridienne. Les causes de notre automne excessivement perturbé sont à chercher à l'échelle de l'anomalie locale résultant d'une structure ondulatoire à l'échelle planétaire, mais ces aléas font partie du domaine de la météorologie, et donc par conséquent, pas du climat.

> Cet automne, les nombreux épisodes ont été le fait d'une configuration météorologique spatialement stable résultant d'un mécanisme ondulatoire à l'échelle planétaire complexe, le Réchauffement climatique n'est donc responsable que d'une part minime de ces évènements, en accentuant légèrement les conséquences de ce phénomène initial (plus de pluie générée que sous un climat plus frais, avec un écart de l'ordre du degré).

En novembre, les anomalies de pression relevées en France étaient de l'ordre de -9 à -13hPa, ce qui a battu de nombreux records nationaux, expliquant ce temps très agité.

 

 

 

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