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> Ce matin, les températures sont toutefois contrastées avec une petite fraicheur dans les secteurs ruraux mais un îlot de douceur urbain sur Paris : nous relevions en moyenne au plus bas entre 11 et 15°C en dehors du périphérique (10.7°C à Fontainebleau, 12.0°C à Pontoise), mais jusqu‘à 18.7°C au parc Montsouris, et même plus de 21°C sur les toits de Paris (21.8°C sur notre station de Saint-Germain des Prés).

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Quel futur suite au pic caniculaire du 28 juin 2019?

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Article publié le 29/06/2019

Des valeurs aussi exceptionnelles qu'inédites

 

Ce jeudi 28 juin 2019, un pic de chaleur tout à fait exceptionnel a concerné la France et plus particulièrement les régions méditerranéennes. Cet évènement a nécessité la mise en place de la vigilance rouge pour la première fois depuis la mise en place du système de vigilance météorologique le 1er octobre 2001. (la vigilance canicule a été mise en place en 2004 excluant la canicule de 2003)

Sur le réseau officiel de Météo-France, 11 stations météorologiques ont battu leurs records absolus tous mois confondus. Le record national de température est passé de +44.1°C en 2003 à +45.9°C ce 28 juin 2019, record à présent détenu par Gallargues-le-Montueux (30).

 

Le graphique de Nîmes montre bien le caractère exceptionnel de cette envolée du thermomètre

source >>

Sur le réseau secondaire/amateur, une station sous abri ventilé proche d'une catégorie 3 du réseau de Météo-France a enregistré une température maximale de +46.1°C, au Triadou (34). Cette valeur n'est malheureusement pas officielle bien que représentative.

Carte: infoclimat

Retrouvez notre article de suivi de la canicule mis à jour régulièrement ici >>

 

De lourdes conséquences sur l'environnement

Dans tous ces secteurs colorisés en blanc, des dégâts parfois impressionnants ont été observés sur la végétation avec une mort spontanée des feuilles sur pied en quelques heures d'exposition à ces chaleurs.

Défoliation totale des vignes dans l'arrière pays méditerranéen - Chai d'Emilien

 

Pour répondre à nos interrogations, nous avons sollicité l'avis de Serge ZAKA, chercheur en agro-climatologie à ITK et administrateur de l'association Infoclimat.

 

Jérémie GAILLARD pour Météo-Villes:

Quel est le mécanisme qui fait que nos plantes ont dépéri avec la chaleur exceptionnelle d'hier?

Serge ZAKA:

Il y a deux principaux phénomènes biologiques qui expliquent cette situation exceptionnelles :

1) La rapidité de la hausse : Les dernières feuilles émergées d'un végétal sont adaptées à leur température de croissance que ce soit au niveau de la morphologie (taille de la feuille, agencement des cellules etc.) et composition moléculaire (concentration des molécules actives pour la photosynthèse, efficacité de réaction chimiques etc.). Les températures ont été en moyenne de saison ces dernières semaines. La croissance des dernières feuilles émergées s'est faite dans des conditions classiques auxquelles elles étaient adaptées. Leur structure et leur composition n'étaient pas optimales pour faire face à l'arrivée soudaine d'un pic de chaleur exceptionnel.

Sénescence accélérée des feuilles à Saint-Gely-du-Fesc (34) - Serge ZAKA Nous pouvons voir que les feuilles les pousses les plus tendres sont les plus touchées.
 
2) La violence de l’événement : Nous sommes arrivés à un niveau où on peut réellement parler de "violence" sur le végétal. Le cocktail explosif entre le vent (30 à 60 km/h), la température (44 à 46°C), la durée du jour (photopériode) très longue à cette période de l'année et l'intensité lumineuse maximale au solstice d'été a fait que l'évapotranspiration (perte d'eau par transpiration des plantes) a atteint des niveaux exceptionnels, surement jamais vu en France métropolitaine. Tous les végétaux, qu'ils soient méditerranéens ou tempérés, ne sont pas adaptés à ces conditions desséchantes extrêmes soudaines. La plante, qui perdait trop d'eau, s'est mise, en quelque sorte, en situation de survie. Elle devait rapidement diminuer sa surface foliaire pour réduire cette perte d'eau et ainsi éviter un dessèchement complet. Elle a sacrifié ses feuilles les plus fragiles et les moins efficaces : c'est à dire les dernières feuilles émises avec le bourgeon axillaire. C'est ce qu'on voit sur les photos exceptionnelles qui ont été prises.

Destruction d'un espace de garrigue (pourtant adapté à la chaleur sèche méditerranéenne) composée de chêne kermes et de chêne vert -

 

Jérémie GAILLARD pour Météo-Villes:

Quelles sont les conséquences possibles à long terme? (dans un contexte de RCA, amenant ce genre d’événements à se répéter et à s'amplifier)

Serge ZAKA:

Personnellement, même en ayant fait une thèse en agro-climatologie et ayant travailler dans des chambres de culture en conditions extrêmes, je ne m'attendais pas à un dessèchement si rapide. Cela pourrait remettre en question nos formalismes utilisés dans les modèles d'anticipation des effets du changement climatiques sur les forêts ou les cultures.

modèle actuel d'évolution de la végétation en France métropolitaine dans un contexte de réchauffement climatique - INRA

 

La puissance de cette remontée d'air chaud et la rapidité de dessèchement est inquiétante pour les conséquences à long et à court terme. A court terme, pour les cultures annuelles, les conséquences sur le rendement peuvent être conséquentes. D'autant plus que cette vague de chaleur exceptionnelle a eu lieu très tôt dans la saison durant la période de floraison (période très sensible au stress thermique et hydrique)/. A long terme, la soudaineté du changement climatique ne donne pas le temps aux forêts de se renouveler et de s'adapter. Plusieurs années de stress hydriques et thermiques pourront simplement les tuer. Sans parler des conséquences sur les feux de forêts...

Incendie à Vauvert (30) de nombreux départs de feu spontanés ont eu lieu durant l'après-midi de ce vendredi 29 juin 2019

 

Jérémie GAILLARD pour Météo-Villes:

Quelles parades pourrait-on trouver à ce phénomène? (culture de céréales subsahariennes résistantes à la chaleur sèche comme le Manioc? Protection de notre flore?...)

 
Serge ZAKA:

Des parades peuvent être trouvées pour les cultures annuelles (maïs, blé, orge etc.). Nous pouvons par exemple trouver/planter des variétés plus résistantes au stress hydriques et thermiques (je ne parle pas d'OGM mais de croisements entre variété existantes). Nos instituts français font un travail de recherche formidable à ce niveau là. La résistance variétale à une certaine limite génétique à laquelle nous seront vite confrontés.

Blé affecté par la sécheresse montrant une baisse importante de production - image d'illustration

 

Nous pouvons bien entendu planter de nouvelles espèces mais il faudra avoir une réflexion scientifique entre la demande en eau de ces nouvelles cultures et les prévisions de baisse des précipitations à cause du changement climatique (notamment dans le sud de la France).

L'utilisation de nouvelles technologies qui font "parler" les plantes est aussi l'avenir : on est dans le domaine de l'agriculture de précision. Quels sont les besoins précis en eau ? Quels sont impacts des stress hydriques et thermiques passés et futurs ? Est-il possible de planter telles types de culture dans 50 ans ? A ce niveau, il faut parler des modèles de culture et des outils d'aide à la décision. Un travail formidable est effectué pour le court terme par des instituts de recherche privé comme ITK et sur le plus long terme par les instituts de recherche publics comme l'INRA.

D'autres modifications profondes doivent avoir lieu. Mais cette fois-ci, elles concernent nos habitudes et nos comportements. Par exemple, l’irrigation du maïs dans le sud-ouest de la France sera une aberration d'ici la fin du siècle (à cause de la raréfaction de la ressource en eau en été) ou encore l'utilisation des terres peu fertiles et sableuses sera à éviter.

Dans le sud de la France, l'Agriculture représente déjà une part excessivement importante de la consommation en eau. Les ressources de plus en plus rares forceront l'abandon des cultures gourmandes en eau comme le maïs. Source >>
 
Retrouvez Serge ZAKA sur son twitter >>
 
 
 

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