Actualités Météo Paris 1er site météo pour Paris et sa région https://www.meteo-paris.com/actualites Wed, 28 Jul 2021 17:03:56 +0200 <![CDATA[Fortes chaleurs en Corse et Italie, graves incendies en Sardaigne en cette fin juillet 2021]]> Alors qu'une bonne partie de la France vit un mois de juillet très tempéré, les masses d'air très chaud remontent sur les régions méditerranéennes et concernent notamment la Corse et l'Italie. En Sardaigne, des incendies dramatiques font rage.

 

Flux méridien et air très chaud en Méditerranée

 

Situation à échelle continentale le lundi 26 juillet 2021 - Météo Villes

 

La situation observée en ce début de semaine est très semblable à celle observée depuis le début du mois de juillet 2021. Les basses pressions se positionnent régulièrement vers les Îles Britanniques, influençant notamment la moitié nord de la France. Les hautes pressions, quant à elles, sont centrées vers les Açores et sur l'est de l'Europe.

 

Cette configuration apporte un flux océanique sur les trois quarts de la France, tempérant l'atmosphère. En revanche, cela se traduit par un flux de sud-ouest à sud sur le bassin méditerranéen, faisant remonter un air bouillant sur l'Italie et les Balkans, en provenance directe du nord de l'Afrique. Cet air très chaud déborde parfois sur nos régions méditerranéennes et particulièrement sur la Corse.

 

Animation des masses d'air du mardi 27 au samedi 31 juillet 2021 - via wxcharts.com

 

Comme on le constate sur l'animation ci-dessus, les masses d'air à 850 hPa (vers 1500 mètres d'altitude) sont véritablement surchauffées au dessus du bassin méditerranéen, souvent de l'ordre de 20 à 25°C. Elles sont alimentées par une réserve en air bouillant sur le Maghreb où les températures de la masse d'air sont parfois proches de 30°C ! Dans le Sahara algérien, les températures ont récemment approché les 50°C (49,9°C à Adrar) !

 

Températures maximales relevées en Corse les samedi 24 et dimanche 25 juillet 2021 - via meteociel.fr

 

Ainsi, la Corse a connu un pic de chaleur durant le week-end des 24 et 25 juillet 2021. C'est durant la journée de samedi qu'il a fait le plus chaud, en raison de la présence du sirocco en après-midi. Le thermomètre a atteint 39,3°C à Calvi dans le nord-ouest de l'île mais c'est dans le sud-ouest de la Corse qu'il a fait le plus chaud. Ajaccio a relevé 40,1°C (à 2 dixièmes de son record absolu) tandis qu'il faisait jusqu'à 40,3°C à Propriano ! Ces deux valeurs sont les seules supérieures à 40°C en France depuis le début de l'année.

 

Sur l'île de beauté, les températures maximales vont se maintenir généralement entre 32 et 35 degrés jusqu'à la fin de la semaine. La Corse restera concernée par les remontées d'air chaud, à l'écart de l'influence océanique concernant la France continentale.

 

Concentrations en poussière de sable du Sahara le lundi 26 juillet 2021 - via SKIRON

 

Sans surprise, ce flux très chaud prenant ses racines sur le nord de l'Afrique véhicule des quantités notables de poussières de sable du Sahara au dessus de la Méditerranée et jusqu'aux Balkans. L'Italie est particulièrement concernée et ce sable saharien survole également la Corse où quelques dépôts ont été signalés en journée du lundi 26 juillet 2021, au passage d'averses.

 

 

Sécheresse autour du bassin méditerranéen

 

Cumuls de précipitations de la mi-juin jusqu'à la mi-juillet 2021 - via Gaetan Heymes / Météo France

 

Alors qu'une bonne partie de la France subit des précipitations copieuses depuis la mi-juin - dépassant parfois les 200 mm vers le Massif Central, les Ardennes et les régions de l'est - les régions méditerranéennes sont presque systématiquement à l'écart de l'instabilité. C'est souvent le cas lorsque le flux océanique domine. Le Massif Central fait barrage aux nuages et aux pluies tandis que le mistral et la tramontane assèchent les régions méditerranéennes.

 

Depuis la mi-juin 2021, il n'a quasiment pas plu sur certaines villes méditerranéennes. D'une manière générale, les cumuls sur un mois et demi sont inférieurs à 10 mm sur la plaine du Roussillon, les régions bordant la côte d'Azur et la Corse.

 

Cumuls du 1er au 27 juillet 2021 :

  • 0,0 mm à l'Île-Rousse
  • 0,2 mm à Ajaccio & Calvi
  • 0,4 mm à Bastia
  • 0,6 mm à Toulon
  • 1,0 mm à Perpignan
  • 2,2 mm à Hyères
  • 4,4 mm à Marseille-Obs.
  • 4,6 mm à Nice

 

Écart à la normale de l'indice d'humidité des sols à la mi-juillet 2021 - via Gaetan Heymes / Météo France

 

Sans surprise, presque toutes les régions françaises connaissent des taux d'humidité des sols largement supérieurs à la normale, atteignant par endroits des niveaux records. En revanche, la carte ci-dessus met en évidence que la situation est véritablement différente sur les régions méditerranéennes où les sols sont plus secs que la normale. C'est notamment le cas sur la plaine roussillonnaise, celle de l'Aude ainsi que sur les plaines corses où la sécheresse de surface est très prononcée.

 

Rapport à la normale des précipitations en seconde quinzaine de juin 2021 - via JMA

 

Rapport à la normale des précipitations en première quinzaine de juillet 2021 - via JMA

 

 

Les deux cartes ci-dessus montrent le rapport à la normale des quantités de pluie tombées sur 30 jours depuis la mi-juin 2021. Si une bonne partie de la France a été copieusement arrosée, on constate que les régions méditerranéennes ont été nettement moins touchées, notamment la Provence, la côte d'Azur et la Corse. Ces cartes font ressortir la sécheresse importante qui touche les deux tiers sud de l'Italie, dont la Sardaigne. Sur ces zones, la pluie se fait particulièrement discrète depuis le début de l'été météorologique.

 

 

Incendies dramatiques en Sardaigne

 

Violent incendie gagnant le village de Porto Alabe (Sardaigne) le 25 juillet 2021 - via GEDI

 

C'est dans la province d'Oristano que les flammes font des ravages depuis la semaine dernière, ayant notamment touché les communes de Cuglieri, de Santu Lussurgiu, de Scano Montiferru et de Porto Alabe. Le feu s'est intensifié ce week-end, à cause du puissant sirocco couplé aux très fortes chaleurs. Les incendies ont atteint plusieurs quartiers, forçant l'évacuation d'environ 1.200 personnes et détruisant certaines habitations.

 

Incendie majeur dans la province d'Oristano ce week-end - photo Corps Forestier d'Oristano

 

L'ampleur des incendies rend l'intervention des pompiers particulièrement délicate, d'autant qu'il existe plusieurs brasiers. La France et la Grèce ont envoyé lundi quatre Canadair afin d'aider les services italiens à combattre les flammes qui ravagent l'ouest de la Sardaigne. Les prévisions météorologiques ne sont pas rassurantes puisqu'une nouvelle accentuation de la chaleur est prévue dès ce mercredi 28 juillet et que les températures vont rester excessivement élevées jusqu'à la fin de la semaine, sans la moindre goutte de pluie...

 

Comparaison satellite entre le 22 et le 25 juillet 2021 vers Porto Alabe en Sardaigne - via Sentinel 2

 

Vu du satellite, l'ampleur des incendies saute aux yeux. À proximité du village côtier de Porto Alabe dans la province d'Oristano, une très vaste zone a été ravagée par les flammes en l'espace de quelques jours seulement. Sur la zone que l'on voit ci-dessus, ce sont plus de 20.000 hectares qui sont partis en fumée au cours des derniers jours et le foyer est toujours actif !

 

Conséquences dramatiques des incendies en province d'Oristano - photos via Unione Sarda

 

Paysages calcinés au nord d'Oristano (Sardaigne) - via Unione Sarda

 

En ce début de semaine, ce sont plus de 7.500 hommes qui étaient mobilisés sur place pour lutter contre les flammes, du jamais-vu ! Malgré les moyens colossaux déployés, les flammes continuent de faire des ravages. Si le feu n'a pour le moment pas fait de victime humaine, de nombreux animaux perdent la vie et les paysages se retrouvent calcinés. L'état de calamité a été décrété par les autorités italiennes.

 

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<![CDATA[Poursuite du temps maussade et perturbé sur la France cette semaine du 26 juillet au 1er août 2021]]>  

Un temps restant perturbé sur l'Ouest de l'Europe :

 

L'été ne veut définitivement pas s'installer durablement sur la France et l'Ouest de l'Europe. Les gouttes froides, aux conséquences parfois dramatiques, se succèdent et apportent pluies, averses et orages de façon récurrente sur une grande majorité du pays depuis la mi-juin et la situation n'évolue pas durablement en altitude.

 

Les zones dépressionnaires, circulant normalement plus au Nord de l'Europe en période estivale, continuent de s'approcher de l'Ouest de l'Europe depuis le début de l'été, débordant plus ou moins vers nos régions et apportant un temps généralement perturbé et assez frais. 

 

 

Situation atmosphérique du lundi 26 juillet 2021 sur l'Ouest de l'Europe et situation propice à un temps estival sur la France – Météo-Villes

 

 

Ce lundi la situation n'évolue guère, un petit minimum dépressionnaire circule sur le Nord du pays en se décalant progressivement vers la mer du Nord. Néanmoins, si cette goutte froide s'évacue, le beau temps ne va pas revenir pour autant car l'éloignement de cette dépression va provoquer un basculement du flux au Nord-Ouest et l'arrivée d'une zone dépressionnaire encore plus vaste sur les îles britaniques, nous influençant pour le reste de la semaine. 

 

 

Animation des géopotentiels sur l'Ouest de l'Europe entre le lundi 26 juillet et le dimanche 1er août 2021 – Modèle GFS via WX CHARTS

 

 

De ce fait, pas vraiment d'amélioration à attendre au niveau du ciel sur de nombreux secteurs avec un temps restant majoritairement nuageux, assez frais pour la période et un ressenti toujours assez maussade.

 

 

Nuages et averses au programme :

 

En marge de la zone dépressionnaire circulant plus au Nord, le temps va rester assez perturbé sur une large moitié Ouest et Nord de la France. Le flux océanique apporte une humidité récurrente, favorable à la formation d'averses plus ou moins nombreuses et à des nuages restant généralement dominants.

 

Ce sera notamment le cas durant la première partie de semaine avec un nouveau minimum dépressionnaire circulant sur le Sud de l'Angleterre, provoquant de nombreuses averses sur la moitié Nord du pays, notamment en seconde partie de journée :

 

Temps sensible envisagé pour mardi 27 et mercredi 28 juillet 2021 sur la France – Météo-Villes

 

Pour retrouver le soleil, il faudra s'orienter vers les région méditerranéennes, généralement privilégiées dans ce type de flux grâce à l'influence des reliefs bordant cette région et asséchant la masse d'air.

 

Pour la suite, le creusement dépressionnaire principal devrait sensiblement se décaler vers la mer du Nord et la Scandinavie avec un risque d'averse devenant plus épars mais un ciel ne se montrant pas bleu pour autant. En effet, en raison de la présence d'air frais en altitude, les développements nuageux s'annoncent nombreux sur les ¾ du pays en journée, évoluant plus ou moins localement jusqu'à l'averse selon les jours.

 

Développements nuageux évoluant jusqu'à l'averse sur l'Île-de-France ce lundi 26 juillet 2021 – meteo-paris.com

 

 

Encore une fois, le temps plus estival pourra être retrouvé en s'orientant vers le Sud du pays, même si une dégradation du temps et un risque d'orage apparaîtra entre le Sud-Ouest et le Centre-Est du pays, la région se retrouvant sous un conflit de masse d'air assez marqué (air frais et océanique sur le Nord de la France et air chaud sur la Méditerranée), favorable à la formation d'orages.

 

Temps sensible envisagé entre jeudi 29 et vendredi 30 juillet 2021 – Météo-Villes

 

 

La fin de la semaine semble rester perturbée, notamment sur le Nord avec encore et toujours la proximité de basses pressions sur les îles britanniques et l'Alantique, favorable au développement de nuages et d'averses. Une petite amélioration pourrait néanmoins se dessiner par le Sud grâce à une hausse temporaire de la pression atmopshérique, une tendance qui restera à confirmer dans les prochains jours.

 

 

Des températures encore fraîches pour la saison :

 

Outre les nuages et le risque d'averses ou d'orages, ce sont également les températures qui s'annoncent toujours un peu justes pour la saison, notamment au Nord. Sous le flux d'Ouest/Nord-Ouest, de l'air frais va en effet continuellement circuler sur une large partie de la France avec des températures souvent situées entre 4 et 8°C sous les normales à 850 hPa :

 

Animation des anomalies de températures à 850 hPa du lundi 26 juillet au dimanche 1er août – Modèle GFS via WX CHARTS

 

Ainsi, entre l'Ouest, le Nord et une partie Est du pays, le ressenti s'annonce donc de nouveau assez frais, notamment pour une fin-juillet avec des maximales souvent situées sous les normales de saison sur ces régions. 

 

 

Températures maximales envisagées entre le mardi 27 et le dimanche 1er  août 2021 - Météo-Villes

 

 

On attend par exemple pas plus de 24°C cette semaine à Paris alors que la normale se situe autour de 26/27°C, même chose pour Lille avec pas plus de 22°C au plus chaud pour une moyenne située en cette saison autour de 25°C

 

Evolution des températures dans les 8 prochains jours à Paris et Lille - Météo-Villes

 

 

Seul le Sud du pays et notamment les abords de la Méditerranée conserveront des températures estivales et même particulièrement chaudes sur la Corse en seconde partie de semaine. Les 35-37°C pourront temporairement être dépassés sur le Sud de l'île entre vendredi 29 et samedi 30 juillet sous un scirocco sensible (vent de Sud très chaud et sec).

 

 

Quelle tendance pour la première semaine d'août ?

 

L'été a vraiment du mal à s'installer depuis la mi-juin sur le pays et les périodes au ressenti vraiment chaud et estival se font finalement assez rares. Cette tendance semble malheureusement perdurer pour la première semaine d'août avec des modélisations laissant entrevoir des anomalies négatives de températures(en bleu) sur l'Ouest de l'Europe de façon similaire à ce que nous connaissons actuellement :

 

Anomalies de températures pour la semaine du 2 au 9 août 2021 – ECMWF

 

Avec de telles cartes, il semble probable que le flux océanique persiste sur notre pays avec une fraîcheur plus ou moins présente selon les zones et un ressenti encore digne du printemps voire du début d'automne.

 

Cette tendance semble se confirmer avec les cartes d'anomalies de précipitations qui suggèrent des précipitations encore assez fréquentes et excédentaires (en vert), notamment sur le Nord du pays. Pas de véritable changement donc au programme de cette semaine.

 

Anomalies de températures pour la semaine du 2 au 9 août 2021 – ECMWF

 

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<![CDATA[Grêle et vents violents : série de forts orages ces 23 et 24 juillet 2021]]> Après une période temporairement plus calme et estivale, l'instabilité a fait son retour entre les 23 et 24 juillet, avec l'approche d'une nouvelle goutte froide depuis la Bretagne, apportant de nombreux orages. Il est désormais l'heure de faire le point.

 

ANALYSE DE LA SITUATION :

Alors que la précédente goutte froide s'est éloignée vers l'Europe de l'Est, laissant un temps plus calme et estival depuis le début de semaine sur le pays, une nouvelle goutte froide a débordé peu à peu de l'océan à partir du vendredi 23 juillet, en abordant le pays via le golfe de Gascogne et la Bretagne.

Si la chaleur et le temps calme ont dominé ces derniers jours sur la France, l'arrivée de cette énième goutte froide a induit l'intrusion d'air océanique bien plus frais en altitude, provoquant un conflit de masse d'air important favorable à la formation d'une virulente dégradation orageuse, notamment pour la journée du 23 juillet 2021.


Situation du vendredi 23 juillet 2021 sur l'Ouest de l'Europe – ECMWF, modifié par Météo-Villes

 


Image satellite de la goutte froide - 24 juillet 2021 - Satellite Aqua
 

 

OBSERVATIONS :

> Vendredi 23 juillet :

Au total, 151869 décharges électriques ont été recensées sur le territoire Français par le réseau Météorage sur cette journée de vendredi. Plusieurs zones ont été plus particulièrement touchées, en trois temps :

  • La Bretagne (en matinée, Finistère le soir)
  • La Normandie (soirée)
  • L'Auvergne et Bourgogne (soirée et nuit)


Carte des impacts de foudre - vendredi 23 juillet 2021 - LightningMaps

 

La première salve orageuse s'est produite sur la Bretagne en matinée du vendredi 23. Sans sévérité particulière, ces orages se sont toutefois accompagnés d'une intense activité électrique, assez peu commune sur cette région.


Orage au large de Douaernenez (29) - 23 juillet 2021 - Jean-Yves Le Roy

 

Durant la fin d'après-midi et la soirée de ce vendredi, une seconde salve orageuse concernait cette fois la pointe du Finistère d'une part, mais surtout la Normandie (Manche, Calvados, Ouest de la Seine-Maritime).

Impact de foudre au large d'Etretat (Seine-Maritime) - 23 juillet 2021 - Fabien Brumard

 

Mais les orages les plus virulents se sont initiés sur le Limousin en soirée, avant de s'intensifier pour balayer le nord de l'Auvergne (Puy-de-Dôme et Allier) ainsi que le sud de la Bourgogne (Saône-et-Loire, Côte d'Or) jusqu'en milieu de nuit. La grêle a notamment été de la partie, avec des grêlons ayant parfois atteint 5cm de diamètre entre Puy-de-Dôme et Allier, créant dégâts sur la végétation mais également sur de nombreux véhicules.


Grêlons observés près de Riom (Puy-de-Dôme) - 23 juillet 2021 - Kevin Didier

 


Impacts dû à la grêle sur un véhicule à Volvic (Puy-de-Dome) - 23 juillet 2021 - Benj63 via Forums d'Infoclimat

 


Une du Journal de Saône-et-Loire après les orages de la nuit du 23 au 24 - publication du 25 juillet 2021

 

A leur passage, de violents bourrasques ont également été observées, parfois supérieures à 100km/h. Une rafale de 134 km/h a été mesurée sur la commune Bourguignonne de Mont Saint-Vincent, à 601m d'altitude. Côté pluie, les cumuls ont atteint les 50mm dans le Massif-Central sur cette journée (dans la réalité tombés en quelques heures seulement).

 

 

 

 

> Samedi 24 juillet :

Sur cette journée du samedi 24, ce ne sont pas moins de 180920 décharges électriques qui se sont produites sur nos régions, soit davantage que la veille. Si des orages ont éclaté de manière dispersée du Poitou aux Hauts-de-France en passant par la Normandie et l'Ile-de-France, au plus près du cœur dépressionnaire, c'est une nouvelle fois du Massif-Central jusqu'en Lorraine que ces orages ont été les plus violents et organisés.


Carte des impacts de foudre - samedi 24 juillet 2021 - LightningMaps

 

En début d'après-midi de ce samedi 24 juillet, plusieurs orages de grêle ont touché le Forez ainsi que l'agglomération Lyonnaise. Le secteur de Saint-Etienne a été concerné par des grêlons de 2 à 3cm de diamètre, finissant même par recouvrir certaines surfaces.


Grêle recouvrant la pelouse du stade Geoffroy Guichard à Saint-Etienne - 24 juillet 2021 - Twitter AS St-Etienne

 

Mais ces orages ont surtout été parfois fortement pluvieux. En Lorraine, les cumuls ont atteint 73.4mm sur la commune d'Errouville (Meurthe-et-Moselle) tombés en grande partie en moins de deux heures. Ceci n'a pas été sans conséquence, avec de fortes accumulations d'eau ayant provoqué quelques inondations.


Inondations à Xivry-Circourt (Meurthe-et-Moselle) - 24 juillet 2021 - T. Harmand / Le Republicain Lorrain

 

Mais c'est du côté Belge où les évènements ont été les plus impressionnant et dommageables. En fin de journée, un violent orage stationnaire a touché la province de Namur, et notamment la localité de Dinant, où le cumul est estimé à environ 70mm en l'espace d'une heure. Une petite semaine seulement après les inondations meurtrières ayant touché le pays, ce sont de nouvelles images traumatisantes qui sont parvenues, heureusement sans provoquer de nouvelles victimes.


Inondations majeures à Dinant (Belgique) - 24 juillet 2021 - Twitter Cricrimosan

 

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<![CDATA[Pluies diluviennes historiques et inondations meurtrières à Zhengzhou en Chine]]> Des précipitations diluviennes d'ampleur inédite se sont abattues sur la région de Zhengzhou en Chine le 20 juillet 2021. La ville de plus de 10 millions d'habitants a subi des inondations dramatiques, causant la mort de plusieurs dizaines de personnes.

 

Un épisode pluvieux historique

 

Animation des cumulonimbus dans la région de Zhengzhou en Chine le 20 juillet 2021 - via weathernerds.com

 

Située dans l'est de la Chine, le Henan a été soumis à des conditions météorologiques très particulières en journée du 20 juillet 2021 avec un apport d'humidité dans l'air particulièrement important, venant de la Mer Jaune. Cet air gorgé en humidité s'est vu bloqué sur la région de Zhengzhou par les Monts Taihang, créant des conditions idéales à la formation d'orages stationnaires.

 

C'est exactement ce qu'il s'est passé durant l'après-midi du mardi 20 juillet 2021. Un amas pluvio-orageux particulièrement massif et virulent a stationné durant plusieurs heures dans la région de Zhengzhou, déversant des quantités d'eau exceptionnelles. On constate sur l'animation ci-dessus la température au sommet des cumulonimbus, proche de -80°C dans le secteur de Zhengzhou où les précipitations convectives ont été remarquablement violentes.

 

Cumuls de pluie sur la journée du 20 juillet 2021 dans la province du Henan en Chine - via Minghao Zhou

 

Cumuls de pluie sur la journée du 20 juillet 2021 sur la commune de Zhengzhou - via Minghao Zhou

 

Les quantités de pluie qui se sont déversées sur la province du Henan ont été particulièrement importantes mais c'est véritablement sur le territoire de la ville de Zhengzhou qu'elles ont été les plus remarquables, dépassant de manière généralisée les 150 mm, allant même jusqu'à dépasser les 500 mm dans certains quartiers. La station la plus arrosée a reçu 696,9 mm, soit plus en 24h que ce qu'il tombe au cours d'une année entière (moyenne de 641 mm) !

 

Cumuls de pluie par heure à Zhengzhou le 20 juillet 2021 - via Minghao Zhou

 

La station de référence de Zhengzhou a mesuré 624 mm de pluie sur la seule journée du 20 juillet 2021 mais ce sont les pluies observées en fin d'après-midi qui ont eu des conséquences dramatiques. Entre 16h et 17h, 201,9 mm de pluie sont tombés - représentant un tiers des pluies annuelles de la ville en l'espace d'une petite heure !

 

Il faut également souligner que des pluies abondantes avaient déjà eu lieu la veille et que d'autres fortes averses sont survenues le lendemain. En moins de 4 jours, le pluviomètre a recueilli plus de 900 mm, des chiffres sidérants compte tenu du climat local !

 

 

Des inondations dramatiques et meurtrières

 

Inondations dramatiques dans les rues de Zhengzhou le 20 juillet 2021 - via EyePress / AFP

 

Avec des quantités astronomiques de pluie, le chaos s'est emparé des rues de la ville. Dans certains quartiers, plus de 2 mètres d'eau ont envahi les rues et les flots déchaînés charriaient de très nombreux véhicules, donnant des scènes apocalyptiques ! L'intensification brutale des pluies a surpris tout le monde et l'urbanisation de cette ville de 10 millions d'habitants n'a certainement pas aidé l'évacuation des eaux.

 

Passagers bloqués dans le métro inondé de Zhengzhou le 20 juillet 2021 - via Weibo Images

 

Outre les rues englouties, les inondations les plus meurtrières ont frappé le métro de la ville. Dans certaines stations, l'eau a déferlé avec une rapidité folle et a piégé certains voyageurs. Des passagers ont filmé des scènes où l'eau avait envahi les rames du métro, parfois jusqu'aux épaules des habitants forcés de grimper sur les sièges pour pouvoir respirer. On compte au moins 33 victimes, dont de nombreuses victimes dans le métro, mais des dizaines de personnes sont encore portées disparues deux jours après la catastrophe et le bilan devrait malheureusement s'alourdir.

 

Scènes de dévastation à Zhengzhou le 21 juillet 2021 - photo AFP

 

Pompages pour évacuer l'eau à Zhengzhou le 21 juillet 2021 - photo Ma Xiaoran / AFP

 

Les dégâts dans la ville sont spectaculaires. Des centaines de véhicules ayant été emportés par les inondations s'entassent dans les rues et de très nombreux commerces ont été ravagés. 376.000 personnes ont été évacuées au cours des dernières heures, parce que leurs logements sont inhabitables ou parce que l'eau ne s'est pas encore retirée. De vastes opérations de pompage sont toujours en cours pour évacuer l'eau qui stagne dans les points bas de la ville.

 

Vue par satellite du barrage de Luoyang en amont de Zhengzhou - via Google Maps

 

En plus des inondations qui sont survenues, les autorités redoutaient une crue majeure liée à un barrage menaçant de s'effondrer à Luoyang, en amont de Zhengzhou. L'installation a été dynamitée mercredi 21 juillet pour laisser l'eau s'écouler de façon contrôlée et limiter considérablement l'ampleur des inondations dans la vallée du fleuve Jaune, qui passe juste au nord de la ville de 10 millions d'habitants.

 

 

Un été 2021 dévastateur...

 

Événements climatiques majeurs depuis le début de l'été 2021 - via Le Parisien

 

Cette catastrophe majeure en Chine s'inscrit dans un été déjà marqué par de nombreuses phénomènes climatiques majeurs. On se souvient notamment de la canicule du nord-ouest de l'Amérique dont les conséquences sont encore visibles à ce jour au travers d'une sécheresse majeure et de nombreux incendies. On peut également citer les inondations meurtrières entre l'Allemagne et la Belgique la semaine dernière, d'autres au Bhoutan et au Népal ces derniers jours. Dans le nord de l'Europe, le nord de la Scandinavie vit un été remarquablement chaud.

 

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<![CDATA[Des événements météo rendus possibles en France par le réchauffement climatique ?]]> Le réchauffement climatique repousse peu à peu le champ des possibles et des événements toujours plus impressionnants surviennent. Quels sont les phénomènes rendus possibles en France par la hausse globale des températures ?

 

Les tempêtes de 1999

 

Animation satellite de la tempête Lothar le 26 décembre 1999 - via Météo France

 

Alors que le XXème siècle s'apprêtait à s'achever, la France était loin de s'imaginer ce qu'elle allait subir. Juste après les fêtes de Noël 1999, une tempête sans précédent se creuse au large de nos côtes et balaye la France. Nommée Lothar, celle-ci génère des rafales d'une puissance spectaculaire : 166 km/h à Alençon, 169 km/h à Paris, 173 km/h à Orly et 180 km/h dans le Calvados !

 

Moins de deux jours plus tard, une seconde tempête tout aussi violente frappe les régions situées au sud de la Loire. Martin fait des ravages dans la nuit du 27 au 28 décembre 1999 avec des vents atteignant 158 km/h à Clermont-Ferrand, 165 km/h à Millau, 194 km/h à Royan et 198 km/h sur l'Île de Ré ! Ces deux "bombes" météorologiques se sont creusées extrêmement rapidement, dans un contexte très doux et excessivement dynamique (jet stream atteignant 400 à 500 km/h vers 9000m) !

 

Dégâts causés par la tempête Lothar à Paris fin décembre 1999 - Chronique Météo Villes

 

Les dégâts causés par des deux tempêtes sont incommensurables ! Des forêts entières sont ravagées. Dans certaines régions, on a l'impression qu'un cyclone tropical est passé ! Le bilan humain est très lourd avec 30 victimes en France pour la tempête Lothar et 35 victimes pour la tempête Martin. Le bilan matériel, quant à lui, se chiffre en milliards d'euros !

 

Même s'il n'est pas possible d'établir clairement le rôle du réchauffement climatique dans la formation de ces deux tempêtes historiques, le choc entre les masses d'air subtropicales et les masses d'air polaires au large de nos côtes atlantiques a contribué à rendre la situation excessivement dynamique.

 

 

La canicule de 2003

 

Masses d'air à 850 hPa (vers 1500m d'altitude) le 10 août 2003 - via wetterzentrale

 

Il y a 18 ans, à une époque où le réchauffement climatique était encore tabou pour une part importante de la population, la canicule de 2003 avait surpris tout le monde par son intensité et sa durée. L'été 2003 dans sa globalité fut remarquablement chaud en France et n'a toujours pas été battu depuis. Cependant, c'est durant la première quinzaine du mois d'août que les températures ont atteint les niveaux les plus remarquables.

 

Températures maximales durant la canicule d'août 2003 - chronique Météo Villes

 

En ce mois d'août 2003, on découvre alors des températures qu'on pensait difficilement possible en France ! Les 40°C sont atteints jusqu'en région parisienne et le thermomètre grimpe jusqu'à 44,1°C à Conqueyrac dans le Gard, record national qui ne sera battu qu'en 2019 ! Au delà des valeurs records, c'est la durée de cet épisode qui le rend tout à fait remarquable et insoutenable puisque les températures sont exceptionnellement élevées durant deux semaines.

 

Surmortalité durant la canicule de 2003 - archives INA / France 2

 

En France, le bilan humain de cette canicule fut dramatique. À l'automne 2003, les chiffres de la surmortalité faisaient état de plus de 11.000 morts en France. L'augmentation anormale des décès fut particulièrement importante sur une large partie centrale de la France, où les températures les plus élevées ont été enregistrées. Cette année là, la France prend conscience que les épisodes de chaleur intense peuvent durer et tuer. De nombreuses mesures seront mises en œuvre durant les mois et années suivants pour s'adapter et anticiper les risques.

 

 

Des ouragans toujours plus proches

 

L'ouragan Lorenzo le 1er octobre 2019, encore en catégorie 2 à 1000 km des Açores ! - via Météo France

 

Il y a encore quelques années, il était hautement improbable de voir un ouragan s'approcher de l'Europe. Pourtant, nous savons depuis 2019 que cette hypothèse n'est plus aussi farfelue. Le 1er octobre 2019, l'ouragan Lorenzo s'est approché de l'Europe en se maintenant en catégorie 2 à environ 1000 kilomètres de l'archipel des Açores ! Il s'agit de l'ouragan le plus puissant jamais observé aussi près du vieux continent.

 

L'ouragan Pablo à seulement 1600 km des côtes françaises le 27 octobre 2019 - via EUMETSAT

 

4 semaines plus tard, c'est l'ouragan Pablo qui a surpris tout le monde. Ce dernier s'est en effet formé au large des côtes atlantiques de l'Europe, atteignant la catégorie 1 à seulement 1.600 kilomètres des côtes françaises et à 700 kilomètres des côtes de Galice en Espagne, du jamais vu !

 

L'augmentation de la température des océans comme celle de l'atmosphère crée des conditions de plus en plus favorables à la persistance des cyclones tropicaux, lesquels s'aventurent désormais dans des régions jamais concernées auparavant. Si l'ouragan Pablo s'était rapproché à seulement 700 kilomètres des côtes de l'Europe, il n'est pas impossible que des phénomènes semblables finissent par atteindre notre continent dans les prochaines décennies.

 

 

Les canicules de 2019

 

Masses d'air à 850 hPa (vers 1500m d'altitude) le 27 juin 2019 - via wetterzentrale

 

Après la canicule de 2003, nombreux étaient ceux qui doutaient des projections climatiques annonçant des températures encore plus élevées dans un futur proche. Pourtant, les canicules survenues durant l'été 2019 nous ont rapidement ramené à la réalité. La première est survenue à la fin du mois de juin avec une précocité et une intensité inédites ! Les températures à 850 hPa (vers 1500m) dépassaient alors les 25°C jusqu'en Bretagne et les 28°C dans le sud-ouest !

 

Canicules de fin juin et fin juillet 2019 en France - via Météo France & Le Parisien

 

Le 28 juin 2019, l'alerte rouge à la canicule est déclenchée sur l'Hérault, le Gard, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. La France pulvérisé son record absolu de chaleur datant de 2003. On mesure 46,0°C à Vérargues dans l'est de l'Hérault alors que les 45°C n'avaient jamais été atteints auparavant !

 

Fin juillet, une nouvelle canicule historiquement forte touche quasiment tout le pays. Cette fois, ce sont les régions du nord qui passent en alerte rouge le 25 juillet 2019 avec des températures atteignant 40 à 43°C ! Il fait 42,6°C à Paris et même 41,3°C à Dunkerque sur les rivages de la Mer du Nord ! Certaines villes du nord pulvérisent leurs records de plus de 4°C ! Sans réchauffement climatique, de telles températures seraient impossibles et les modèles climatiques projettent de nouveaux records pour les décennies à venir...

 

 

L'hiver 2019-2020 chaud et sans neige

 

Anomalies thermiques (minimales et maximales) en France durant l'hiver 2019-2020 - via Météo France

 

Avant la dernière décennie, l'hiver le plus doux jamais observé en France était l'hiver 1989-1990. La neige fut quasiment absente en plaine et cet hiver resta sur la première marche des plus doux durant 25 ans (moyenne de 7,62°C sur 3 mois). Cependant, l'hiver 2015-2016 est venu le détrôner avec une moyenne de 7,97°C. C'était sans compter sur l'hiver 2019-2020 et ses températures remarquablement douces durant 3 mois !

 

Avec une moyenne trimestrielle de 8,18°C, l'hiver 2019-2020 fut le plus doux jamais observé en France et le premier à passer au dessus de la moyenne des 8°C ! Les courbes ci-dessus montrent l'ampleur sans précédent des anomalies douces, non seulement importantes mais aussi et surtout durables. Aucun pic de froid marqué n'a été observé durant l'ensemble de l'hiver et les gelées ont été historiquement rares !

 

Quasiment pas de neige à 1800m dans les Pyrénées le 23 février 2020 ! - photo Dorian Dziadula

 

Ces températures remarquablement douces apporte une absence quasi-totale de neige en plaine durant l'ensemble de l'hiver ! Pire, l'enneigement en montagne est catastrophique dans certains massifs. C'est notamment le cas des Pyrénées où la neige est quasiment absente à la fin de l'hiver, jusqu'à des altitudes importantes - du jamais vu ! Plusieurs épisodes printaniers rythment le mois de février 2020 où les glaciers font déjà recette !

 

Un tel hiver n'aurait pas été possible sans les effets du réchauffement climatique et l'augmentation continue des températures à échelle du globe laisse à penser que ce type d'hivers anormalement doux sera de moins en moins exceptionnel au cours des décennies à venir...

 

 

La tempête Alex en octobre 2020

 

Cumuls de pluie du 2 octobre 2020 au passage de la tempête Alex - via Météo France

 

Tout le monde se souvient des conséquences dramatiques de la tempête Alex à l'automne dernier. Une dépression passée sur la Bretagne a fait remonter de l'air chaud et particulièrement humide sur le sud-est de la France, générant un épisode pluvio-orageux d'ampleur historique sur l'est du Var et les Alpes-Maritimes. Il est tombé 500 mm à Saint-Martin-Vésubie en seulement 24h, dont 248 mm en 6 heures - du jamais-vu sur la région !

 

Scènes de dévastation à Saint-Martin-Vésubie (06) après la tempête Alex - photo Valérie Hache / AFP

 

Les cumuls de pluie records ont généré des crues d'ampleur dramatique sur la basse vallée de la Tinée, la Vésubie, la Roya et la basse vallée de l’Esteron (arrière-pays niçois), rasant plus de 100 maisons et emportant plusieurs ponts. Ces intempéries ont causé la mort de 10 personnes tandis que 8 personnes n'ont pas été retrouvées.

 

Le rôle du réchauffement climatique dans la sévérité des épisodes pluvio-orageux est clairement établi. En effet, plus la température est élevée et plus l'atmosphère est capable de contenir de grandes quantités d'eau, pouvant alors se déverser en produisant des épisodes excessivement violents aux conséquences dramatiques.

 

 

Un groupe de travail (World Weather Attribution) a récemment été créé afin de répertorier les phénomènes climatiques hors-normes et d'établir leur période de retour, en tenant compte des effets du réchauffement climatique. Vous pouvez également vous plonger dans les événements climatiques violents survenus en France via notre chronique >>>

 

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https://www.meteo-paris.com/actualites/des-evenements-meteo-rendus-possibles-en-france-par-le-rechauffement-climatique
<![CDATA[Fortes chaleurs en France avant le retour des orages dès le 23 juillet 2021]]> Les prochains jours seront ensoleillés avec un pic de fortes chaleurs en France. Il précèdera une dégradation qui se mettra en place en fin de semaine avec des orages apportés par une énième goutte froide.

 

Configuration très estivale

 

Situation à échelle continentale pour le mercredi 21 juillet 2021 - via ECMWF

 

Après avoir subi des conditions instables et plus fraîches que la normale ces dernières semaines, une situation sensiblement plus estivale nous concerne cette semaine sous l'influence d'un anticyclone désormais centré sur les Îles Britanniques et la Mer du Nord. Son positionnement protège la France et nous vaut un flux continental sec, favorisant des journées très ensoleillées.

 

Par ailleurs, une goutte froide va lentement se rapprocher au large de nos côtes atlantiques et favoriser la remontée des masses d'air très chaud sur le sud de la France, gagnant vers le nord jusqu'en Bretagne. Les régions du nord-est, quant à elles, restent concernées par une chaleur plus classique.

 

Animation des masses d'air entre le mardi 20 et le samedi 24 juillet 2021 - via wxcharts.com

 

L'animation des masses d'air ci-dessus permet de mettre en évidence que les masses d'air très chaud présentes au dessus de la Méditerranée et de la péninsule ibérique remontent sur une large moitié sud de la France, jusqu'en Bretagne (valeurs de 15 à 20°C à 850 hPa soit vers 1500m d'altitude).

 

On note l'extension temporaire de cet air très chaud jusqu'au nord et au nord-est de la France jeudi 22 et vendredi 23 juillet 2021, à l'avant de la goutte froide apportera une masse d'air plus océanisée et moins chaude dès le samedi 24. Dans le midi, les 25°C à 850 hPa seront temporairement atteints, résultant d'un pic de fortes chaleurs.

 

 

Très chaud jusqu'à vendredi

 

Carte de vigilance en vigueur le mardi 20 juillet 2021 pour le paramètre canicule - via Météo France

 

Les départements du Finistère, du Morbihan, du Gard et du Vaucluse sont placés en vigilance jaune canicule par les services de Météo France jusqu'à jeudi inclus. Si les fortes chaleurs concernent toutes les régions du sud et de l'ouest, c'est en basse vallée du Rhône que les valeurs les plus hautes sont enregistrées et c'est sur l'ouest de la Bretagne que les valeurs (nocturnes comme diurnes) sont les plus anormalement hautes par rapport aux standards de la région.

 

Températures maximales relevées et prévues à Quimper (Finistère) - via Météo France

 

À Quimper, les températures ont dépassé les 30°C durant les après-midi du dimanche 18, du lundi 19 et du mardi 20 juillet 2021 et ce seuil sera très probablement dépassé également les mercredi 21 et jeudi 22 juillet. La préfecture du Finistère devrait ainsi connaître une série de 5 journées consécutives à plus de 30°C. Pour le secteur, il s'agit d'un événement remarquable, d'autant qu'il ne fait jamais moins de 18°C durant les nuits.

 

Températures maximales prévues le mercredi 21 juillet 2021 - Météo Villes

 

Les températures prévues ce mercredi 21 juillet 2021 seront très semblables à celles observées en après-midi de ce mardi 20 juillet. Le seuil des 30°C sera atteint et dépassé sur toutes les régions de l'ouest et du sud. Des valeurs proches de 34°C sont attendues sur le midi-toulousain et des pointes de 35 à 36°C concerneront l'arrière-pays méditerranéen. C'est au nord-est que l'atmosphère sera la plus respirable.

 

Températures maximales prévues le jeudi 22 juillet 2021 - Météo Villes

 

À échelle nationale, la journée du jeudi 22 juillet 2021 sera la plus chaude de la période. Les 30°C seront dépassés sur les deux tiers de la France. Ce sont toutefois les régions du sud qui retiendront l'attention en raison d'un pic de très fortes chaleurs, atteignant des niveaux caniculaires de la Gironde à l'arrière-pays méditerranéen où il fera généralement entre 34 et 37 degrés !

 

Températures maximales prévues le vendredi 23 juillet 2021 - Météo Villes

 

L'air océanique plus frais commencera à arriver par la façade atlantique dès la journée du vendredi 23 juillet. En revanche, les fortes chaleurs seront encore présentes sur le sud, le centre et l'est de la France où il fera souvent plus de 30°C. C'est vers l'intérieur de la Provence et la basse vallée du Rhône que sont attendues les valeurs les plus élevées, souvent de l'ordre de 33 à 36°C.

 

L'air océanique gagnera la bataille durant le week-end avec des températures repassant parfois sous les normales de saison. Soulignons que jusqu'à vendredi ou samedi (selon les régions), les températures minimales seront excessivement douces dans le sud et l'ouest, notamment sur les régions méditerranéennes et océaniques, pouvant accentuer le caractère pénible de cet épisode de chaleur (en particulier en agglomération).

 

 

Fin de semaine orageuse sur le pays

 

Situation à échelle continentale pour le dimanche 25 juillet 2021 - via ECMWF

 

Comme nous l'avons évoqué plus haut, une énième goutte froide se rapprochera de la France en fin de semaine. Les différents scénarios s'accordent sur son arrivée au large de la Bretagne dès le vendredi 23 juillet 2021 avant que celle-ci ne survole le nord de la France au cours du week-end des 24 et 25 juillet. Cette dépression de petite échelle sera la sixième du même type à nous concerner depuis le début de l'été météorologique !

 

Il faut néanmoins préciser que cette goutte froide, bien que circulant lentement, ne devrait pas prendre de caractère stationnaire, contrairement à celle ayant généré des pluies et des inondations dramatiques la semaine dernière. Aussi, celle-ci devrait être un peu moins dynamique (air un peu moins froid en altitude et pressions un peu moins basses).

 

Modélisation de la densité de foudre du vendredi 23 au dimanche 25 juillet 2021 - via meteologix.com

 

Avec la proximité de cette goutte froide et le retour de l'air océanique chassant l'air très chaud, il faudra s'attendre à une déstabilisation de la masse d'air à compter de la journée du vendredi 23 juillet 2021, se traduisant par le déclenchement d'orages sur le nord-ouest du pays. L'animation ci-dessus montre une vague orageuse plus organisée pour la nuit suivante et la journée du samedi 24 juillet du Massif Central vers les frontières du nord et de l'est, avant que l'activité orageuse ne perde en intensité le dimanche 25 juillet.

 

Il est encore un peu tôt pour détailler les régions qui seront les plus touchées et la virulence des orages mais c'est une fin de semaine électrique qui se profile. Nous y reviendrons plus largement dans un article dédié jeudi.

 

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https://www.meteo-paris.com/actualites/fortes-chaleurs-en-france-avant-le-retour-des-orages-des-le-23-juillet-2021
<![CDATA[Incendies et tornades aux Etats-Unis, activité tropicale dans le Pacifique,... L'actualité météo dans le monde en ce 19 juillet 2021]]> Europe :

 

Le temps est particulièrement perturbé depuis plusieurs jours entre le centre et l'Ouest de l'Europe. Une goutte froide circule en effet sur ces régions, bloquée entre deux masses d'air plus stables et chaudes, l'une sur l'Est du continent, l'autre sur l'Atlantique.

 

Celle-ci apporte de nombreuses inondations sur son passage, notamment entre l'Allemagne et la Belgique en seconde partie de la semaine du 12 au 18 juillet. Le bilan fait état d'au moins 188 morts sur ces régions et plusieurs dizaines de personnes sont toujours portées disparues.

 

Un quartier de Bad Neuenahr-Ahrweiler après les inondations de la semaine du 12 au 18 juillet 2021 – Photographie : M. Gausmann

 

 

Consultez notre article relatant de cet épisode majeur >>>

 

Cette goutte froide s'est ensuite peu à peu décalée vers le Sud, engendrant de nouvelles inondations majeures sur l'Autriche en journée du 18 juillet, notamment la commune d'Hallein au Sud de Salzbourg, région la plus durement touchée.

 

Importantes inondations sur la commune d'Hallein en Autriche entre le 17 et le 18 juillet 2021 – AFP

 

 

Ce fut ensuite au tour de l'Italie d'être concernée par de violents orages très pluvieux entre ce dimanche 18 et ce lundi 19 juillet 2021, notamment sur la région des Pouilles où un orage stationnaire a déversé jusqu'à 333mm sur le massif de Gargano, provoquant d'importantes inondations.

 

Inondations dans le massif de Gargano (Pouilles) ce lundi 19 juillet 2021 – Via Facebook : Tornado in Italia

 

 

Déjà durant le week-end, des orages parfois forts avaient circulé sur les littoraux de la péninsule italienne, donnant de nombreuses trombes marines venant parfois s'échouer jusqu'au littoral.

 

Trombes marines près de Vasto le dimanche 18 juillet 2021 - Michele Roselli

 

 

Enfin, en Macédoine, une impressionnante tornade a été observée ce dimanche, touchant principalement des zones rurales et ne provoquant que très peu de dégâts.

 



Tornade sur le Nord de la Macédoine ce dimanche 18 juillet 2021 - Bobi Vuckovic

 

 

En marge de ce temps très agité et instable, c'est la chaleur qui fait parler d'elle sur le Nord-Ouest du continent, notamment sur les îles britanniques où des températures particulièrement chaudes sont observées depuis plusieurs jours.

 

Si Londres a observé ses premiers 30°C de l'année 2021 en journée du dimanche 18 juillet, c'est la veille que les températures ont été les plus élevées encore plus au Nord avec jusqu'à 31.2°C à Ballywatticock le samedi 17 juillet, soit la température la plus élevée jamais relevée en Irlande du Nord !

 

Record de température en Irlande du Nord ce samedi 17 juillet 2021 – Met-Office

 

 

Amérique :

 

Après une période de chaleur particulièrement intense entre la fin du mois de juin et la première quinzaine du mois de juillet, l'Ouest et notamment le Sud-Ouest des Etats-Unis subi des incendies intenses et nombreux. Entre l'Arizona, la Californie, l'Idaho et l’Oregon, de très nombreux foyers sont observés et 290 000 Ha de végétation sont déjà partis en fumée, soit quasiment la superficie du département du Rhône.

 

Du fait de ces incendies, la fumée recouvre une très large partie de l'Amérique du Nord.

 

Importante concentration de fumées dans l'atmosphère au-dessus des Etats-Unis et du Canada en cette mi-Juillet – GOES-17

 

 

Plus au Nord et à l'Est, c'est principalement l'instabilité qui a fait l'actualité de ces derniers jours. Le 15 juillet dernier, une tornade a été observée à Barrie au nord de Toronto, provoquant d'importants dégâts et plusieurs blessés sur la commune.

 

Dégâts suite au passage de la tornade à Barrie (Ontario) le 15 juillet 2021 – AccuWeather

 

Ce type d’événement est particulièrement rare sur cette partie du globe, notamment avec une telle intensité (EF-2).

 

 

Dans l'Iowa, un épisode tornadique s'est produit la veille, le 14 juillet, avec plusieurs orages producteurs de puissantes rafales, d'importantes chutes de grêle et de plusieurs tornades. Si celles-ci ont principalement concerné des zones rurales, des dégâts parfois notables ont été observés sur certaines exploitations agricoles.

 


Imposante tornade dans l'Iowa le 14 juillet dernier –
Mélanie Metz

 

Dans le Golfe du Mexique, c'est une impressionnante scène qui s'est présentée aux yeux des habitants de Dauphin Island en Alabama avec la formation d'une imposante trombe marine en bordure d'un orage. Un photographe a pu immortaliser une scène peu commune d'un coup de foudre très proche frappant la plage avec la trombe marine évoluant en arrière-plan.

 

Trombe marine et foudre Alabama le 16 juillet 2021 - Andrew Leonard

 

Sur le Sud du continent le temps est plutôt calme. Néanmoins, le Pacifique a vu la formation de plusieurs systèmes tropicaux ces derniers jours. Ce week-end, 2 systèmes évoluaient à l'Ouest du Mexique, l'ouragan Felicia, de catégorie 4 et une tempête tropicale plus proche des côtes nommée Guillermo. Néanmoins, ceux-ci ne menacent pas de terres habitées.

 

L'Ouragan Felicia et la tempête Guillermo sur l'Est du Pacifique ce dimanche 18 juillet 2021 – Météo-France

 

 

Afrique :

 

 

Le temps est très contrasté entre le Nord et le Sud sur le continent africain. Au Nord, la chaleur reste intense, notamment sur le Sahara algérien avec jusqu'à 49,9°C relevés à Adrar ce dimanche 18 juillet 2021, record absolu de la région et nouvelle température la plus élevée de l'année 2021 pour le continent.

 

Températures maximales sur le Nord-Ouest de l'Afrique ce dimanche 18 juillet 2021 – Infoclimat

 

 

A l'inverse, c'est plutôt le froid qui se montre très inhabituel sur l’extrême Sud du continent. Sous une masse d'air assez glaciale pour la zone et la période, les températures ont atteint des niveaux parfois records entre la Namibie, l'Afrique du Sud et le Botswana.

 

Jusqu'à -10°C ont été relevés à Sandveld en Namibie le 15 juillet, égalant le record national mensuel de température minimale.

 

Températures minimales relevées sur le Sud de l'Afrique ce 15 juillet 2021 – OGIMET

 

 

Asie :

 

Après les importantes inondations ayant concerné le Sud du pays, la chaleur est de nouveau forte au Japon ces derniers jours avec souvent plus de 35°C sur le Nord du pays.

 

Jusqu'à 37,5°C ont été relevés ce dimanche 18 juillet à Ashoro, soit la seconde valeur la plus élevée jamais observée à Hokkaido, derrière l'exceptionnel 39,5°C du 26 mai 2019 à Saroma.

 

Températures maximales relevées au Japon le 18 juillet 2021 – JMA

 

Outre cette valeur exceptionnelle, de nombreux records absolus ont été battus sur cette région avec par exemple 37,4°C à Sakaino, 34,9°C à Naganuma ou encore 34,5°C à Kuromatsunai.

 

 

En Chine, d'intenses précipitations ont provoqué la rupture de deux barrages dans l'intérieur de Mongolie ce dimanche. Si de nombreuses inondations ont été observées, les autorités n'ont pas reporté de victimes, des évacuations ayant été effectuées au préalable compte tenu des cumuls observés (jusqu'à 223mm à Morin Dawa).

 

Importantes inondations suite aux fortes précipitations et à la rupture des barrages à Hulunbuir (Chine) ce dimanche 18 juillet 2021 – via rt.com


 

Plus au Sud, l'activité tropicale est importante sur la mer de Chine et notamment près d'Hong-Kong où la tempête tropicale Cempaka s'est formée ces derniers jours. Celle-ci apporte d'intenses précipitations sur ces régions avec des rafales de vent approchant les 100km/h.

 

Tempête tropicale Cempaka vue depuis l'espace ce lundi 19 juillet 2021 – HIIMAWARI-8

 

 

Une évolution vers un typhon n'est pas exclue par les services de prévisions chinois alors qu'un second système s'est formé plus à l'Ouest. Celui-ci, nommé In-Fa devrait se diriger vers Taiwan dans les prochains jours et évoluer en typhon de catégorie 2 ou plus.

 

Trajectoire prévue de la tempête In-Fa dans les prochains jours – NOAA

 

 

Océanie :

L'hiver austral est bien installé sur le Sud de la région avec des conditions froides et perturbées touchant le Sud de l'Australie ces derniers jours. De forts vent, une mer agitée et des précipitations régulières concernent le Queensland, l'état de Victoria et la Nouvelle-Galle-du-Sud. Une situation somme toute normale pour ce secteur en cette période de l'année qui ravi les amateurs de sports d'hiver en raison d'importantes chutes de neige sur les reliefs du secteur.

 

Importantes chutes de neige ces derniers jours à Falls Creek (Victoria) – Via twitter @Chaletline

 

 

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https://www.meteo-paris.com/actualites/incendies-et-tornades-aux-etats-unis-activite-tropicale-dans-le-pacifique-l-actualite-meteo-dans-le-monde-en-ce-19-juillet-2021
<![CDATA[Eté 2021 humide : le risque de sécheresse diminue]]> La sécheresse est l'une des principales préoccupations climatiques lors de la saison estivale. Force est constater que pour cet été 2021, la sécheresse ne semble pas d'actualité, bien au contraire...

Depuis la fin du printemps, les précipitations sont monnaie courantes à travers le pays, avec à la clé un important excédent pluviométrique (+23% en mai >>, +56% pour le mois de juin >>).


Excédent pluviométrique (en %) en mai 2021 et juin 2021 par rapport à la moyenne 1981-2010 - Météo-Villes

 

 

Désormais en plein cœur de la saison estivale, cette situation humide ne s'est pas pour autant estompée. A contrario, les pluies se sont accentuées et cette première partie d'été 2021 est exceptionnellement humide. Du 16 juin au 15 juillet (30 jours), il est tombé 144mm en moyenne en France (soit deux fois au delà de la moyenne), un record sur cette période de l'année depuis le début de la série statistique en 1959, bien largement au delà du début d'été 1997.


Cumul des précipitations agrégées en France - période du 16 juin au 15 juillet 2021 - Météo-France via Gaetan Heymes

 

 

Sur cette même période de 30 jours, seul le pourtour Méditerranéen n'a pas récolté plus de 100 millimètres de précipitations (et même mois de 25mm en région PACA, dans le Roussillon, ainsi qu'en Corse). Le cumul y dépasse par endroit les 200mm en plaine entre le Limousin, l'Indre, et la Champagne-Ardennes (265mm à Chaillac (36), 273mm à Rancennes (08) )... et même les 300 à 350mm sur le massif du Jura ainsi que sur le nord des Alpes (Haute-Savoie) !


Cumul des précipitations observées du 16 juin au 15 juillet 2021 - Météo-France via Gaetan Heymes

 

 

Avec de telles quantités pluviométriques, les sols sont désormais gorgés d'eau. L'indice d'humidité des sols vient de dépasser la valeur de 0.7 en cette mi-juillet, soit un niveau haut inégalé pour un milieu d'été, et tout proche du record absolu d'humidité des sols en juillet (0.77).


Indice d'humidité des sols en France du 16 juin au 15 juillet 2021 - Météo-France via Gaetan Heymes

 

 

De ce fait, les sols sont désormais très fortement humidifiés, voire totalement saturés en eau au 15 juillet sur la plupart des régions, avec un indice d'humidité des sols par endroit deux fois supérieure à ce qui est habituellement observé à cette époque de l'année. Si nous ne pouvons pas parler de sécheresse cette année, cette humidité excessive est un autre extrême particulièrement problématique pour certaines récoltes qui s'annoncent cette année catastrophiques... entre crues et sols ne pouvant plus absorber d'eau supplémentaire.


Écart à la moyenne (en %) de l'humidité des sols au 15 juillet 2021 - Météo-France via Gaetan Heymes

 

 


Champs inondés à Navilly (Saone-et-Loire) - 17 juillet 2021 - Aude Pocchiola

 

 


Cultures inondées dans la Marne - 16 juillet 2021 - Eloane Jh

 

 

Au 18 juillet, 16 départements font actuellement l'objet d'au moins un arrêté de restriction d'usage de l'eau, localisés dans le bassin Parisien, dans le midi-Toulousain, et principalement dans le Sud-Est où les pluies sont restées rares ces derniers mois. Il s'agit d'un important contraste avec les deux précédents étés où le manque d'eau était propice à une sécheresse généralisée (39 départements au 18 juillet 2020, et même 65 départements au 18 juillet 2019).


Arrêtés de restriction sur l'usage de l'eau - 18 juillet 2019 / 2020 / 2021 - Propluvia / MEDDE

 

 

Du côté des nappes phréatiques (eaux souterraines), la situation faisait état au 1er juillet de niveaux globalement autour de la moyenne sur la moitié Nord de la France, et même au delà sur le nord de l'Aquitaine. A la faveur des pluies récentes et abondantes de ces deux dernières semaines, les niveaux seront peu ou prou stationnaires (car compensées par les besoins de la végétation). Ces nappes atteignaient toutefois des niveaux plus bas en vallée du Rhône ainsi que sur le littoral Méditerranéen, où la situation pourrait encore se dégrader ces prochaines semaines... au point de devenir critique d'ici le début de l'automne si l'humidité ne parvient pas à faire son retour.


État des nappes phréatiques au 1er juillet 2021 - BRGM

 

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https://www.meteo-paris.com/actualites/ete-2021-humide-le-risque-de-secheresse-diminue
<![CDATA[Inondations de la mi-juillet 2021 : une catastrophe climatique en Allemagne et Belgique]]> Une goutte froide a circulé sur l’Ouest de l’Europe (entre France, Bénélux et Allemagne) en cette mi-juillet. Très peu mobile, elle a apporté des quantités pluviométriques exceptionnelles entre le 13 et le 15 juillet, rarement observées sur ces secteurs en pleine période estivale. Le bilan matériel et surtout humain, extrêmement lourd, en fait l’une des catastrophes climatiques les plus meurtrières de ces dernières décennies en Europe. Voici le récapitulatif de cet évènement hors-norme.

 

 

1) La "Goutte Froide" : éléments de définition

La limite entre air froid et air doux est matérialisée par le courant jet (vent d’altitude). Cette limite est en général le lieu de formation habituel des dépressions. En temps normal, cette limite est régulière le long du vortex polaire (au-delà du cercle arctique) avec un rail dépressionnaire stable. Il arrive cependant que celui-ci soit perturbé et que des ondulations se créent dans le courant d'altitude, c’est-à-dire une alternance entre zones perturbées et plus froides et zones plus douces et calmes.


Schéma de la différence entre vortex polaire stable et vortex polaire perturbé – Via NOAA

 

Occasionnellement, si cette ondulation est suffisamment marquée, il arrive qu’une masse d’air plus froide soit éjectée de ce courant, finissant par s’isoler. Cette bulle d’air froid vient alors circuler au sein d’un environnement bien plus chaud et stable, complètement détachée de la circulation atmosphérique générale : une goutte froide est dès lors pleinement formée.


Schéma du mécanisme de formation d'une goutte froide - Via Info Météo

 

Cet été, de multiples gouttes froides ont déjà concerné la France. Ce type de perturbation atmosphérique semble de plus en plus récurrent ces dernières années, et il est possible d’y voir un effet indirect du changement climatique (le courant Jet ayant tendance à se désorganiser plus facilement, favorisant le détachement de gouttes froides).

 

 

 

2) Situation observée : une Goutte Froide active et très peu mobile

Dans le cas observé en cette mi-juillet 2021, il s’agit d’une goutte froide détachée d‘un flux perturbé en Islande. Elle a abordé et circulé sur la France entre les lundi 12 et mardi 13 juillet, puis s’est décalée mercredi 14, jeudi 15 et vendredi 16 sur la Suisse et le sud de l’Allemagne.


Formation et isolement de la goutte froide sur l’Ouest de l’Europe du 10 au 16 juillet 2021 - MeteoCentre

 

Durant ces 4 à 5 jours, son déplacement a été particulièrement lent. Entouré d’une masse d’air humide et très instable, cette situation a été propice à une succession de passages pluvieux abondants sur les mêmes secteurs entre Est de la France, Belgique, Suisse et Ouest de l’Allemagne, s’enroulant autour du centre dépressionnaire (sous forme d'une occlusion, matérialisant une bande d'air doux et humide prise en étau entre de l'air plus frais et sec).

 


Animation satellite de la goutte froide sur l’Ouest de l’Europe du 12 au 16 juillet 2021 – Météociel

 

 

3) Cumuls de pluie : une période de retour supérieure à 100 ans

Le positionnement de la goutte froide sur le sud de l'Allemagne a entraîné des précipitations copieuses et durables par retours d'occlusion sur le nord-est de la France, la partie orientale de la Belgique, l'ouest de l'Allemagne et la Suisse entre le mardi 13 et le jeudi 15 juillet 2021.

 

  • FRANCE :

Entre le 13 et le 15 juillet, de nombreuses régions ont essuyé d’abondantes précipitations sur la quasi-totalité de l’Est du pays. Des cumuls supérieurs à 50 mm ont été observés en l’espace de 3 jours du sud-ouest du Massif Central aux frontières du Nord et de l'Est, dépassant régulièrement les 100 mm des Ardennes jusqu'à la Franche-Comté (ponctuellement 150 mm) ! De telles quantités d'eau sur des régions aussi vastes sont remarquables, qui plus est en plein cœur de la saison estivale. Si certaines situations semblables ont été observées par le passé (gouttes froides donnant lieu à des pluies et des inondations), les cumuls observés se sont relevés inédits dans certaines localités !

Une image contenant carteDescription générée automatiquement

Carte des cumuls de pluie sur 72h du lundi 12 au jeudi 15 juillet 2021 - via infoclimat.fr

 

En l’espace de 100h (du lundi 12 à 08h jusqu’au vendredi 16 à 12h), les cumuls ont atteint :

  • 199 mm à Châtel de Joux (39)
  • 160 mm à Plainfaing (88)
  • 159 mm à Le Fied (39)
  • 158 mm à Villers La Chèvre (54)
  • 151 mm à Errouville (54)
  • 149 mm à Longuyon (54)
  • 144 mm à Villette (54)
  • 143 mm à Bras-Sur-Meuse (55)
  • 135 mm à Arbois (39)

 

  • ALLEMAGNE :

En Allemagne, dans le sud-ouest de la Rhénanie-du-Nord et l'ouest de la Rhénanie-Palatinat, les cumuls de pluie observés en l’espace de 3 jours sont tout bonnement remarquables, dépassant par endroit les 150mm. La journée du 14 juillet a été historique sur ces secteurs avec des quantités pluviométriques ayant atteint les 125mm près de Cologne et de Bonn, soit deux fois la norme mensuelle d’un mois de juillet en 24h.