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Une banquise Arctique de tous les records en avril !

Article publié le 20/04/2019

Nous commentons régulièrement l'état de la banquise en Arctique, qui ne cesse de se dégrader au fil des années. Et malheureusement, ce mois d'avril ne déroge pas à la règle puisqu'il s'annonce historique …

Après avoir atteint sa glaciation maximale annuelle le 13 mars dernier (7e niveau ex-aequo le plus bas depuis le début des mesures en 1979 >>), le printemps amorce le début de fonte estivale. Une fonte excessivement rapide : ce jeudi 18 avril, la superficie des glaces de l'Arctique représentait 13,420 millions de km2. Il ne s'agit rien d'autre que d'un record absolu pour cette date, bien en deçà du précédent record du 18 avril … 2017 (13.690 millions) et 2018 (13.729 millions) !

Mais en réalité, les records se succèdent continuellement depuis 3 semaines désormais. En effet, jamais la banquise n'avait été aussi peu étendue depuis le 31 mars dernier ! Avril 2019 sera donc vraisemblablement le mois d'avril plus catastrophique jamais observé en 40 ans de mesures.

 

Etendue (superficie) des glaces de l'Arctique en millions de km2 - statistiques depuis 1979 - NSIDC

 

Trois zones se démarquent actuellement en terme de fonte anormale : la mer de Barents, la mer d'Okhotsk, et surtout la mer de Béring. C'est cette dernière qui fait parler d'elle depuis la fin de l'année 2017.

Concentration des glaces de l'Arctique au 18 avril 2019 et rapport à la moyenne 1981-2010 - NSIDC

 

La quantité de glace sur cette mer, située entre l'Alaska et la Russie orientale, s'en trouve très diminuée pour ne pas dire carrément absente : à peine plus de 200 000km2 de glace y sont observés, soit 3 fois moins que la normale !

Etendue moyenne des glaces de la mer de Béring (en million de km2) sur la période février-mars depuis 1850 - Zachary Labe

 

Images satellite au dessus de la mer de Béring - comparaison entre le 11 avril 2012 et le 5 avril 2019 - Satellite Terra / NOAA

 

Alors pourquoi une telle fonte en ce début de printemps ? Il faut tout simplement regarder au niveau des températures relevées ces dernières semaines. Sur les 30 derniers jours, les plus fortes anomalies douces de la planète se regroupent sur la totalité de la zone Arctique, dépassant par endroit les +6 à +8°C au dessus de la moyenne.

Anomalie de température (en °C) entre le 19 mars et le 17 avril 2019 - ESRL / NOAA

 

Ce sont ces températures qui expliquent également l'absence de glace en mer de Béring. L'Alaska observe des valeurs incroyablement douces et ceci sur une durée exceptionnellement longue (souvent plus de 8 voire 10°C au dessus des normes). Le mois de mars écoulé est par ailleurs devenu le plus doux de l'histoire sur cet Etat, approchant les +9°C d'anomalie mensuelle (!!), et explosant l'ancien record de mars 1965.

A titre de comparaison, une telle anomalie signifiait une température moyenne l'après-midi de 21°C à Paris durant le mois de mars !

Anomalie moyenne de température en Alaska (en °C) du 14 octobre 2018 au 11 avril 2019 (et lissage sur 30 jours) - ACCAP

 

Note importante : la notion de « superficie » des glaces correspond aux zones où l'océan est glacé à 15% minimum.