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Le confinement a-t-il un effet sur la température globale ?

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Article publié le 30/03/2020

 

Temps anormalement froid en Europe :

Alors que le printemps a commencé le temps n’est cependant pas caractérisé par la douceur et le beau temps. C’est en effet tout l’inverse sur une partie de l’Europe depuis plus d’une semaine.


La semaine dernière, les Balkans, l’Italie, une partie du Sud de la France et de l’Espagne furent concernés par des chutes de neige et un temps anormalement froid. Ces basses températures se sont généralisées à une grande partie de l’Europe en cette fin de mois de Mars.

Neige sur les collines de Toscane le 26 mars - Via twitter @JohnFModera

 

Aujourd’hui, le pays est encore soumis à ce temps hivernal avec des températures hivernales et même des chutes de neige en ce Lundi 30 Mars dans le Sud-Ouest du pays :

 

Neige au sol entre Bordeaux et Lacanau au matin du 30 mars - Via infoclimat

 

Ainsi, les anomalies de températures en altitude (entre 1200 et 1400m) sont comprises entre -4 et -12°c par rapport aux normales de saison de la Russie à L’Espagne, en passant par la France :

 

Anomalies de températures en altitude (850hPa) le Lundi 30 Mars - Modèle GFS via WX CHARTS

 

Des températures basses dans d’autres parties du monde :

 

Contrairement à cet hiver, la douceur et les températures anormalement élevées ne font plus parler d’elles. Au Japon, un coup de froid tardif pour la saison a apporté des chutes de neige parfois importantes jusqu’à Tokyo avec parfois plusieurs centimètres de neige en banlieue :

Plusieurs centimètres de neige en banlieue de Tokyo ce week-end - Via Twitter  @AlexAbian

 

Le climat du Japon est généralement printanier en Mars, notamment en fin de mois avec des températures qui atteignent parfois les 20°c et des gelées qui se font quasiment absentes. C’est également la période où les fameux cerisiers japonais fleurissent.

Cette année cependant les températures sont anormalement basses pour la saison, offrant des scènes inhabituelles.

 

Cerisier en fleur et chutes de neige à Tokyo ce week-end - via Twitter @Mulboyne

 

Un lien avec cette période de confinement ?

 

Même si la pollution atmosphérique est en forte diminution avec des effets bénéfiques sur le climat et la qualité de l’air dans le monde, il est difficile d’établir un lien direct entre ces températures parfois bien froides et l’arrêt massif des activités humaines.

Le réchauffement climatique, provoque une augmentation progressive mais importante des températures à l'échelle du monde entier. Il est donc normal d’envisager qu’une forte diminution des émissions de gaz a effet de serre pourrait provoquer l’effet inverse, c’est-à-dire une baisse des températures à l’échelle du globe.

Les confinements ont démarré dans l’ensemble au cours du mois de Mars et les activités mondiales ont progressivement ralenti depuis la seconde moitié du mois de Février. Il est donc intéressant de s’intéresser à l’évolution des températures durant le mois de Mars à l’échelle du globe :

 

Animation des anomalies de températures durant le mois de Mars 2020 - via climatereanalyzer.org

 

Nous pouvons remarquer que, même si l’Europe présente des anomalies de températures souvent négatives depuis plusieurs semaines, d’autres parties de la planète possèdent des températures parfois bien au-dessus des normales. Par exemple une partie de l’Amérique du Sud, les Etats-Unis et la Russie.

Une circulation atmosphérique qui semble toutefois bien normale avec une alternance entre anomalies négatives et positives suivant les zones. A comparer aux anomalies de température globables durant le mois de Mars 2019.

 

Animation des anomalies de températures durant le mois de Mars 2019 - via climatereanalyzer.org

 

Par exemple, les Etats-Unis connaissent un temps anormalement doux pour la période avec des records de températures par endroit approchés, voire dépassés notamment dans le Sud du pays.

Températures et records dans le Sud des Etats-Unis durant la journée du 27 Mars - Via twitter @EKMeteo

 

 Remarquons cependant que, par rapport au mois de Février dernier, les anomalies positives semblent moins extrêmes :

 

Anomalies de températures durant le 23 Février 2020 - via climatereanalyzer.org

 


Les températures ne présentent donc pas de baisse globale même si le temps actuel en métropole pourrait nous évoquer le contraire. Ces anomalies négatives, présentes depuis le début du mois de Mars sur l’Europe sont tout simplement de saison et témoignent d’un changement de régime en altitude avec le décalage de l’anticyclone vers l’Atlantique laissant place à des coulées plus froides venues du Nord de l’Europe.

 

Une baisse des températures globale est-elle envisageable à plus long terme ?

 

La baisse des émissions de gaz à effet de serre ne peut pas véritablement avoir d’effet à cours terme sur le climat, celui-ci ne pourra être visible que plusieurs semaines voire plusieurs mois après la crise.

Pour prendre un exemple possiblement plus parlant, l’éruption importante d’un volcan pourra créer une diminution mondiale des températures (hiver volcanique) mais cette baisse mettra plusieurs mois à se diffuser aux quatre coins du monde le temps que les particules se diffusent dans l'atmosphère.

Pour les gaz à effet de serre il faut également prendre en compte tout le volume de l'atmosphère terrestre, l’arrêt ou la forte diminution des émissions n’engendrerait de changement qu’un bout d’un certains temps à une si grande échelle. Encore faut-il que cet arrêt soit prolongé et ce ne sont pas plusieurs semaines ou mois d'arrêt qui permettront un changement notable.

 

La pollution, phénomène planétaire - via pourquoidocteur.fr


En effet, le gaz carbonique possède une durée de séjour d’environ 10 ans dans l’atmosphère, c’est-à-dire qu’il mettra 100 ans à se dissiper à partir du moment ou celui-ci est émis, pour le N2O cette durée s’élève à 120 ans et le méthane perdure environ 12 ans. La baisse des émissions de ces gaz n’aura donc pas d’effet sur le cours terme le temps que ceux-déjà présents se dissipent peu à peu.

Mais cela ne veut pas dire que cette période de crise n’est pas bénéfique pour l’environnement, quelques semaines d’émissions en moins seront toujours bonnes à prendre et permettront peut-être de ralentir plus fortement le réchauffement global.

Seul l’avenir nous le dira car cette situation est inédite, rappelons-le, et très peu d’études sur le changement climatique ont déjà pris en compte un possible arrêt si brutal de la pollution mondiale.

 

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