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Sécheresses remarquables en France : les antécédents

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Article publié le 17/09/2019

Une sécheresse très importante concerne une grande partie de notre pays depuis plusieurs mois, atteignant un pic en cette fin d'été 2019 (voire notre actualité dédiée faisant le point sur la situation à la mi-septembre >>). D'autres épisodes de sécheresse ont également marqué nos précédentes décennies.

Avant toute chose, il convient d'en revenir à la notion même de sécheresse, dont trois catégories sont à distinguer :

- La sécheresse météorologique correspond au déficit pluviométrique;

- La sécheresse agricole au déficit en eau des sols dits "superficiels" (1 à 2 m de profondeur), suffisant pour altérer le bon développement de la végétation. Cette notion tient compte de l'évaporation des sols et de l'eau puisée par les plantes;

- La sécheresse hydrologique correspond aux lacs, cours d'eaux et nappes souterraines qui présentent des niveaux déficitaires.

En voici les antécédents les plus marquants...

 

 

1976 : La sécheresse entrée dans les mémoires

Parmi les plus grandes sécheresses des dernières décennies, celle de 1976 reste la plus ancrée dans les mémoires. Cette sécheresse fut remarquable par sa durée, son intensité et son étendue sur les 3/4 de la France (à l'exception du bassin méditerranéen) jusque vers la Suisse, l'Allemagne, le Benelux et le Sud de l'Angleterre.

Cette sécheresse coûta 4 millards de francs de pertes commerciales à la France et 0,5 % de croissance. Face à la baisse des récoltes et jugeant la situation critique, le président de la République Valéry Giscard d’Estaing et le gouvernement de Jacques Chirac débloquèrent 2.2 milliards de francs d'aide aux agriculteurs. Une énorme somme qui a valu d'être compensée à partir du 25 août 1976 par la mise en place d'un "impôt sécheresse" solidaire.

Sécheresse durant l'été 1976

Mare asséchée par la sécheresse dans l'Orne le 16 juin 1976 - AFP

 

Le déficit hydrique de décembre 1975 à août 1976 atteint 60% sur le Bassin Parisien, la Bretagne et la Basse-Normandie, ce qui est considérable sur une telle période. La période la plus sèche fut observée du 2 juin au 7 juillet où aucune perturbation ne traversa la France, toutes rejetées par une puissante dorsale de l'anticyclone des Açores. Seuls des orages parfois violents mais localisés éclatèrent. Une canicule aggrava la situation et marqua les esprits du 22 juin au 6 juillet (>>).

Rapport à la moyenne des cumuls mensuels des précipitations entre novembre 1975 et décembre 1976 - Météo-France

 

 

1978 : La sécheresse pluviométrique la plus marquée

Une sécheresse moins connue, il s'agit de celle de l'automne 1978 (soit deux ans seulement après la crise de 1976). Celle-ci se démarque par son caractère pluviométrique exceptionnel : le déficit pluviométrique durant cet automne 1978 a atteint les 70% à l'échelle nationale, avec 81mm seulement de moyenne (il s'agit toujours en 2019 de l'automne le plus sec jamais observé). A Paris, il ne tombe que 15mm de pluie seulement au cours des mois d'octobre et novembre réunis !

Plusieurs cours d'eaux principaux dont la Loire atteignaient alors des niveaux remarquables pour une période automnale habituellement propice à la recharge.

Selon un rapport de la DREAL du Val de Loire, le niveau de la Loire à Blois (Loir-et-Cher) indiquait un débit particulièrement faible dont la période de retour était estimée à 30 ans. D'après le Ministère de l'Environnement, toutes les réserves au sol du bassin de la Loire sur une profondeur d'un mètre avaient alors été épuisées au 31 octobre 1978 (>>).

 

 

 

1989-1990 : La sécheresse la plus durable

Parmi les plus grandes sécheresse, celle de la fin de la décennie 1980 est probablement la plus importante en terme de durée. Officiellement, celle-ci a débuté dès la fin 1988 et s'est étalée durant toute l'année 1989 et le début de l'année 1990. De novembre 1988 à octobre 1989, le déficit pluviométrique en France atteint les 25%, et cette période est parallèlement la plus chaude des trente dernières années.

Cette sécheresse a concerné principalement l'Ouest de la France avec une aggravation de la situation au cours de l'été et de l'automne 1989. Lors du mois d'octobre, les 2/3 des cours d'eau du pays étaient en étiage sévère (étiage = période de débit minimal), voire en situation exceptionnelle de la Bretagne au Centre-Ouest, dans la Drôme et les Cévennes, en Haute-Marne... L'intégralité des départements de l'Ouest avaient alors du prendre des mesures de restriction sur l'usage de l'eau.

 

 

 

 

 

En raison de la faible pluviométrie durant l'hiver 1989, période habituelle de remplissage, le niveau de la plupart des réservoirs hydro-électriques était en chute libre. Dans le Sud-Ouest, le taux de remplissage n'était parfois que de 45 à 50% à la fin du mois de juin 1989 (44% au barrage de Mondély en Ariège, 45% au barrage de Lavaud en Charente).

Retrouvez les cartographies précédentes et le bilan chiffré de cette sécheresse de 1989 sur l'article scientifique de Y. Merillon et P. Chaperon (>>).

 

 

 

2003 : La sécheresse la plus... caniculaire !

L'été 2003 reste à ce jour la saison la plus chaude jamais mesurée en France. Le mois d'août a fait l'objet d'une canicule historique, à la fois en terme de durée, d'étendue, d'intensité, de bilan sanitaire... mais aussi en terme de sécheresse !

A la fin de l'été 2003, la grande majorité des cours d'eau du territoire présentaient un débit inférieur à la norme habituelle. Près d'un tiers des points de mesure des rivières et fleuves au début du mois de septembre 2003 indiquaient un débit critique très faible d'une période de retour supérieure à 10 ans (fréquence dite "decennale sèche").

 

Etat des débits des cours d'eau le 10 septembre 2003 - Banque Hydro

 

Contrairement à 1976, cette sécheresse de l'été 2003 ne s'est pas manifestée par le simple fait d'un déficit pluviométrique. Si ces précipitations ont été inférieures aux moyennes, l'aridité était principalement agricole (sécheresse des sols) et hydrologique (niveau des nappes et cours d'eaux anormalement bas), provoquée par les températures extrêmement chaudes dès le printemps.

Météo-France

Indice de sécheresse agricole (sols) durant l'année 2003 - Météo-France

 

Lors de la canicule d'août 2003, les températures avaient atteint des niveaux jusque-là inégalés dans de nombreuses régions. Sur plusieurs départements, la barre des 40°C avait été franchie parfois durant plus de 8 jours, asséchant de manière radicale la végétation et les sols, ayant déjà bien souffert dès le mois d'avril...

Nombre de jours avec température >40°C - période du 1er au 18 août 2003 - Météo-France

 

 

 

2011 : La sécheresse agricole la plus précoce et étendue

Le printemps de l'année 2011 a été le plus sec observé en France depuis la fin des années 1950, avec un déficit pluviométrique dépassant les 50% à l'échelle nationale (en d'autres termes, il a plu deux fois moins que d'habitude durant ce printemps 2011). Autre fait majeur, il est aussi devenu le plus chaud jamais observé avec un excédent de plus de 2.6°C.

Météo-France

 

Ces faibles pluies associées aux températures élevées ont entraîné un assèchement extrêmement précoce des sols avant même le début de l'été, et ce sur une étendue inégalée (90% du territoire). A l'exception des régions méditerranéennes, les sols ont connu sur l'ensemble du pays un niveau de sécheresse jamais atteint à la fin du printemps au cours des cinquante dernières années. Au maximum, 78 départements avaient dû prendre des mesures de restriction de consommation en eau.

Une du Parisien le 20 avril 2011

 

La Loire à Ancenis en mai 2011 -  Franck Dubray / Ouest-France

 

Ecart à la moyenne de l'ndice d'humidité des sols - 1er juin 2011 - Météo-France

_______

 

Si les sécheresses agricoles (des sols) et sécheresses météorologiques (pluviométriques) sont globalement liées, l'intensité de l'une ou de l'autre est parfois différence lors d'un même évènement. Un article scientifique publié en août 2012 dans la revue "La Météorologie" tente de classifier chacune de ces sécheresses (>>).

Sur la période 1958-2011, la sécheresse de l'année 1976 ressort comme la plus sévère selon le critère météorologique (durée de près de 5 mois, 85% du territoire touché)... mais pas du point de vue agricole ! 

En terme de sécheresse agricole (sols superficiels), c'est la sécheresse du printemps 2011 qui est devenu la plus sévère avec près de 90% du territoire français touché (contre un peu plus de 75% pour celle de 1976). Difficile de quantifier notre sécheresse 2019, mais celle-ci pourrait malheurement se placer en bonne position dans les deux cas...

Degré d'intensité des sécheresses météorologiques et agricoles en fonction de leur durée (en mois) et de la surface nationale totale touchée (en %) - période 1959-2011 - Revue La Météorologie (>>)

 

Si ces dates indiquent les épisodes les plus marquants, les sécheresses d'intensité moindre ont toutefois été très nombreuses. Les deux graphiques ci-dessous expriment, annuellement depuis 1959, le pourcentage du territoire concerné par une sécheresse météorologique (à gauche) et une sécheresse agricole (à droite). Nous pouvons noter une tendance à la multiplication de ces sécheresses agricoles depuis le début du nouveau millénaire...

Pourcentage du territoire français (en %) touché par une sécheresse météorologique (gauche) et agricole (droite) - période 1959-2011 - Revue La Météorologie (>>)

Retrouvez l'ensemble de ces évènements climatiques et bien d'autres sur notre chronique et notre almanach.

 

 

 

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