Brève incursion froide et humide entre 2 dorsales anticycloniques
Lors de notre précédent point daté du dimanche 1er, nous focalisâmes sur les 2 grandes orientations météo de notre semaine : l'arrivée d'une masse d'air très douce en altitude favorables aux fortes inversions, puis un possible talweg froid et potentiellement neigeux pour la fin de semaine.
La première orientation s'est vérifiée. Elle a atteint son apogée mardi 3 (notre article) et restait d'actualité mercredi 4. La seconde ne sera que brève et partielle. 
Sur ces dernières sorties du modèle de prévision européen, vous constatez que la dorsale stable et douce en altitude (délimitée par les flèches rouges) régressera vers l'Ouest d'ici vendredi 6. Pour autant, le talweg humide et froid (délimité par les flèches bleues) ne plongera par sur la France, n'influençant véritablement que le Nord-Est du pays.
De fait, la perturbation associée ne provoquerait que de faibles précipitations sur notre pays, un peu plus marquées néanmoins près des frontières belges, luxembourgeoires, allemandes et suisses (ci-dessous, les cumuls de précipitations attendus d'ici samedi 7 en matinée via Météociel). 
Nonobstant, même faibles, ces précipitations tomberont sans doute sous forme de neige à basse altitude, voire, et ce serait le cas le plus dangereux, sous forme de pluies ou bruines verglaçantes. La prudence devra donc être de mise, surtout vendredi 6 en matinée. Le domaine méditerranéen ne verra pas une goutte et peut-être même pas un nuage du talweg, mais ressentira son passage via un bref mais assez fort épisode de mistral et tramontane. Les stations de sport d'hiver pyrénéennes ne verront sans doute pas un flocon (mais l'enneigement est déjà est très bon, notre article) et les alpines, davantage en attente (notre article), guetteront sans doute en vain. Seule consolation, l'arrivée d'air plus froid et plus humide permettra de faire à nouveau fonctionner les canons à neige, à l'arrêt depuis plusieurs jours.
Par la suite, il semble désormais acquis qu'une nouvelle dorsale poussera sur la France, ramenant un temps stable, sec, doux en altitude mais frais voire froid sous les stratus en plaine. 
C'est cette tendance qui devrait s'affirmer plus encore la semaine prochaine.
Alors pourquoi a-t-on lu tant d'articles sur une possible grosse offensive hivernale pour cette fin de semaine ? Etait-ce du sensationnalisme ou du professionnalisme ? Les deux mon général.
Aujourd'hui, la météo est devenue lucrative pour de nombreuses entreprises ou officines privées qui, par souci de concurrence, ont tendance à se battre pour annoncer telle ou telle tendance les premiers. Cette course peut les pousser à produire des informations trop rapidement. C'est sans doute dommageable, mais ce n'est pas prêt de changer puisque le public s'avère avide de ces tendances à moyen terme, semblant les oublier sitôt lues ou pardonner leurs fréquents échecs.
Sur le cas présent, il semblait néanmoins raisonnable d'informer sur cette possible offensive hivernale dès le week-end dernier, d'autant que plusieurs modèles réputés pour leur stabilité et leur fiabilité les calculaient. Ci-dessous figurent les modélisations pour un seul et même jour, dimanche 8, mais 6, 5, 4, 3, 2 puis un jour avant l'échéance. Jusqu'à J-4, le plein hiver était attendu sur la France, puis le modèle s'est corrigé, décalant l'offensive froide et humide plus à l'Est. Nous n'avions d'ailleurs pas manqué de signaler cette possibilité.
Une dernière question légitime : la prévision pourrait-elle à nouveau s'inverser pour cette fin de semaine ? La réponse est non. Même s'il est dangereux d'être catégorique en météo, les différents modèles sont à présent suffisamment unanimes ("calés entre eux" comme disent les météorologistes) pour affirmer que la tendance vers une dorsale stable sera la bonne.

