Canicule : l’accalmie de la fin de semaine prochaine pourrait être très brève

Après le reflux temporaire de l’air saharien, une nouvelle remontée de chaleur pourrait rapidement concerner la France.
Canicule : l’accalmie de la fin de semaine prochaine pourrait être très brève
Alors que les conditions caniculaires persistent sur une grande partie de la France, avec des températures atteignant encore localement 39 à 40 °C ce vendredi 10 juillet, un changement de masse d’air devrait progressivement intervenir au cours de la semaine prochaine. Cette évolution apporterait enfin une baisse des températures à l’approche du week-end des 18 et 19 juillet. Toutefois, cette accalmie pourrait n’être qu’une courte parenthèse : plusieurs scénarios envisagent déjà une nouvelle remontée d’air saharien vers l’Europe occidentale durant la semaine suivante.
1. Une accalmie qui pourrait n’être qu’une courte parenthèse
Après plusieurs jours dominés par un dôme de chaleur particulièrement puissant, l’air brûlant présent sur la France devrait progressivement refluer vers le sud. Un courant plus océanique gagnerait alors le pays par l’ouest et le nord-ouest en fin de semaine prochaine. Cette évolution permettrait de retrouver une situation plus classique pour la saison, avec des températures moins excessives sur une grande partie du territoire. Il ne s’agirait cependant pas nécessairement d’un véritable épisode frais, notamment dans les régions méridionales, où la chaleur pourrait rester marquée. Surtout, les dernières modélisations laissent entrevoir la possibilité d’une remontée rapide de l’air très chaud après cette accalmie.
Le courant océanique gagnerait la France en fin de semaine prochaine
La comparaison des masses d’air prévues entre le lundi 13 et le samedi 18 juillet illustre nettement ce changement. En début de semaine, l’air très chaud venu d’Afrique du Nord recouvrirait encore largement la France et une grande partie de l’Europe occidentale. Quelques jours plus tard, de l’air océanique moins chaud pourrait progresser depuis l’Atlantique et repousser le cœur du dôme de chaleur vers la Méditerranée et le sud-est de l’Europe.
Cette baisse devrait être particulièrement sensible sur les régions de l’Ouest, du Nord et du Centre. Elle pourrait également favoriser une atmosphère plus instable et quelques passages orageux. Dans le Sud-Est et près de la Méditerranée, le recul de la chaleur serait probablement moins marqué. Cette évolution constituerait néanmoins une respiration appréciable après une nouvelle séquence de températures exceptionnellement élevées.

Entre le lundi 13 et le samedi 18 juillet, l’air océanique moins chaud pourrait progressivement remplacer le dôme de chaleur sur une partie de la France. Source : ECMWF METEOCIEL
3. Une nouvelle remontée du dôme saharien dès la semaine suivante ?
Cette accalmie pourrait toutefois être de courte durée. Dans leurs sorties du vendredi 10 juillet, plusieurs scénarios des modèles météorologiques européen et américain envisagent une nouvelle pulsion d’air saharien vers l’Espagne puis la France au cours de la semaine du 20 juillet. Le mécanisme ressemblerait alors à celui observé à plusieurs reprises depuis le mois de mai : après une brève intrusion océanique, le flux basculerait de nouveau au sud et ferait remonter une masse d’air extrêmement chaude depuis l’Afrique du Nord.
Sur certains scénarios, le dôme de chaleur se rapprocherait de la péninsule Ibérique et du sud de la France autour du mardi 21 juillet. Il pourrait ensuite gagner une grande partie du territoire vers le jeudi 23 juillet. La progression exacte de cet air brûlant demeure encore très incertaine, mais la récurrence de ce signal dans plusieurs simulations mérite d’être surveillée.

Certains scénarios envisagent le retour du dôme de chaleur saharien entre les 21 et 23 juillet, avec une propagation possible vers le nord de la France. Source : ECMWF METEOCIEL
4. Plus de 35 °C au sud, puis une chaleur intense gagnant tout le pays
Si cette hypothèse venait à se confirmer, les températures maximales pourraient rapidement bondir. Dès le lundi 20 juillet, les régions méridionales pourraient de nouveau dépasser fréquemment les 35 °C, avec des pointes proches ou supérieures à 38 °C dans le Sud-Ouest, la vallée du Rhône et l’arrière-pays méditerranéen.
Trois jours plus tard, le jeudi 23 juillet, la très forte chaleur pourrait s’étendre vers le Centre, l’Ouest, le bassin parisien et le Nord-Est. Certains scénarios déterministes affichent même des températures proches de 40 °C sur plusieurs régions et localement davantage dans le Sud. Ces cartes étant établies à une échéance encore lointaine, elles ne doivent évidemment pas être interprétées comme des prévisions locales précises. Elles illustrent avant tout le potentiel thermique particulièrement élevé de la masse d’air qui pourrait remonter vers la France.
La durée de cet éventuel épisode sera également déterminante. Une ou deux journées très chaudes ne suffiraient pas nécessairement à caractériser une nouvelle vague de chaleur à l’échelle nationale. En revanche, si les températures restaient très élevées durant plusieurs jours et si les nuits redevenaient tropicales, les critères d’une quatrième vague de chaleur depuis le début de la saison pourraient être atteints.

Selon l’un des scénarios envisagés, la chaleur intense concernerait d’abord le sud de la France le 20 juillet avant de gagner une grande partie du pays autour du 23 juillet. Source : ECMWF METEOCIEL
5. Des scénarios très chauds encore minoritaires, mais suffisamment nombreux pour alerter
Le diagramme d’ensemble du modèle européen permet de mieux apprécier le niveau d’incertitude. La moyenne des scénarios, représentée en rouge, prévoit bien une remontée des températures autour des 21, 22 et 23 juillet, mais celle-ci demeure pour le moment relativement modérée. En revanche, le scénario déterministe, le scénario de contrôle et plusieurs simulations individuelles font apparaître une hausse beaucoup plus franche de la température de la masse d’air.
Les scénarios les plus extrêmes ne sont donc pas majoritaires. Il serait prématuré d’annoncer dès maintenant une nouvelle canicule certaine ou de retenir les valeurs les plus élevées affichées sur certaines cartes. Néanmoins, le nombre de simulations envisageant un retour de la chaleur est suffisamment important pour que ce signal soit pris au sérieux. Plus les courbes se dispersent à longue échéance, plus l’incertitude est importante : les prévisions d’ensemble servent précisément à représenter cet éventail de possibilités plutôt qu’à privilégier une seule simulation.

La moyenne des scénarios prévoit une remontée modérée des températures, tandis que plusieurs simulations envisagent un nouveau pic de chaleur intense autour des 22 et 23 juillet. Source : ECMWF METEOCIEL
Une tendance à surveiller au fil des prochaines actualisations
L’accalmie attendue vers la fin de la semaine prochaine semble donc de plus en plus probable, même si son ampleur variera selon les régions. La véritable interrogation concerne désormais sa durée. Les signaux d’un nouveau réchauffement apparaissent entre les 20 et 23 juillet, mais d’importantes incertitudes subsistent encore sur l’intensité, l’étendue et la persistance de cette possible nouvelle offensive saharienne.
Les prochaines actualisations permettront de déterminer si cette tendance se renforce et devient majoritaire ou si le courant océanique parvient finalement à résister plus durablement. À ce stade, une quatrième vague de chaleur n’est donc pas annoncée avec certitude, mais le risque d’une accalmie très brève ne peut plus être écarté.
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