Tempêtes en vue : les régions à surveiller entre jeudi et samedi
Vents jusqu'à 150 km/h : une séquence potentiellement tempétueuse menace la France dès jeudi
Le temps pourrait prendre une tournure nettement plus agitée en seconde partie de semaine. À partir de mercredi 21 octobre, la circulation atmosphérique devrait progressivement basculer à l’ouest, ouvrant la porte aux perturbations atlantiques. Un puissant courant jet viendrait alors survoler la France, dans un contexte favorable au passage de dépressions parfois très creuses près des îles Britanniques. Deux échéances retiennent particulièrement l’attention : jeudi 22 octobre, puis samedi 24 octobre. Des rafales dépassant 150 km/h sont même envisagées par certains scénarios près des côtes, tandis que le vent pourrait également souffler fortement dans les terres.
Dès mercredi, l’Atlantique reprendrait les commandes
Après les intempéries méditerranéennes du début de semaine, le changement de configuration pourrait être rapide. Le courant s’orienterait progressivement à l’ouest, permettant aux perturbations océaniques de circuler vers notre pays. Cette évolution placerait notamment les régions de l’Ouest et du Nord dans une ambiance beaucoup plus venteuse, accompagnée de passages pluvieux successifs.
Le moteur de cette agitation se situerait aussi en altitude. Les cartes américaines GFS du samedi 17 octobre montrent un courant jet puissant entre l’Atlantique et l’Europe occidentale pour jeudi et vendredi. Ce ruban de vents rapides, situé vers neuf kilomètres d’altitude, pourrait favoriser le déplacement rapide des systèmes dépressionnaires et leur renforcement lorsque les conditions sont réunies.
Il ne faut toutefois pas confondre les vitesses du vent en altitude avec les rafales attendues au sol. L’intérêt de ce signal est ailleurs : il dessine un environnement favorable à une séquence perturbée potentiellement musclée, dont les effets précis dépendront de la trajectoire des dépressions.
Jeudi : jusqu’à 100–120 km/h près de la Bretagne ?
Un premier passage venteux pourrait intervenir jeudi 22 octobre. Sur la simulation européenne ECMWF fournie, les vents les plus forts concernent les approches atlantiques et les abords de la Bretagne. Des pointes de 100 à 120 km/h apparaissent principalement en mer et près des secteurs côtiers les plus exposés. Leur débordement à terre reste à préciser.
La Bretagne serait donc en première ligne, notamment ses pointes et ses caps. Les côtes de la Manche devront également être surveillées en fonction du déplacement de la perturbation. À cette échéance, il serait prématuré d’attribuer une valeur précise à chaque portion du littoral : un décalage du système modifierait sensiblement la répartition des rafales.
Dans les terres, le vent pourrait dépasser 70 km/h sur une partie du quart nord-ouest. Les Pays de la Loire, le Poitou et certains secteurs normands figurent parmi les zones à surveiller, avec une extension possible vers le Centre. Ce premier épisode annoncerait surtout l’installation d’un régime océanique beaucoup plus dynamique.

Rafales maximales simulées pour jeudi 22 octobre 2026. Les valeurs les plus élevées concernent principalement la mer et les secteurs côtiers exposés. Modèle ECMWF 9 km, sortie du 17 octobre à 12 UTC — Meteociel
Vendredi : une dépression très creuse sur le sud de l'Angleterre
La carte ECMWF valable vendredi 23 octobre au matin illustre cette configuration avec une dépression très creuse 975 hPa et circulant très rapidement sur le sud de l’Angleterre. Les lignes de pression se resserrent fortement autour de ce minimum, tandis que des pressions plus élevées se maintiennent vers le sud de l’Europe. Ce contraste favoriserait une circulation soutenue de secteur ouest à sud-ouest, d'autant que la baisse et la hausse brutale de pression liées au déplacement raide de ce creux engendrerait des vents très violents (y compris dans les terres).

Une dépression très creuse est simulée près de l’Irlande vendredi 23 octobre à 8 h, heure française. Pression au sol et géopotentiel à 500 hPa, modèle GFS, sortie du 17 octobre à 12 UTC — Meteociel, annotations du document fourni.
Vendredi : le passage le plus préoccupant ?
La journée de vendredi 23 octobre présente donc le signal venteux le plus étendu et le plus marqué. Les vents très forts pourraient cette fois gagner une grande partie de la moitié nord, avec un risque concernant davantage les terres que lors du passage de jeudi. La Bretagne, la Normandie et les Pays de la Loire resteraient particulièrement exposés.
Le modèle européen envisage des rafales de 70 à 100 km/h dans plusieurs secteurs de l’Ouest et du Nord. Le Centre, l’Île-de-France et les Hauts-de-France pourraient également être concernés. Ces valeurs constituent un ordre de grandeur issu d’une simulation : elles ne permettent pas encore de dresser une carte définitive des départements touchés.
Sur les littoraux exposés, notamment bretons et proches de la Manche, des pointes largement supérieures à 100 km/h seraient possibles, et certains scénarios indiquent même des seuils à plus de 150 km/h !
Même sans rafales exceptionnelles, une succession de passages venteux peut avoir des conséquences sur les activités extérieures. Les arbres encore feuillus offrent davantage de prise au vent, tandis que les objets laissés dehors peuvent être emportés. Sur le littoral, l’état de la mer devra aussi être suivi, indépendamment des seules vitesses annoncées dans les prochains jours.

Samedi, cette simulation étend les fortes rafales vers l’intérieur de la moitié nord, avec plusieurs zones à 70–100 km/h et même localement 150 km/h. Localisation et intensité restent à confirmer. Modèle ECMWF 9 km, sortie du 17 octobre à 18 UTC — Meteociel
Un risque d’aggravation à suivre de près
La présence du courant jet impose une surveillance attentive. Dans certaines configurations, une dépression peut se creuser très rapidement et produire des vents nettement plus violents que ceux initialement envisagés. Ce mécanisme n’est toutefois ni automatique ni démontré pour chaque dépression représentée. Parler dès maintenant de dépression explosive certaine serait donc prématuré.
L’enjeu des prochaines actualisations sera de vérifier la persistance des deux passages, leur intensité et leur trajectoire. La séquence pourrait marquer une montée en puissance du risque de tempête cet automne. Pour l’instant, retenons surtout deux rendez-vous : jeudi dans le Nord-Ouest, puis samedi sur une zone potentiellement beaucoup plus vaste. Les prévisions seront affinées progressivement, particulièrement pour les côtes et les déplacements du week-end.
Auteur : Guillaume Séchet >>>


