+2,8 °C sur les trois derniers mois : un record mondial pour la France 12-08-2026

Entre mai et juillet 2026, la France se situe au cœur de la principale anomalie chaude observée sur l’Europe occidentale. Carte des écarts de température à la moyenne.
+2,8 °C en trois mois : la France bat tous les pays du monde
Jamais une période chaude n’avait atteint une telle intensité en France. Entre le 1er mai et le 31 juillet 2026, la température nationale a dépassé de 2,8 °C la normale 1991-2020. Selon le classement présenté, établi à partir des données de réanalyse ERA5, cette anomalie placerait la France au premier rang mondial sur ces trois mois. Une position qui dépend toutefois de la période, de la normale climatique, du découpage territorial et de la méthode de calcul retenus.
1. La France au cœur de l’anomalie chaude européenne
La carte européenne des températures de mai à juillet 2026 est particulièrement éloquente : c’est sur la France que se concentre l’une des anomalies les plus fortes du continent. Si une grande partie de l’Europe occidentale a connu une chaleur remarquable, l’Hexagone apparaît au centre de la zone la plus anormalement chaude. Cette situation résulte de la répétition de blocages anticycloniques et de remontées d’air très chaud, dans un contexte climatique qui favorise des épisodes plus intenses et plus durables. Copernicus confirme que l’Europe occidentale a connu en 2026 son ensemble juin-juillet le plus chaud depuis le début de la série ERA5.
2. Une anomalie de +2,8 °C qui placerait la France au premier rang mondial
À l’échelle mondiale, de nombreuses régions ont également connu des températures très supérieures aux moyennes entre mai et juillet : nord de l’Europe, Russie, Canada, Afrique du Nord ou encore Asie centrale. Mais, rapportée à la normale climatique 1991-2020 et moyennée à l’échelle de chaque pays, l’anomalie française atteindrait +2,8 °C, devant le Luxembourg, la Suisse, la Belgique et l’Espagne dans le classement présenté.
Cette première place mondiale doit cependant être interprétée avec précaution. Elle est valable uniquement dans le cadre méthodologique retenu : données ERA5, période allant de mai à juillet 2026, comparaison avec la normale 1991-2020 et moyenne calculée sur le territoire de chaque pays. Elle ne signifie pas que la France a enregistré les températures absolues les plus élevées de la planète, mais que son écart à sa propre normale serait le plus important parmi les pays comparés. Une autre période de référence, une résolution différente ou une autre méthode d’agrégation pourraient modifier le classement.
La carte mondiale fournie utilise par ailleurs la période 1979-2000 comme référence, et non la normale 1991-2020 employée pour le chiffre de +2,8 °C. Elle permet donc d’illustrer la répartition mondiale des anomalies, mais ne suffit pas, à elle seule, à démontrer le podium des pays.

De mai à juillet 2026, la France atteint +2,8 °C par rapport à la normale 1991-2020 et occupe la première place du classement présenté, établi à partir des données ERA5. Ce résultat dépend de la méthode et de la période de référence retenues.
3. Depuis le début du mois de mai, presque aucun répit
La durée du phénomène est aussi remarquable que son intensité. Depuis les premiers jours de mai, les températures sont restées au-dessus des normales pendant l’immense majorité du temps. Les seules véritables parenthèses plus fraîches se sont produites entre le 10 et le 20 mai, puis durant quelques jours au début du mois de juin. Cinq épisodes ou vagues de chaleur remarquables se sont ensuite succédé, en incluant l’épisode actuellement en cours au mois d’août. La courbe de l’indicateur thermique national montre ainsi de longues périodes en rouge, parfois très au-dessus de l’enveloppe climatique habituelle. Copernicus avait déjà recensé quatre vagues de chaleur en Europe occidentale entre mai et juillet.

L’indicateur thermique national quotidien montre une chaleur presque ininterrompue depuis la fin mai, avec seulement quelques brèves périodes proches ou en dessous des normales.
4. Juin et juillet 2026 pulvérisent les records
Chacun des trois mois affiche une anomalie exceptionnelle. Mai 2026 s’est classé au deuxième rang des mois de mai les plus chauds en France, avec un écart de +2,0 °C à la normale. Juin a ensuite établi un nouveau record mensuel : 22,7 °C de moyenne nationale et une anomalie de +3,8 °C, devant juin 2003.
Juillet a fait encore plus fort avec une température moyenne de 24,9 °C et, là encore, une anomalie de +3,8 °C. Il est ainsi devenu non seulement le mois de juillet le plus chaud, mais également le mois le plus chaud, tous mois confondus, jamais mesuré en France depuis 1900, devant août 2003. Ces valeurs sont confirmées par les bilans climatiques de Météo-France.

Légende — Mai 2026 se classe au deuxième rang historique, tandis que juin et juillet battent leurs records nationaux avec une anomalie de +3,8 °C.
5. Le trio mai-juin-juillet écrase tous les précédents
Pris dans son ensemble, le trimestre allant du 1er mai au 31 juillet atteint une moyenne nationale proche de 21,7 °C. Le précédent record est dépassé d’environ un degré, un écart considérable à l’échelle d’une période de trois mois. La courbe historique depuis 1930 montre que 2026 ne devance pas simplement les années précédentes : elle s’en détache très nettement.
Le trio mai-juin-juillet 2026 est donc, de très loin, le plus chaud de la série de l’indicateur thermique national. Compte tenu de la marge avec les précédents records et des observations disponibles depuis le début du XXe siècle, il est très probablement inédit à une échelle temporelle encore bien plus longue.
6. Et l’été 2026 n’est toujours pas terminé
Le mois d’août prolonge pour l’instant cette série hors norme. La vague de chaleur en cours touche une grande partie du pays et maintient les températures à des niveaux très élevés, avec de nombreux départements placés en vigilance canicule. Un recul de la chaleur la plus intense est envisagé autour de la mi-août, mais les températures pourraient ensuite rester globalement supérieures aux normales.
À cette échéance, les scénarios deviennent cependant plus incertains : il est donc impossible d’affirmer qu’une nouvelle vague de chaleur se produira avant septembre, mais cette possibilité ne peut pas être totalement écartée. Quoi qu’il advienne durant la seconde moitié du mois, l’été météorologique 2026 est d’ores et déjà assuré de figurer parmi les plus chauds jamais observés en France.

