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L'anticyclone pourrait bloquer les perturbations pendant deux semaines

 

 

Un blocage anticyclonique pourrait s'installer sur la France pendant deux semaines

 

Après une semaine particulièrement agitée, marquée par le passage des tempêtes Austen et Boelo, la situation météorologique s'apprête à changer radicalement sur la France. Les perturbations atlantiques devraient progressivement laisser place à des conditions beaucoup plus calmes, sous l'influence de hautes pressions qui pourraient s'installer durablement sur l'Europe occidentale. Selon les dernières tendances du modèle européen ECMWF, ce blocage anticyclonique pourrait même se prolonger durant les premiers jours de novembre. Faut-il s'attendre à près de deux semaines sans véritables perturbations sur une grande partie de la France ?

 

 

Après les tempêtes, un changement radical dès lundi

 

Les anomalies positives de pression (en rose) gagnent une grande partie de l'Europe occidentale, dont la France, annonçant le retour d'une circulation atmosphérique beaucoup plus calme. Source : ECMWF, prévision du 23 octobre 2026.

Le contraste pourrait être particulièrement marqué après les violentes intempéries qui ont touché notre pays ces derniers jours. Alors que les dépressions circulaient librement sur l'Atlantique et le nord de l'Europe, une nouvelle organisation atmosphérique se dessine à partir du lundi 26 octobre.

Les hautes pressions devraient progressivement s'étendre sur la France, repoussant les principales perturbations vers des latitudes plus septentrionales. Le courant océanique perturbé, responsable des épisodes venteux et pluvieux de ces derniers jours, serait ainsi largement interrompu.

Cette évolution apparaît nettement sur les prévisions hebdomadaires du modèle européen ECMWF, qui envisagent des pressions supérieures aux normales sur une grande partie du continent entre le 26 octobre et le 2 novembre.

Le changement pourrait donc être spectaculaire : après les tempêtes, place à une météo beaucoup plus calme, avec un vent généralement faible et des précipitations limitées.

 

 

Les précipitations vont devenir très rares

Les couleurs orangées correspondent à un déficit de précipitations par rapport aux normales. La France figure parmi les régions européennes concernées par cette tendance sèche. Source : ECMWF.

 

 

 

Le retour des hautes pressions devrait surtout se traduire par une raréfaction des précipitations. C'est d'ailleurs l'un des signaux les plus marqués des dernières prévisions à moyenne échéance.

Sur la carte des anomalies pluviométriques pour la semaine du 26 octobre au 2 novembre, une grande partie de la France apparaît sous des couleurs orangées, indiquant des cumuls de pluie inférieurs aux normales saisonnières.

Les perturbations pourraient donc devenir très espacées, voire pratiquement absentes de nombreuses régions pendant plusieurs jours.

Après les épisodes pluvieux parfois importants de ces dernières semaines, cette interruption constituerait un changement notable. Elle permettrait un assèchement progressif des sols en surface, particulièrement dans les régions ayant récemment subi de fortes précipitations.

En revanche, une période sèche prolongée en plein automne pourrait aussi limiter la recharge des nappes phréatiques dans les secteurs où elle reste nécessaire.

Cette situation ne signifie cependant pas que la pluie disparaîtra totalement : des précipitations résiduelles resteront possibles, notamment près de la Méditerranée ou en périphérie de l'anticyclone.

 

 

 

Un blocage qui pourrait persister début novembre

 

Le signal anticyclonique reste présent sur l'Europe occidentale durant la première semaine de novembre, avec des anomalies de pression particulièrement importantes près des îles Britanniques. Source : ECMWF.

 

 

C'est probablement l'élément le plus remarquable des dernières simulations : les hautes pressions ne se contenteraient pas d'une brève apparition sur la France. Selon les tendances du modèle ECMWF, elles pourraient encore dominer une partie de l'Europe occidentale au cours de la semaine du 2 au 9 novembre. Les anomalies positives de pression se renforceraient notamment vers les îles Britanniques et la Scandinavie, ce qui favoriserait le maintien d'une circulation perturbée à l'écart d'une bonne partie de notre territoire.

 

Si cette évolution se confirmait, certaines régions françaises pourraient connaître près de deux semaines de temps majoritairement sec, entre la fin octobre et la première semaine de novembre.

La carte des précipitations pour cette seconde semaine confirme également une tendance déficitaire sur une grande partie de la France, même si le signal est moins marqué dans certaines régions. Il convient toutefois de rester prudent : ces cartes représentent des moyennes hebdomadaires issues de prévisions d'ensemble. Elles n'excluent pas un affaiblissement temporaire de l'anticyclone ni le passage ponctuel d'une perturbation. La perspective d'un temps globalement anticyclonique jusqu'au début novembre paraît donc crédible, mais celle d'un blocage absolument continu pendant quinze jours reste à confirmer.

 

 

Soleil, brouillards et premières gelées : un automne très contrasté

 

Durant la seconde partie de la semaine prochaine, les hautes pressions pourraient favoriser un temps largement ensoleillé. Toutefois, des brouillards et nuages bas pourraient persister dans certaines plaines et vallées du nord et de l’est, où l’humidité océanique resterait piégée près du sol.

 

Attention toutefois à ne pas confondre anticyclone et soleil généralisé ! À cette époque de l'année, les journées raccourcissent rapidement et les nuits deviennent suffisamment longues pour favoriser le refroidissement des basses couches de l'atmosphère.

En présence de vents faibles et d'une humidité importante près du sol (apport depuis l’ Atlantique), les brouillards et nuages bas peuvent se former durant la nuit et persister une bonne partie de la journée. Les contrastes pourraient donc être marqués entre certaines plaines grises et humides, et les reliefs ou régions méridionales bénéficiant d'un ensoleillement plus généreux.

Les températures pourraient également devenir très contrastées. Sous un ciel dégagé, le refroidissement nocturne favoriserait des matinées particulièrement fraîches, avec un risque de gelées locales dans les campagnes et les vallées abritées. À l'inverse, sous les nuages bas, les températures nocturnes resteraient généralement plus élevées, mais les maximales seraient parfois limitées par l'absence de soleil.

Le retour de l'anticyclone ne serait donc pas nécessairement synonyme de douceur, et pourrait même favoriser une ambiance plus froide au lever du jour.

 

 

Jusqu'à quand ce blocage pourrait-il durer ?

 

La principale interrogation concerne désormais la date de fin de cette séquence anticyclonique.

Les prévisions ECMWF du 23 octobre maintiennent un signal de hautes pressions jusqu'à la semaine du 2 au 9 novembre, sans permettre de déterminer précisément le moment où les perturbations atlantiques pourraient reprendre le dessus. Le modèle météo américain privilégie davantage un basculement après le 5 novembre avec le retour d'un courant perturbé océanique >>>

Les prochaines actualisations seront donc essentielles pour savoir si cette situation débouchera sur un véritable blocage durable ou sur une succession de périodes calmes entrecoupées de dégradations.

Une chose se dessine néanmoins : après une seconde moitié d'octobre particulièrement agitée, la France pourrait entrer dans une longue période de répit météorologique, dont la durée reste encore à préciser.

 

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Auteur : Guillaume Séchet >>> 

 

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris