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Des vagues de froid sont-elles encore possibles après le 15 mars ?

Le froid et la neige peuvent encore se propager jusqu'à la France après le 15 mars, comme ici en mai 2019, mais une vague de froid est-elle possible après cette date ? 

 

 

Une vague de froid sont-elles possibles en mars ?

 

Le printemps météorologique a débuté depuis le 1er mars, annonçant donc le retour des beaux jours sur notre pays avec des journées de plus en plus ensoleillées et surtout des températures de plus en plus douces. Néanmoins, cela veut-il dire que l'hiver est véritablement terminé ? Des vagues de froid peuvent-elles encore se produire après le 15 mars ?

Tout d'abord, il est important de rappeler la définition d'une vague de froid. Une vague de froid est un épisode durable et étendu de froid persistant durant au moins 3 jours, et ce à l'échelle d'une région ou du pays entier. Pour qu'un épisode soit identifié à l'échelle nationale, il est nécessaire que l'indicateur thermique national passe au moins une fois sous -2°C et ne remonte pas durablement (plus de deux jours) au-dessus de 0,9°C. La vague de froid prendra fin lorsque cet indicateur thermique national dépassera les +2,2°C.

46 vagues de froid ont été enregistrées en France entre 1947 et 2026. 18 d'entre elles se sont produites au mois de décembre, 17 en janvier, 10 en février et une en mars, ce qui est logique puisque les températures les plus basses se produisent habituellement entre janvier et février à l'échelle du pays. Néanmoins, des épisodes de froid tardifs peuvent encore survenir jusqu'en mars, en général au début du mois.

En effet, plus l'on se rapproche de l'équinoxe de printemps, plus le risque de vague de froid devient minime, encore plus ces dernières années avec l'augmentation progressive des températures moyennes. L'énergie solaire est en effet de plus en plus importante au fil du mois de mars, tout comme la durée du jour, il est ainsi difficile de conserver durablement des conditions véritablement froides sur notre pays.

 

 

Évolution des records de températures maximales minimales à Paris et Lyon en mars – Via infoclimat.fr

 

 

Cette tendance est d'ailleurs bien visible en regardant l'évolution des records de températures maximales minimales à Paris et Lyon au fil du mois de mars. Si ces deux villes représentatives ont déjà connu des journées sans dégel durant la première quinzaine du mois, cela n'a jamais été le cas après le 15 mars depuis le début des relevés.

Cela ne veut néanmoins pas dire que des journées froides deviennent impossibles, bien au contraire, seulement qu'une véritable vague de froid devient hautement improbable voire impossible après le 15 mars. Comme évoqué précédemment, depuis le début des relevés météorologiques, seulement une vague de froid a débuté en mars, celle-ci s'étalant du 4 au 8 mars 1971.

 

 

Des exemples de coups de froid après le 15 mars

 

Si des vagues de froid deviennent donc quasiment impossibles après le 15 mars, cela n'empêche néanmoins pas que des coups de froid parfois notables se produisent. Récemment, on peut citer l'épisode de froid tardif du 15 au 23 mars 2021 avec des chutes de neige s'étendant jusqu'en plaine entre le 18 et le 19 mars puis des gelées généralisées entre le 20 et le 21.

 

 

Neige et froid entre le 17 et le 21 mars 2018

 

L'épisode récent le plus notable reste néanmoins celui ayant concerné la France entre le 17 et le 21 mars 2018. Une masse d'air très froide s'était en effet étendue de la Scandinavie et la Russie vers la France, atteignant notre pays le 17 mars avec des chutes de neige jusqu'en plaine sur le nord-ouest du pays. On relève parfois plus de 15/20cm dans le Val d'Oise.

Le lendemain, la neige et le froid envahissent tout le quart Nord-est jusqu'à l'IDF (et localement la Bretagne), puis Paris et la Normandie sont recouverts d'une fine couche de 1 à 5 cm dans la nuit du 18 au 19 mars 2018.  Le 19, la neige atteint le Poitou-Charente et l'Aquitaine, déposant même une couche au sol jusque sur les plages.

 

Châtelaillon-Plage (Charente-Maritime) encore sous la neige, le 20 mars 2018, au lendemain de chutes de neige imprévues - Fabrice Denis 

 

Des chutes de neige seront même observées jusque sur les premières hauteurs du Var et des Bouches-du-Rhône avec des flocons jusqu'à Marseille le 21 mars, chose particulièrement rare en cette période de l'année.

 

 

Énième coup de froid entre le 17 et le 20 mars 1985

 

Dans un passé plus lointain, on peut également citer l'épisode du 17 au 20 mars 1985 avec des chutes de neige concernant une large partie de la France durant cette période après un hiver déjà particulièrement rigoureux. Les températures se montrent également très basses de façon temporaire avec jusqu'à -13°C au Puy (700m), sans pour autant que ce coup de froid remplisse les critères d'une vraie vague de froid.

 

 

Le printemps 1975 est marqué par un bref coup de froid ! 

 

Après un hiver printanier, la neige fait son apparition peu avant l'équinoxe de printemps. Le 17 mars 1975, il neige sur tout le quart nord-est, jusqu’à Paris, on mesure 10cm à Macon, 9cm à Metz. Le 20 mars 1975, une tempête de neige d’une rare violence paralyse la Région parisienne, l’Alsace-Lorraine, la Champagne, le Centre et le Limousin - on mesure 20cm à Paris où l’on skie dans les parcs.

 

Des départs pour les vacances de Pâques 1975 sous la neige compliqués... - Archives Météo-Villes

 

D'autres coups de froid tardifs se sont également produits quelques années plus tôt, comme entre le 25 et le 29 mars 1969 ou entre le 22 et le 24 mars 1963, retrouvez plus d'informations sur ces épisodes dans notre chronique depuis 1850 >>>.

 

 

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Auteur : Tristan Bergen

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris