Dimanche : des orages violents pourront éclater sous 35 à 38°C !
Énergie potentiellement disponible pour les orages dimanche 9 août en soirée selon ECMWF. Les teintes rouges et violettes correspondent aux valeurs les plus élevées, dépassant localement 2000 à 3000 J/kg.
Sous 38°C, des orages très violents pourront éclater dimanche
La journée de dimanche 9 août s’annonce particulièrement explosive sur une partie de la France. Alors que certains secteurs connaîtront encore 35 à 38°C, des orages pourront se déclencher brutalement dans cette masse d’air surchauffée. Tous les secteurs ne seront pas touchés, loin de là, mais les cellules les plus vigoureuses pourront produire de violentes rafales, de fortes pluies et de la grosse grêle. À quelques dizaines de kilomètres de distance, on pourra ainsi passer d’un temps sec et caniculaire à un orage sévère.
Une atmosphère très fortement instable dimanche
La première carte illustre parfaitement l’un des principaux ingrédients de cette dégradation : l’énorme quantité d’énergie disponible dans l’atmosphère. Dimanche en fin de journée, le modèle européen ECMWF prévoit des valeurs de CAPE dépassant fréquemment 1500 à 2500 J/kg sur une partie du Sud et du Centre, avec ponctuellement plus de 3000 J/kg.
Ces niveaux sont particulièrement élevés pour la France. Ils s’expliquent par la présence d’une masse d’air à la fois très chaude dans les basses couches et suffisamment humide. L’arrivée d’un petit talweg d’altitude apportera parallèlement de l’air plus froid en altitude, augmentant fortement le contraste vertical.
Dans un tel environnement, lorsqu’un orage réussit à se déclencher, il peut rapidement devenir très puissant. Cela ne signifie cependant pas qu’il y aura des orages partout : la CAPE représente une énergie potentiellement disponible, qu’un mécanisme de soulèvement doit encore parvenir à libérer.
Jusqu’à 35 à 38°C avant le déclenchement des orages
L’autre caractéristique remarquable de dimanche sera évidemment la chaleur. Le modèle américain GFS envisage 35 à 38°C sur une large partie du Sud-Ouest, du Centre et localement jusqu’au Centre-Est, avec même quelques pointes proches de 39°C sur les régions les plus chaudes.
Il faut rappeler que GFS a parfois tendance à surestimer légèrement les températures maximales dans certaines configurations. Néanmoins, les différents scénarios confirment une masse d’air particulièrement chaude et des températures largement supérieures à 30°C sur une grande partie du pays.
Les premiers orages pourront donc éclater alors que le thermomètre affichera encore 35°C ou davantage. Cette combinaison entre chaleur intense, humidité et arrivée d’air plus froid en altitude contribuera à rendre l’atmosphère particulièrement instable.
Localement, le passage d’un orage pourrait d'ailleurs faire chuter la température de plus de 10°C en quelques dizaines de minutes, notamment sous les plus fortes rafales descendantes.
Températures maximales envisagées dimanche 9 août selon le modèle américain GFS. Les 35 à 38°C pourraient encore concerner une large partie du Sud et du Centre avant l’arrivée des orages.
Des orages violents mais probablement très localisés
C'est sans doute le point essentiel de la prévision de dimanche. Il ne faut pas imaginer une vaste ligne orageuse balayant uniformément toute la France.
Les cellules devraient plutôt se développer de manière parfois brusque et désordonnée, notamment du Sud-Ouest au Massif central puis vers le Centre-Est et les Alpes au fil de l'après-midi et de la soirée. Plusieurs secteurs pourront rester totalement au sec alors que, quelques dizaines de kilomètres plus loin, un orage particulièrement violent pourra éclater.
Sous les cellules les plus actives, les principaux risques seront la grêle, des pluies très intenses en peu de temps et de fortes rafales de vent. Des pointes de 80 à 100 km/h seront possibles et des valeurs supérieures à 100 km/h ne peuvent pas être exclues très ponctuellement si certaines cellules deviennent particulièrement organisées.
Cette dispersion rend la prévision beaucoup plus délicate qu'avec une perturbation classique. Météo-France rappelle d'ailleurs que les conditions favorables aux orages peuvent être anticipées mais que leur localisation précise reste difficile, parfois jusqu'au jour même.

Principales régions concernées par le risque orageux dimanche. Les phénomènes pourront être violents mais très localisés, avec parfois de grandes différences à seulement quelques dizaines de kilomètres.
De la grosse grêle possible sous les cellules les plus puissantes
Certains modèles à haute résolution deviennent particulièrement préoccupants concernant le risque de grêle. La simulation présentée ici envisage des diamètres potentiels dépassant 2 à 3 cm sur plusieurs secteurs du Sud-Ouest avec localement un potentiel atteignant 4 à 5 cm dans le scénario présenté.
Il faut cependant interpréter ce type de carte avec prudence. Elle ne prévoit pas qu'il tombera des grêlons de cette taille partout dans les zones colorées. Elle indique le potentiel que pourraient atteindre les cellules les plus vigoureuses si elles se développent exactement dans l'environnement simulé.
Compte tenu de la très forte instabilité prévue, des chutes de grêle de plusieurs centimètres restent néanmoins possibles très localement, notamment entre le Sud-Ouest, le Massif central et certaines régions du Centre-Est. C'est probablement ce risque, associé aux violentes rafales, qu'il faudra suivre avec le plus d'attention dimanche.
La situation pourra encore évoluer sensiblement d'ici là. Les modèles à maille fine disponibles dimanche matin permettront de mieux préciser les secteurs les plus exposés ainsi que les horaires du risque maximal.

Taille potentielle de la grêle simulée dimanche soir par le modèle Swiss HD. Des grêlons de plusieurs centimètres sont envisageables sous les cellules les plus puissantes, mais de façon très localisée.
Une dégradation qui ne mettra pas fin à la chaleur
La dégradation de dimanche sera donc moins remarquable par son étendue que par son potentiel local. Certains secteurs pourront ne recevoir aucune goutte tandis qu’à quelques dizaines de kilomètres, une cellule pourra provoquer grêle, pluies diluviennes et puissantes rafales. Une situation que nous préciserons dimanche matin avec les toutes dernières simulations à haute résolution.
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Auteur : Guillaume Séchet

