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Coup de théâtre dans les prévisions : l’anticyclone pourrait finalement résister

Puissant blocage anticyclonique sur l’Europe de l’Ouest : les hauts géopotentiels, particulièrement marqués entre la péninsule Ibérique, la France et les îles Britanniques, témoignent d’une situation durablement stable et peu propice au retour des perturbations atlantiques.

 

 

Pourquoi le scénario météo de la fin septembre vient-il brutalement de changer ?

 

C’est un véritable retournement dans les prévisions météorologiques. Alors que les principaux modèles envisageaient encore ces derniers jours un affaissement du blocage anticyclonique et le retour de précipitations sur une grande partie de la France autour de la fin septembre, ce scénario a nettement perdu du terrain dans les dernières simulations. Les hautes pressions pourraient finalement résister, voire se reconstruire rapidement sur l’Europe occidentale au début du mois d’octobre.

La conséquence serait importante : non seulement le véritable retour de la pluie serait une nouvelle fois repoussé, mais la configuration atmosphérique pourrait également favoriser une nouvelle remontée d’air particulièrement chaud. Un scénario particulièrement défavorable alors que la sécheresse des sols atteint déjà des niveaux exceptionnels dans plusieurs régions.

 

 

Un anticyclone qui refuse de céder

 

Le front nuageux ayant circulé ce dimanche sur une partie des régions situées au nord de la Loire n’a pratiquement rien apporté. Les précipitations ont été faibles et très irrégulières, le front s’étant rapidement désagrégé en pénétrant dans un champ de pression élevé.

La suite devrait être encore plus anticyclonique.

Une nouvelle cellule de hautes pressions va se renforcer sur les îles Britanniques avant de s’étendre progressivement vers l’Europe occidentale. Les modèles envisagent ainsi des pressions régulièrement voisines de 1025 à 1030 hPa sur une grande partie de la France.

Le courant perturbé atlantique resterait repoussé beaucoup plus au nord, tandis que les dépressions circuleraient vers l’Islande, la Scandinavie ou resteraient bloquées sur le proche Atlantique.

 


Simulation du modèle européen ECMWF pour le samedi 26 septembre : les hautes pressions resteraient solidement installées sur la France et une grande partie de l’Europe, tandis que les perturbations atlantiques circuleraient beaucoup plus au nord.

 

 

Ce type de configuration peut être particulièrement persistant. Une fois installée, une dorsale anticyclonique de cette ampleur peut détourner les perturbations pendant plusieurs jours, voire davantage.

 

 

Presque aucune pluie significative sur une grande partie du pays

 

La conséquence la plus immédiate de cette situation sera évidemment la poursuite du déficit de précipitations.

Les modèles sont particulièrement secs pour les prochains jours. Sur une large partie du pays, les cumuls pourraient rester voisins de zéro jusqu’au week-end prochain.

Mais le plus remarquable est que cette absence de pluie pourrait se prolonger bien au-delà.

Dans certaines simulations, les précipitations resteraient très limitées jusqu’au début du mois d’octobre sur une grande moitié de la France. Les perturbations atlantiques parviendraient difficilement à pénétrer sur le territoire et pourraient contourner le pays par le nord ou rester bloquées au large.

 


Le modèle américain GFS envisage encore des cumuls de précipitations très faibles sur une grande partie de la France jusqu’au début octobre. Même à longue échéance, le signal sec reste particulièrement marqué.

 

Il ne faut évidemment pas interpréter au millimètre près une carte située à plus de dix jours d’échéance. En revanche, la répétition des scénarios secs devient notable, d’autant plus qu’elle intervient après plusieurs semaines déjà très déficitaires.

C’est probablement l’évolution la plus notable de ces dernières sorties : la fenêtre perturbée qui apparaissait encore récemment à la toute fin septembre s’est considérablement réduite, au profit d’un scénario beaucoup plus anticyclonique.

 

 

La sécheresse atteint déjà des niveaux historiques

 

Cette absence prolongée de précipitations devient d’autant plus problématique que l’état des sols est déjà exceptionnel.

À la mi-septembre, Météo-France signalait de nombreux départements en situation de record de sécheresse des sols pour la période. Le phénomène concerne une grande partie du centre, de l’est et du sud-ouest de la France, mais aussi la Corse.

Dans le Grand Est, l’indice d’humidité des sols est même descendu à des valeurs inférieures aux précédents records observés à cette époque de l’année.

 


De nombreux départements français se trouvaient déjà en situation de record de sécheresse des sols pour une mi-septembre. La poursuite du temps sec risque donc d’accentuer encore cette situation – Météo-France.

 

L’automne constitue normalement une période importante pour la réhumidification progressive des sols. Les températures diminuent, l’évaporation faiblit et le retour des perturbations permet généralement aux réserves superficielles de commencer à se reconstituer.

Or cette année, ce processus pourrait être fortement retardé.

 

 

Et une nouvelle remontée d’air très chaud pourrait aggraver la situation

 

Le blocage anticyclonique pourrait également favoriser une nouvelle anomalie thermique importante.

Si une dépression reste positionnée sur l’Atlantique tandis que les hautes pressions persistent sur l’Europe continentale, un flux de sud à sud-ouest peut s’établir entre ces deux centres d’action.

De l’air particulièrement chaud pourrait alors remonter de la péninsule Ibérique vers la France.

Plusieurs simulations envisagent déjà cette possibilité à cheval sur la fin septembre et le tout début octobre. À cette échéance, il est naturellement impossible d’affirmer que des records seront battus, mais le potentiel d’une nouvelle chaleur tardive remarquable existe clairement.

Une telle situation serait particulièrement défavorable : peu de pluie, fort ensoleillement, températures élevées et sols déjà très secs.

 

Et si le blocage résistait encore en octobre ?

 

C’est désormais la question principale.

Les simulations à très longue échéance restent naturellement très incertaines. Néanmoins, certains scénarios maintiennent encore des hauts géopotentiels particulièrement importants sur l’Europe occidentale ou centrale au début du mois d’octobre.

Dans ce cas, les perturbations atlantiques continueraient d’avoir beaucoup de difficultés à atteindre la France.

Cela ne signifie évidemment pas que le mois d’octobre sera intégralement sec. Des épisodes pluvieux peuvent encore apparaître, notamment près de la Méditerranée ou en périphérie de l’anticyclone.

Mais aucune véritable rupture durable du régime chaud et sec ne se dessine actuellement.

Après un été déjà exceptionnel, la France pourrait donc entrer dans le mois d’octobre avec des sols extrêmement secs et un déficit pluviométrique toujours très important. Et c’est probablement le fait le plus marquant de cette nouvelle évolution : alors qu’une sortie de cette longue séquence sèche semblait commencer à apparaître, la date du véritable retour des pluies redevient aujourd’hui très incertaine.

 

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Auteur : Guillaume Séchet >>>

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris