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Grêle et risque de tornade : le Sud-Est sous surveillance

Grêlons, puissantes rafales et risque de tornade : les secteurs à surveiller dans le Sud-Est

De violents orages menacent une partie du pourtour méditerranéen entre ce lundi 19 octobre et mardi 20 octobre. Au-delà des pluies intenses, des chutes de grêle, de fortes rafales et des phénomènes tourbillonnaires sont possibles. L’Hérault, le Gard et l’ouest des Bouches-du-Rhône concentrent les principales inquiétudes pour la soirée et la nuit prochaine.

 

 

 

Une aggravation attendue cet après-midi et surtout ce soir

 

Le nouvel épisode méditerranéen ne se résume pas aux cumuls de pluie. Des orages parfois organisés peuvent aussi provoquer des phénomènes soudains, sur des secteurs très limités. Une commune pourra connaître de fortes précipitations tandis qu’une autre, située à quelques kilomètres, subira une rafale brutale ou une averse de grêle. Cette diversité des risques impose une surveillance attentive jusqu’à mardi.

Ce lundi, l’activité orageuse doit se renforcer progressivement autour du golfe du Lion. Le risque d’orages forts atteint le niveau 3 sur 5 entre l’Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône. L’aggravation est particulièrement attendue en soirée et durant la nuit de lundi à mardi, avec des cellules susceptibles de se renouveler sur les mêmes zones.

Le Gard, la Lozère et l’Hérault sont également placés en vigilance orange pour orages et pluie-inondation. Le littoral et les plaines sont concernés, pas uniquement les Cévennes. Les secteurs de Montpellier, de Nîmes, de la Camargue et leurs environs doivent suivre l’évolution, sans que toutes ces villes soient nécessairement frappées par les phénomènes les plus violents.

 

 

Des grêlons de 4 cm possibles, avec un potentiel plus marqué en mer

 

Les simulations du modèle suisse font apparaître un potentiel de grêle sur la Méditerranée nord-occidentale, notamment au large du Languedoc et de la Provence. Certaines plages colorées correspondent à des diamètres potentiels de 3 à 4 cm. Elles signalent un environnement favorable à la croissance des grêlons dans les orages les plus vigoureux, principalement au-dessus de la mer.

Il faut toutefois distinguer cette simulation d’une prévision de grêle au sol. Le modèle ne permet pas d’annoncer des grêlons d’une taille précise dans une commune donnée. Les noyaux les plus intenses restent largement maritimes à plusieurs échéances. Des chutes localisées sont néanmoins possibles à terre si des cellules suffisamment actives atteignent le littoral puis les plaines. Le risque de dégâts dépendra de leur trajectoire.

 

Potentiel de taille des grêlons lundi à 20 h, heure française. Les valeurs les plus élevées sont surtout en mer : elles ne constituent pas des diamètres garantis à terre. Source : modèle Swiss HD 4×4, run du 19 octobre à 6 UTC, via Meteologix.

 

 

Pourquoi un risque de tornade est-il envisagé ?

 

La configuration associe un apport d’air méditerranéen humide à un courant rapide en altitude. Les vents changent de vitesse et parfois de direction avec la hauteur : c’est le cisaillement. Lorsque cette organisation des vents se combine à une instabilité suffisante, certains orages peuvent acquérir une rotation. Cela peut favoriser des structures plus durables et, dans certaines circonstances, un phénomène tourbillonnaire près du sol.

Le bulletin spécialisé de Keraunos mentionne explicitement un risque de trombes marines, voire de tornades, notamment à proximité du littoral entre l’Hérault et les Bouches-du-Rhône. Ce scénario mérite donc d’être signalé. Il reste cependant localisé et conditionnel : la présence de paramètres favorables ne signifie pas qu’une tornade se formera, encore moins qu’elle traversera une ville. Sa localisation ne peut être déterminée maintenant.

La distinction entre trombe et tornade tient notamment à la surface sur laquelle le tourbillon se développe. Une trombe évolue au-dessus de l’eau ; un phénomène touchant terre est qualifié de tornade. Pour les habitants, le danger peut surtout prendre la forme d’une dégradation extrêmement rapide, avec des objets projetés, des branches arrachées ou des dommages très concentrés. Toutes les rafales destructrices ne sont toutefois pas des tornades.

 

Activité électrique simulée mardi 20 octobre à 3 h, heure française. La carte renseigne le potentiel orageux, sans localiser une future tornade. Source : ECMWF, run du 19 octobre à 0 UTC, via Meteociel.

 

 

Des rafales dangereuses, même sans tourbillon

 

Les orages pourront également produire des bourrasques sans rotation. Les bulletins évoquent des rafales de l’ordre de 60 à 80 km/h, avec des pointes supérieures à 100  km/h possibles. Une telle accélération peut suffire à faire tomber des branches ou déplacer du mobilier extérieur. Sur les routes, elle peut surprendre les conducteurs, particulièrement lorsque la visibilité chute sous les précipitations.

Les pluies intenses compliqueront encore la situation. Des orages peu mobiles peuvent provoquer des ruissellements rapides dans les plaines et les agglomérations. La grêle peut localement encombrer les évacuations d’eau. L’accumulation de ces phénomènes, parfois en pleine nuit, justifie de limiter les déplacements pendant les passages les plus actifs et de ne jamais s’engager sur une chaussée inondée, même sur un trajet habituel.

Rafales de vent maximales prévues d'ici la nuit de mardi à mercredi - Arôme

 

 

Mardi, la menace se déplacera vers la Provence et la Corse

 

Au cours de mardi, le système doit progresser vers l’est, avec une extension du risque orageux à la Provence et à la Corse. La chronologie précise et l’intensité varieront selon les secteurs. Les cartes suggèrent encore un potentiel de grêle en Méditerranée, mais elles ne permettent pas de reporter automatiquement sur les terres les valeurs simulées au large. Le suivi radar et les bulletins actualisés seront déterminants.

 

Potentiel de taille des grêlons mardi 20 octobre à 12 h, heure française. Source : modèle Swiss HD 4×4, run du 19 octobre à 6 UTC, via Meteologix.

 

 

Avant l’arrivée des orages, rentrez les objets légers et mettez les véhicules à l’abri si cela reste possible sans vous exposer. Pendant leur passage, restez dans un bâtiment solide, loin des fenêtres. Évitez les promenades sur le littoral pour observer les cellules ou les trombes. Consultez enfin la vigilance de Météo-France : les secteurs concernés et les niveaux d’alerte peuvent évoluer rapidement.

Cette prudence vaut aussi pour les activités nautiques : un orage encore éloigné du rivage peut déjà rendre les conditions de navigation dangereuses.

 

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Auteur : Guillaume Séchet >>>

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris