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Le vortex polaire donne ses premiers signaux pour l’hiver 2026-2027

Et si l’hiver 2026-2027 était froid ? Un premier signal apparaît

Alors que la France connaît encore des températures exceptionnellement élevées en ce début septembre, l’atmosphère commence déjà à préparer l’hiver à plusieurs dizaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. Le vortex polaire est en train de se reformer au-dessus de l’Arctique et les premières projections saisonnières montrent surtout un signal intéressant pour le cœur de l’hiver : il pourrait perdre de sa vigueur autour de la fin décembre et du mois de janvier. Faut-il y voir un risque accru de froid en France ?

 

Un vortex polaire qui pourrait devenir plus fragile

Chaque année à la fin de l’été, le refroidissement rapide de la stratosphère au-dessus de l’Arctique entraîne la reformation du vortex polaire, une vaste circulation de vents située à plusieurs dizaines de kilomètres d’altitude.

Lorsqu’il est puissant et compact, il tend à maintenir l’air extrêmement froid autour du pôle. À l’inverse, lorsqu’il s’affaiblit ou se déforme, les échanges entre l’Arctique et les latitudes tempérées peuvent devenir plus importants.

C’est justement ce qui attire l’attention cette année.

Les premières projections saisonnières du modèle européen ECMWF montrent un ralentissement des vents stratosphériques autour de la fin décembre et surtout au cours du mois de janvier. Le modèle britannique UKMO fait apparaître un signal assez comparable.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une vague de froid est déjà prévue, mais cela suggère que le vortex pourrait devenir plus vulnérable aux perturbations au cœur de l’hiver.

 


Lorsqu’il est puissant, le vortex polaire maintient généralement l’air le plus froid autour de l’Arctique. En cas d’affaiblissement important, les descentes d’air froid vers les latitudes tempérées peuvent devenir plus fréquentes. Source : NOAA Climate.gov.

 

Pourquoi ce signal peut favoriser le froid

Lorsqu’un vortex polaire s’affaiblit fortement, il peut parfois subir un réchauffement stratosphérique soudain.

Dans ce cas, les vents d’ouest situés dans la stratosphère ralentissent brutalement, voire s’inversent. Cette perturbation peut ensuite modifier la circulation atmosphérique plus près du sol.

Le courant-jet devient alors parfois beaucoup plus ondulé et des blocages peuvent se mettre en place aux hautes latitudes.

C’est dans ce type de situation que des masses d’air très froides peuvent descendre vers l’Europe ou l’Amérique du Nord.

Mais il faut rester très prudent : un vortex perturbé n’indique jamais à lui seul où le froid descendra.

La France peut être concernée, mais l’air glacial peut tout aussi bien se diriger vers l’Europe orientale, l’Asie ou le continent nord-américain.

 

Légende :
Les projections saisonnières du modèle européen ECMWF envisagent des vents stratosphériques plus faibles que la normale autour de la fin décembre et du mois de janvier. Un signal compatible avec un vortex polaire potentiellement plus fragile. Source : ECMWF / Severe Weather Europe.

 

El Niño pourrait aussi jouer un rôle cet hiver

Un autre paramètre pourrait influencer la situation : le puissant épisode El Niño actuellement présent dans le Pacifique.

Les liens avec le vortex polaire sont complexes, mais les épisodes El Niño peuvent favoriser la propagation d’ondes atmosphériques vers la stratosphère, ce qui peut contribuer à perturber le vortex.

C’est donc un élément supplémentaire à surveiller au cours des prochains mois.

L’état de l’Arctique sera également observé de près. La banquise reste une nouvelle fois très peu étendue en cette fin d’été, même si les liens directs avec le comportement du vortex restent encore très discutés.

 


La banquise arctique reste très peu étendue à la fin de l’été 2026. L’état thermique de l’Arctique fera partie des nombreux paramètres à surveiller au cours de l’automne. Source : NSIDC.

 

Cela ne veut pas dire que l’hiver sera froid en France

C’est la nuance essentielle.

Les tendances saisonnières actuellement disponibles ne prévoient pas un hiver froid généralisé sur l’Europe occidentale. Le scénario dominant reste plutôt celui de températures supérieures aux normales sur une grande partie du continent.

Mais un hiver globalement doux peut parfaitement être interrompu par une ou plusieurs périodes de froid marquées.

C’est justement pour cette raison que l’évolution du vortex polaire sera particulièrement intéressante à surveiller cet hiver.

Si le signal actuel se confirme et qu’un affaiblissement important intervient autour de janvier, le risque de descentes d’air froid pourrait augmenter sur certaines régions de l’hémisphère nord, surtout en février 2027.

À cette échéance, il est encore impossible de savoir si la France serait directement concernée.

 


Auteur : Guillaume Séchet >>>

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris