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Après les 400 mm de pluie : pourquoi ces épisodes deviennent plus violents

Gros dégâts dans les Alpes-Maritimes début octobre 2020 après des pluies records (jusqu'à 500 mm en 24h) - Valérie Hache

 

Le Languedoc vient d'essuyer un épisode méditerranéen court mais violent avec jusqu'à 400 mm de pluie en moins de 24 heures. Le réchauffement climatique engendre-t-il une augmentation de l'intensité de ces épisodes ?

Et la tendance est déjà mesurable : selon Météo-France, entre 1961 et 2025, l'intensité des pluies méditerranéennes a augmenté d'environ 11 %, tandis que la fréquence des épisodes dépassant 200 mm en 24 heures a progressé de 50 %.

 

Les épisodes méditerranéens deviennent-ils vraiment plus violents ?

 

Les épisodes méditerranéens semblables à celui qui a touché le Gard ce mercredi 30 septembre 2026 ne sont pas nouveaux. Par le passé, des épisodes à le courte durée et à l'intensité semblable ont pu être observés. On peut notamment citer la catastrophe de Vaison-la-Romaine en 1992.

Le 21 septembre 1992, des pluies très importantes se déversent sur l'ensemble des Cévennes avec des cumuls très important en seulement 24 heures. Bien qu'assez bref, cet épisode pluvio-orageux se montre particulièrement virulent. On relève 448 mm en 24h au Caylar dans l'Hérault, un record !

Le Vaucluse est durement touché avec 212 mm à Carpentras, dont 150 mm tombés en seulement deux heures ! L'Ouvèze subit une crue historique et atteint le tablier du pont romain pourtant situé à 15 mètres au dessus du niveau habituel du cours d'eau ! Le bilan est particulièrement lourd. 37 personnes perdent la vie à Vaison-la-Romaine.

 

 

Inondations catastrophiques à Vaison-la-Romaine (84) le 22 septembre 1992 - Chronique Météo Villes

 

 

D'ailleurs, les exemples d'épisodes cévenols ne manquent pas dans les archives. On en retrouve la trace depuis de nombreux siècles, même dans les écrits les plus anciens. Au siècle dernier, plusieurs épisodes particulièrement virulents ont été observés.

Parmi eux, on peut citer l'épisode cévenol qui s'est produit le 30 septembre 1958. Ce jour là, il tombe 200 à 400 mm en une journée seulement sur les Cévennes et la commune d’Anduze dans le Gard est ravagée ! Une trentaine de personnes sont emportées et noyées dans un torrent de boue.

L'un des épisodes anciens les mieux documentés datent du début du siècle dernier. Dans la nuit du 28 au 29 septembre 1900, un épisode cévenol d'une rare violence déverse 950 mm de pluie en une dizaine d'heures à Valleraugue, au pied du Mont-Aigoual ! Ce chiffre montre que les épisodes extrêmes étaient déjà possibles avant le réchauffement.

 

 

La région d’Anduze (30) après l'épisode cévenol du 30 septembre 1958 - Chronique Météo Villes

 

 

Une intensité des épisodes en hausse

 

Même si les épisodes méditerranéens ont toujours été observés, il est vrai que nous pouvons noter une tendance à la hausse de leur intensité depuis les dernières décennies. Cela s'explique notamment par le fait que la mer Méditerranée est de plus en plus chaude.

Ces derniers étés ont été rythmés par de nombreux épisodes de fortes chaleurs et de canicules avec des masses d'air sahariennes survolant durablement le bassin méditerranéen. Cela conduit à une surchauffe de la mer qui atteint parfois les 30°C en août et peut encore dépasser les 25°C à l'automne, lorsque débute la saison des épisodes méditerranéens.

Or, la température de la mer influe directement sur la température de l'air qui la surplombe. Elle tire aussi vers le haut la température des terres en zones côtières. Le problème principal étant que plus la mer et l'air sont chauds et plus l'atmosphère peut contenir de vapeur d'eau.

 

Anomalie de la température de la Méditerranée en surface au vendredi 22 juillet 2022 - via Copernicus

 

 

En moyenne, chaque degré supplémentaire permet à une masse d'air de contenir environ 7% de vapeur d’eau en plus avant d'atteindre la saturation. C'est physique : quand la température augmente, les molécules d'eau se déplacent plus rapidement. Dans ces conditions, elles ont plus de facilité à rester sous forme gazeuse plutôt qu'à se condenser en gouttelettes liquides.

La quantité maximale de vapeur d'eau que l'air peut maintenir augmente donc avec la température. Il s'agit d'une augmentation de la quantité maximale de vapeur d'eau et non d'une hausse systématique de l'humidité relative. Toutefois, cela signifie qu'à contexte dépressionnaire identique, il tombera plus de pluie dans un climat réchauffé qu'il n'en serait tombé dans le passé.

Dans la trajectoire de référence retenue par la France pour l'adaptation au changement climatique, qui envisage une France environ 4°C plus chaude à l'horizon 2100, Météo-France estime que l'intensité des précipitations extrêmes pourrait augmenter d'environ 15 % en moyenne.

 

 

À chaque augmentation d'un degré, la masse d'air peut contenir 7% d'humidité en plus - Météo Villes

 

Ces dernières années, nous avons pu constater une augmentation des épisodes pluvieux d'intensité extrême. On peut citer la tempête Alex dans les Alpes-Maritimes début octobre où il était tombé 500 mm en 24 heures ! Cette tendance n'est pas cantonnée qu'à la Méditerranée. À l'automne 2023, il était tombé plus de 400 mm en quelques semaines dans le Pas-de-Calais, à la faveur d'une Manche très douce.

 

 

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Auteur : Alexandre Slowik

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris