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Peut-on encore parler du réchauffement climatique ?

mardi 23 mai 2023

 

Ces derniers temps, on constate une recrudescence des commentaires hostiles à l'égard des météorologues. Le sujet du réchauffement climatique devient particulièrement sensible.

 

 

Recrudescence des attaques sur les réseaux sociaux

 

C'est un phénomène qui a toujours existé mais qui s'est amplifié assez récemment. Les météorologues sont de plus en plus souvent la cible d'invectives sur les réseaux sociaux. La majeure partie des attaques provient de la sphère climato-sceptique. Ces personnes nient l'existence du réchauffement climatique et n'hésitent pas à répondre de manière irrespectueuse et/ou insultante à chaque post évoquant de près ou de loin ce sujet. Ce printemps 2023, les attaques se concentrent notamment sur la sécheresse. Ne comprenant pas que les nappes phréatiques puissent être en déficit après un trimestre plutôt instable, certains s'emportent et y voient un complot.

 

Florilège de commentaires climato-sceptiques et/ou insultants via les réseaux sociaux

 

 

 

Cette augmentation des réponses irrespectueuses touche tous les organismes de météo. Météo Villes n'y échappe pas et doit faire face à des commentaires hostiles de plus en plus nombreux sur ses réseaux sociaux. On observe alors un phénomène de meute où les premiers commentaires en appellent d'autres, puisque les climato-sceptiques se suivent entre-eux et représentent une minorité bruyante. Face à ce problème, certains font le choix d'une modération très stricte tandis que d'autres ignorent les réponses insultantes. Certains reconnaissent réduire les publications évoquant les sujets sensibles, ce qui pose un réel problème.

 

 

 

 

Climato-scepticisme : arguments facilement réfutables

 

Il serait malhonnête de considérer tous les climato-sceptiques comme des idiots. Certains font des recherches sur le climat du passé ou présentent des arguments qui - au premier abord - peuvent paraître recevables. Parmi eux, l'optimum climatique médiéval est souvent évoqué. Il s'agit d'une période du Moyen-Âge - datant de près d'un millénaire - durant laquelle les températures étaient parfois plus élevées qu'au XXème siècle en Europe. Cet argument est utilisé pour dire que le réchauffement est naturel et non anthropique. Or, il suffit de regarder la vitesse inédite avec laquelle la température mondiale grimpe ces dernières décennies pour comprendre le rôle de l'activité humaine sur l'évolution du climat. Le réchauffement de l'optimum médiéval fut nettement moins fort et s'était étalé sur plusieurs siècles. Tout est une question d'échelle.

 

Évolution de la température de l'hémisphère nord depuis 2000 ans - via Olivier Berruyer / www.les-crises.fr

 

 

 

Un autre argument climato-sceptique que l'on peut lire très souvent sur les réseaux sociaux évoque l'urbanisation autour des stations météo. Cette théorie affirme que les constructions humaines de plus en plus importantes autour des stations seraient directement responsables des mesures de température en hausse au fil des décennies, créant un faux réchauffement climatique. Cela ne semble pas absurde au premier abord et il faut admettre que l'urbanisation peut freiner la baisse des températures nocturnes. Cependant, cet argument ne tient pas la route quand on regarde les données. Ainsi, la station du Mont Aigoual - située à 1567 mètres dans un environnement naturel très préservé - est l'une des stations françaises qui se réchauffe le plus ! On peut également citer le recul visible des glaciers, qui ne souffrent pourtant pas trop de l'urbanisation...

 

Écart à la normale de la température moyenne annuelle au Mont Aigoual (30) - via Météo France

 

 

 

 

Des climato-sceptiques aux profils multiples

 

Malgré des éléments factuels mettant à mal leurs théories, les climato-sceptiques n'en démordent pas. Il faut dire que tous n'ont pas le même profil. Certains sont tout simplement auto-centrés et ne se focalisent que sur la météo de chez eux. Par exemple, une simple fraîcheur passagère comme celle que nous avons pu rencontrer lors de ce mois de mai 2023 suffira à nier le réchauffement, même si les anomalies chaudes ont l'avantage sur le reste du continent et du monde. De plus, si un printemps instable comme celui que nous vivons ne leur a pas offert suffisamment d'occasions de faire un barbecue, c'est un signe que le réchauffement n'existe pas ! Ces climato-sceptiques manquent sérieusement de recul et oublient que l'évolution du climat se lit sur de longues durées et de vastes régions.

 

Certains climato-sceptiques ne se focalisent que sur l'anomalie fraîche de leur région - via climatereanalyzer.org

 

 

 

D'autres climato-sceptiques vont plus loin que des constations simplistes. Certains y voient un complot organisé par le ou les gouvernement(s). Il faut dire que les Français sont plutôt friands des théories du complot. Dans une étude réalisée en 2017 par l'Ifop, plus d'un Français sur trois (35%) déclarait ne pas croire au réchauffement climatique et/ou remettait en cause la responsabilité de l'homme. Avec la sécheresse qui est sur le devant de la scène depuis 2022, une théorie du complot se répand à grande vitesse. Elle voudrait que les sites météo et autres médias mentent sur le niveau déficitaire des nappes phréatiques en vue de justifier des mesures de restrictions ou une future taxe sur l'eau. Une réflexion que nous avons déjà pu lire plusieurs fois sur nos réseaux sociaux...

 

35% des Français ne croient pas au réchauffement ou à la responsabilité humaine - via Libération

 

 

 

 

Médias & politiques ont leur part de responsabilité

 

Une étude parue en 2020 a pointé du doigt la responsabilité des médias dans le traitement de l'info autour du réchauffement climatique. Il faut avouer que de nos jours, de nombreux médias mettent le moindre événement météo - comme une avalanche de printemps - sous responsabilité du réchauffement climatique, omettant qu'il y a des événements qui font tout simplement partie des aléas de notre climat (notre grande spécialité >> lire notre chronique depuis 1850). Cette politique de la peur qui vise à tout associer au réchauffement climatique est contre-productive car elle crée une confusion sur ses conséquences réelles et donne du grain à moudre aux climato-sceptique.

 

Et si les médias favorisaient l'inaction du public face à l'urgence climatique ? - via France24

 

 

Enfin, ajoutons que la sphère politique a souvent beaucoup de mal à traiter le réchauffement climatique. Entre les partis qui occultent le sujet et ceux qui tombent dans le catastrophisme, les Français ont du mal à s'y retrouver. Plusieurs études ont démontré que la communication par la peur produisait un effet contre-productif et parfois un véritable rejet, que l'on rencontre notamment chez les climato-sceptiques. Par ailleurs, un Français sur deux se dit affecté par l'abondance de mauvaises nouvelles relayées par les médias. Lourde tâche que d'aborder ce sujet capital sans braquer son auditoire...

 

 

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