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Retour sur les étés pourris en France depuis 1900 via notre chronique

mercredi 4 août 2021

Si l'été 2021 se déroule pour le moment sous des conditions très mitigées, la France a vécu des étés sensiblement plus frais par le passé. Les "étés pourris" étaient même fréquents au siècle dernier. Retour vers le passé via notre chronique.

 

Été 1912

 

Températures maximales à Saint-Maur-des-Fossés (94) en juillet et août 1912 - Chronique Météo Villes

 

Au début du siècle, l'été 1912 s'était fait remarquer par des conditions météorologiques calamiteuses. Alors qu'une vague de chaleur exceptionnellement précoce était survenue avant la mi-mai 1912, les trois mois estivaux furent plus frais et plus humides que la normale. Le mois d'août fut le plus automnal avec un temps épouvantable durant une bonne partie du mois et un déficit thermique national proche de 3°C !

 

Le graphique ci-dessus montre les températures en région parisienne au cours des mois de juillet et d'août 1912. La seconde quinzaine de juillet et l'ensemble du mois d'août furent anormalement frais, au plus grand désespoir des vacanciers. Le thermomètre reste sous les 20°C durant de nombreuses journées, un seuil atteint seulement 3 fois sur tout le mois d'août à Nantes et aucune fois à Brest !

 

Tempête automnale à Arcachon à la mi-août 1912 - Chronique Météo Villes

 

Outre les températures anormalement et durablement basses, l'été 1912 fut également marqué par un temps humide sous l'influence d'un flux océanique dépressionnaire. L'agitation atteint son paroxysme en août 1912, marqué par le passage d'une véritable tempête automnale au milieu du mois sur une bonne partie de la France et de la Belgique. Des dégâts sont signalés, notamment le long de la côte atlantique.

 

L'été 1912 figure parmi les étés les plus "pourris" de l'ère moderne en France. Qualifié à l'époque d'été le plus froid depuis 70 ans, ses déficits thermiques n'ont plus été égalés depuis sur de nombreuses régions du pays. À Paris-Montsouris, la moyenne des températures en août 1912 fut 5°C en dessous des normales aujourd'hui en vigueur !

 

Retour sur l'année 1912 via notre chronique >>>

 

 

Été 1956

 

Températures maximales à Paris-Montsouris en juillet et août 1956 - Chronique Météo Villes

 

Avec une température moyenne de 17,73°C en France, l'été 1956 figure parmi les étés les plus froids depuis le début des relevés. La fraîcheur a impressionné par son étendue et sa régularité, se maintenant sur une bonne partie de la France durant les mois de juin, juillet et août 1956. Le thermomètre n'atteint que rarement les normales de saison, comme le montrent les graphiques ci-dessus à Paris.

 

Quelques descentes froides particulièrement impressionnantes pour la saison estivale ont été observées. Du 8 au 10 juin 1956, l'une d'elles envahit la France et les températures à 850 hPa (vers 1500m) se rapprochent du 0°C, favorisant des chutes de neige dès moyenne montagne. Le thermomètre reste bloqué à 7°C à Château-Chinon dans la Nièvre ou encore 10°C à Chartres et Tours - des niveaux diurnes remarquablement bas !

 

Violente tempête en Manche le 29 juillet 1956 - Chronique Météo Villes

 

Si le mois de juin n'est pas particulièrement agité, les mois de juillet et d'août sont en revanche plus humides en raison de la nette domination du courant océanique dépressionnaire. Ce dernier se matérialise même par une violente tempête en Manche durant la nuit du 28 au 29 juillet 1956. De nombreux bateaux sont pris dans la tempête et échouent. Cette tempête surprend par sa violence compte tenu de la saison.

 

La fin du mois d'août 1912 fut également marquée par un flux océanique actif. Les perturbations actives s'enchaînent sur la France avec des pluies copieuses et des vents soutenus, venant mettre un point d'orgue à cet été 1956 véritablement pourri sur l'hexagone.

 

Retour sur l'année 1956 via notre chronique >>>

 

 

Étés 1977 et 1978

 

Auch touchée par de graves inondations les 7 et 8 juillet 1977 - Chronique Météo Villes

 

Avec une température moyenne de 17,72°C en France, les étés 1977 et 1978 sont les plus frais observés dans notre pays au cours des 100 dernières années (à égalité) ! L'hexagone subit alors deux saisons estivales désastreuses, largement dominées par le flux océanique avec le passage de plusieurs dépressions au dessus de nos régions. Fin juillet 1977, le thermomètre reste bloqué à 14°C à Rouen, 15°C à Paris et 18°C à Perpignan...

 

En plus des températures très basses, les pluies sont abondantes avec plusieurs épisodes importants. Les 7 et 8 juillet 2021, il tombe 100 à 200 mm dans le sud-ouest de la France, conduisant à des crues dramatiques ! Auch subit notamment de lourds dégâts en pleine saison estivale !

 

Fraîcheur automnale le 6 juillet 1978 et neige à Chamrousse le 7 août 1978 - Chronique Météo Villes

 

Alors que l'économie avait été affectée par l'été pourri de l'année 1977, le sort s'acharne de nouveau sur le secteur touristique l'année suivante. La France subit un nouvel été pourri en 1978, un peu moins humide mais tout aussi frais que le précédent. Des descentes d'air frais imposantes touchent le pays. Le 6 juillet 1978, Patrick Poivre-d'Arvor montre des températures maximales de 13 à 18°C sur la France...

 

Certaines masses d'air sont tellement fraîches que la neige s'invite plusieurs fois sur les montagnes au cours de cet été 1978. Les 16 et 17 juin 1978, la neige tombe dès 1200 mètres dans le nord des Alpes ! Le 7 août 1978, les randonneurs se font surprendre par de fortes chutes de neige à Chamrousse (Isère) vers 1700 mètres d'altitude.

 

Retour sur les années 1977 et 1978 via notre chronique >>>

 

 

Été 1980

 

Mauvais temps sur les côtes de la Manche en juillet 1980 et conséquences sur l'économie - Chronique Météo Villes

 

L'été 1980 est le dernier en France à ne pas avoir atteint une moyenne de 18°C à échelle nationale. L'indicateur thermique de cette saison estivale fut de 17,99°C, en faisant l'un des plus frais du XXème siècle. Les mois de juin et de juillet 1980 sont véritablement déprimants avec des nuages abondants, de fréquentes averses et des températures bloquées largement sous les normales.

 

Les 20 et 21 juillet 1980, des vents tempétueux dignes de l'automne soufflent sur le nord de la France. On mesure 102 km/h à Caen, 134 km/h à Cancale et 144 km/h à Granville ! À Deauville, le pluviomètre recueille 64 mm de précipitations en 24 heures ! Les conséquences économiques deviennent importantes à la fin juillet 1980, au terme d'un mois de vacances scolaires épouvantable.

 

Températures minimales du 22 juillet 1980 et maximales du 20 juillet 1980 - Chronique Météo Villes

 

Les vacanciers dans les camping grelottent littéralement. Les températures minimales descendent régulièrement sous les 10°C et quelques gelées blanches sont même observées dans les campagnes du centre et du nord-est le matin du 22 juillet 1980 ! Sur les stations météo, on relève 3°C à Luxeuil & Château-Chinon, 4°C à Troyes, Nantes, Metz & Clermont-Ferrand !

 

Le mois d'août 1980 fut moins "pourri" avec des températures plus proches des normales mais ce fut bien insuffisant à rattraper le déficit considérable observé durant les mois de juin et de juillet.

 

Retour sur l'année 1980 via notre chronique >>>

 

 

Été 2021 frais ? Pas vraiment...

 

Anomalies thermiques durant l'été depuis 1930 par rapport aux normales 1981-2010 - via infoclimat.fr

 

Le graphique ci-dessus montre la température moyenne à échelle de la France au cours des étés depuis 1930 (moyennes des minimales et des maximales sur 3 mois). La ligne rouge représente la normale 1981-2010. Cette courbe permet de montrer que les étés frais étaient monnaie courante jusqu'aux années 1980 mais qu'ils sont devenus plus chauds au cours des 30-40 dernières années, rehaussant assez sensiblement la normale.

 

Même avec ces normales climatologiques modernes, l'été 2021 est pour l'instant légèrement plus chaud que la normale en France (notamment en raison de la première quinzaine de juin très chaude) et on constate que les températures observées n'ont rien à voir avec les étés très frais vécus régulièrement durant le siècle précédent ! Il faut toutefois apporter une nuance concernant les précipitations car il est vrai que la pluviométrie est très conséquente en cet été 2021, donnant à certains vacanciers l'impression de vivre un véritable "été pourri"...

 

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