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Sécheresse 2026 : des records historiques dans de nombreuses régions

 

 

Sécheresse historique en France : 2026 bat de nouveaux records

 

La sécheresse de 2026 entre dans l'histoire météorologique française. Selon le dernier bilan de Météo-France, publié le 9 octobre, les sols ont été plus secs que la normale sur 95 % du territoire en septembre, dont plus de 60 % en situation de sécheresse exceptionnelle. Plusieurs régions enregistrent des records absolus, dépassant parfois les épisodes de référence de 1976 et 2022.

 

 

Une sécheresse exceptionnelle sur plus de la moitié de la France

 

Le constat dressé par Météo-France est particulièrement préoccupant. Après un été historiquement chaud et sec, le mois de septembre n'a apporté pratiquement aucun répit à une grande partie du territoire.

En moyenne, 95 % de la France a connu des sols plus secs que la normale, dont plus de 60 % en situation de sécheresse exceptionnelle. Il s'agit d'une situation remarquable pour une période où les premières pluies automnales devraient normalement commencer à humidifier les sols.

Plus inquiétant encore, l'assèchement s'est poursuivi sur 45 % du territoire pendant le mois, alors que seuls 7 % ont bénéficié d'une amélioration.

L'indicateur national d'humidité des sols est ainsi resté à des niveaux jamais observés en septembre, se rapprochant du record absolu établi à la mi-août 2026.

 

 

En septembre 2026, les sols sont restés anormalement secs sur presque toute la France. Les couleurs orange et rouge correspondent aux sécheresses les plus marquées. Source : Météo-France, bulletin hydrologique d'octobre 2026

 

Des records historiques dépassant parfois 1976 et 2022

L'un des enseignements les plus spectaculaires de ce nouveau bilan concerne les records historiques.

Sur un vaste axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est, la sécheresse des sols de 2026 a dépassé celle de 2022, jusqu'alors considérée comme une référence majeure.

De nombreux départements du bassin Adour-Garonne ont ainsi enregistré les niveaux d'humidité des sols les plus faibles jamais mesurés.

Toutefois, 2022 conserve ses records dans le Gers, le Tarn-et-Garonne et plusieurs départements situés entre les Alpes et la vallée du Rhône.

Dans une grande partie de l'Ouest et du Nord, c'est encore la sécheresse de 1976 qui fait référence, notamment en Bretagne, Loire-Atlantique et jusqu'aux Hauts-de-France.

Mais 2026 a également battu des records absolus dans la Manche, l'Orne et l'ouest de l'Île-de-France.

La particularité de cette année réside donc dans l'étendue géographique des records, qui ne se limitent pas aux régions habituellement les plus exposées.

 

 

Septembre 2026 : 70 % de pluie en moins !

 

Ces records trouvent notamment leur origine dans un mois de septembre exceptionnellement sec.

À l'échelle nationale, il n'est tombé que 21 mm de pluie en moyenne, soit un déficit de 70 % par rapport à la période 1991-2020.

Septembre 2026 devient ainsi le troisième mois de septembre le moins pluvieux depuis 1959.

Les déficits atteignent des proportions spectaculaires dans plusieurs régions :

  • 90 % de pluie en moins dans le Grand Est et dans l'Ain ;

  • 85 % en Bourgogne-Franche-Comté ;

  • 98 % en Corse-du-Sud.

Certaines villes ont pratiquement traversé tout le mois sans pluie : 0 mm à Nice, 2,8 mm à Nancy et 3,8 mm à Dijon, des records mensuels pour ces stations.

La chaleur a aggravé le phénomène. Avec une température moyenne supérieure de 3,1 °C à la normale, septembre 2026 se classe au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds depuis 1900.

L'association d'une chaleur persistante et d'une absence presque totale de précipitations a favorisé l'assèchement continu des terres.

 

 

En septembre 2026, le déficit pluviométrique atteint 70 % en moyenne en France et dépasse localement 90 %. Les régions méditerranéennes présentent de forts contrastes. Source : Météo-France

 

 

Des pluies diluviennes qui contrastent avec la sécheresse

 

Paradoxalement, certaines régions ont connu des pluies exceptionnellement abondantes en fin de mois.

Dans l'Hérault et le Gard, l'épisode méditerranéen des 29 et 30 septembre a provoqué des cumuls considérables.

Météo-France relève notamment 271,5 mm à Prades-le-Lez et 343,6 mm à Saint-Hippolyte-du-Fort sur l'ensemble du mois.

Ces pluies ont localement représenté jusqu'à trois fois les quantités habituelles de septembre.

Pourtant, quelques dizaines ou centaines de kilomètres plus loin, certaines stations n'ont pratiquement reçu aucune précipitation.

Cette opposition illustre une difficulté majeure : des épisodes très intenses peuvent améliorer rapidement l'humidité des sols à l'échelle locale, sans compenser le déficit accumulé sur l'ensemble du territoire.

En outre, lorsqu'elles tombent brutalement, les précipitations peuvent provoquer un ruissellement important plutôt qu'une infiltration régulière.

 

 

Un début d'année hydrologique très inquiétant

 

Une autre donnée du bulletin mérite une attention particulière : les précipitations dites « efficaces ».

Il s'agit de la différence entre les précipitations reçues et l'eau perdue par évapotranspiration. Ce bilan permet d'évaluer l'eau disponible pour humidifier les sols et alimenter les écoulements.

Or, en septembre, cet indicateur a atteint -6 mm en moyenne nationale, soit 35 mm de moins que la normale.

Autrement dit, les pertes d'eau par évapotranspiration ont dépassé les apports pluvieux.

Sur la majeure partie de la France, le déficit de précipitations efficaces a dépassé 75 %.

Ce constat est d'autant plus important que septembre marque le début de l'année hydrologique, période pendant laquelle les réserves en eau doivent progressivement commencer à se reconstituer.

 

Les précipitations efficaces, indispensables à la reconstitution des réserves en eau, sont très déficitaires sur la majeure partie du territoire. Source : Météo-France

 

L'automne pourra-t-il inverser la tendance ?

 

Les précipitations parfois abondantes du début octobre ont permis une amélioration dans plusieurs régions. Mais après une sécheresse aussi longue et généralisée, quelques épisodes pluvieux ne suffisent pas à rétablir partout la situation.

D'autant que le retour des hautes pressions devrait limiter les précipitations durant une grande partie de la semaine du 12 au 18 octobre.

La seconde moitié du mois demeure plus incertaine, avec la possibilité d'un retour des perturbations atlantiques durant la dernière décade.

Une succession de pluies régulières serait particulièrement bénéfique, car l'automne et l'hiver constituent normalement les principales périodes de recharge des réserves souterraines.

Les tendances saisonnières de Météo-France pour octobre à décembre privilégient d'ailleurs un trimestre plus humide que la normale sur une grande partie du pays, sans garantie pour chaque mois.

L'enjeu des prochaines semaines sera donc majeur : après une sécheresse historique, la France aura besoin de précipitations suffisamment régulières pour reconstituer progressivement ses réserves avant le printemps 2027.

 

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Cet article a été inspiré du Bulletin Météo-France de situation hydrologique Septembre 2026

 

Guillaume Séchet

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris