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Jusqu’à 37°C en septembre : cette vague de chaleur avait sidéré la France

Jusqu’à 37°C : l’incroyable chaleur de septembre 1895

36,2°C à Paris, 37°C à Auxerre, 36°C à Rennes et près de sept semaines sans véritable pluie dans la capitale : en septembre 1895, la France avait connu une vague de chaleur aussi spectaculaire qu’oubliée.

 

Jusqu’à 37°C en France en plein mois de septembre

Alors que l’été semblait terminé, une chaleur exceptionnelle envahit une grande partie de la France au début du mois de septembre 1895.

Entre le 2 et le 9 septembre, les températures atteignent des niveaux remarquables pour la saison : jusqu’à 37°C à Auxerre, 36°C à Rennes et Limoges, 35°C à Orléans et encore 31°C jusqu’à Brest.

Paris est également frappée de plein fouet. À la station de Montsouris, on relève 35,5°C le 3 septembre puis 36,2°C le 7 septembre. Plus étonnant encore, la moyenne des températures maximales atteint environ 28°C sur l’ensemble du mois, un niveau digne d’un véritable mois d’été.

 

 

À Paris, la température atteint 35,5°C le 3 septembre puis 36,2°C le 7 septembre 1895. La chaleur reviendra encore à la fin du mois.

 

Une chaleur exceptionnelle qui dure presque tout le mois

Après une baisse temporaire des températures à la mi-septembre, la chaleur revient durant la dernière décade.

À Paris, le thermomètre remonte encore au-dessus de 32°C autour des 24 et 27 septembre, à une période où les premières fraîcheurs automnales commencent normalement à s’installer.

Dans le Sud-Ouest, l’épisode est encore plus spectaculaire. À Bordeaux, la moyenne des températures maximales atteint 30,0°C sur l’ensemble du mois de septembre. Plusieurs journées approchent 35°C au début du mois et il fait encore plus de 30°C dans les derniers jours.

 

À Bordeaux, septembre 1895 conserve des allures de plein été, avec une moyenne des températures maximales atteignant 30°C.

 

À Paris, la presse évoque des « terribles chaleurs »

Les journaux de l’époque témoignent de la violence ressentie de cet épisode.

Une chronique parisienne écrit notamment :

« Les terribles chaleurs sont arrivées quand on ne les redoutait plus, c’est-à-dire en septembre. »

Les illustrations publiées à l’époque montrent également des Parisiens accablés par la chaleur, cherchant l’ombre et la fraîcheur dans des rues parfois désertées.

Ces témoignages sont d’autant plus marquants qu’ils datent d’il y a plus de 130 ans.

 

« Le boulevard un dimanche pendant les chaleurs ». Une illustration saisissante de Paris durant la vague de chaleur de septembre 1895.

 

La presse parisienne évoque alors de « terribles chaleurs » survenues au moment où l’on pensait l’été terminé.

 

Une sécheresse également historique

La chaleur s’accompagne d’une sécheresse exceptionnelle.

À Paris, aucune pluie significative n’est observée du 14 août au 1er octobre. À Toulouse, la période sèche se prolonge du 8 août au 29 septembre.

Le Bulletin du Bureau central météorologique de France souligne lui aussi la persistance remarquable des hautes pressions et le manque presque total de précipitations.

La chaleur et la sécheresse finissent même par provoquer des difficultés d’approvisionnement en eau dans la capitale.

 

Peut-on comparer les températures de 1895 à celles d’aujourd’hui ?

Une précaution reste néanmoins nécessaire.

Les méthodes de mesure ont évolué depuis la fin du XIXe siècle. Les anciens abris météorologiques pouvaient parfois conduire à une légère surestimation des températures maximales par rapport aux standards actuels.

Le 36,2°C mesuré à Paris-Montsouris en 1895 doit donc être interprété avec cette réserve.

Cela ne change toutefois pas le caractère remarquable de l’épisode : fortes chaleurs répétées, températures supérieures à 35°C dans plusieurs régions et sécheresse exceptionnelle durant plusieurs semaines.

Septembre 1895 rappelle ainsi qu’une vague de chaleur très tardive était déjà possible il y a plus d’un siècle, même si le contexte climatique actuel rend désormais les épisodes de fortes chaleurs plus fréquents et plus intenses.

 

Un scénario qui rappelle, sans l’égaler, l’épisode de 1895

Cette référence historique trouve d’ailleurs un écho très concret dans les prévisions actuelles.

Selon la carte du modèle ECMWF pour le samedi 5 septembre 2026, une nouvelle poussée de chaleur pourrait concerner une grande partie du pays. Les températures maximales atteindraient fréquemment 30 à 34°C sur de nombreuses régions, y compris vers le Bassin parisien, tandis que les valeurs les plus élevées se concentreraient plus au sud et au sud-ouest avec 35 à 40°C possibles.

Autrement dit, la France pourrait de nouveau connaître une chaleur très marquée pour un début septembre, dans un contexte rappelant par certains aspects l’épisode de 1895. Paris ne devrait pas approcher les 36°C observés à Montsouris il y a plus de 130 ans, mais la perspective de franchir à nouveau le seuil des 30°C en cette période de l’année illustre bien la répétition désormais fréquente de ces épisodes tardifs.

La comparaison est donc intéressante : ce qui apparaissait comme exceptionnel en 1895 tend aujourd’hui à se reproduire beaucoup plus régulièrement. Même si les prévisions pour les prochains jours ne suggèrent pas, à ce stade, de températures supérieures à 35°C à Paris, elles confirment en revanche qu’une chaleur très anormale pour la saison reste possible dès le début du mois de septembre.

 

Les prévisions pour le 5 septembre 2026 montrent une nouvelle poussée de chaleur sur la France, avec souvent plus de 30°C et jusqu’à 35 à 40°C dans le Sud-Ouest. Un épisode qui rappelle, sans l’égaler à Paris, la chaleur exceptionnelle de septembre 1895.

 

D'ailleurs, les prévisions prévisions météo pour les prochains jours, confirme que ce type de chaleur devient quasiment la norme, même si pour le moment, les modèles météo n'indiquent pas de température supérieures à 35° à Paris à la mi-septembre. 

 

Auteur :  Guillaume Séchet >>>

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris