Ile-de-France

Climat de l'Île-de-France

Lorsqu'on le compare aux autres climats français, le climat de l'Ile-de-France est caractérisé par une certaine modération, pratiquement dans tous les domaines.

L'Ile-de-France se trouve en effet dans un bassin, en limite des influences océaniques, à l'ouest et continentales, à l'est. On rencontre donc les deux types de temps mais l'influence océanique a tendance à prendre le dessus. Les deux étant alternées.

Tableau récapitulatif du climat parisien (station météo de Paris-Montsouris - moyennes 1951-1980)

  moyenne J F M A M J Jt A S O N D
T°mini °C 8°0 2 2 4 7 10 13 15 15 12 9 5 3
T°maxi °C 15°0 6 8 11 15 19 22 24 23 21 16 10 7
Record froid °C  depuis 1961 -14 -15 -9 -2 2 4 9 8 3 -3 -4 -11
Record chaud °C 15 21 26 29 33 35 35 40 33 28 21 17
Soleil - h/jr 4h55 1h55 3h 4h35 6h10 6h55 7h35 7h40 7h10 6h10 4h15 2h20 1h40
Soleil - part dans une journée 39% 23% 30% 39% 45% 46% 48% 49% 51% 50% 40% 26% 20%
Pluie - mm 630 mm 50 50 50 40 60 60 60 50 50 50 60 50
Nombre de jours gelées 32 jours 10 7 4 - - - - - - - 3 8
T°>25° 34 jours - - - - 3 7 10 9 4 1 - -
grisaille 58 jours 11 7 5 2 2 1 1 1 1 5 9 13
pluie 170 jours 17 15 15 14 14 12 12 13 13 13 10 10
forte pluie 42 jours 4 4 3 3 4 3 3 4 3 3 4 4
neige 15 jours 4 4 3 1 - - - - - - 1 2
brouillard 24 jours 4 4 2 1 - - - - 1 4 4 4
vent fort 41 jours 5 4 5 5 3 2 2 1 2 2 5 5

Les températures

Tableau des moyennes de températures minimales et maximales mensuelles pour 27 villes d'Ile-de-France

 

Les records du mois d'août 2003

Notez que de nombreux records de chaleur datant de 1947, ont été battu en août 2003. Il a fait par exemple 42º5 à St Maur (94), 41º0 à Maule (78), 40º2 au Bourget (93), 40º0 à Orly (94)...mais seulement 39º5 à Paris-Montsouris, à cause de l'arrosage quotidien (il avait fait 40º4 en 1947).

 

Températures moyennes annuelles

La carte des températures moyennes annuelles met très bien en valeur l'îlot de chaleur produit par l'agglomération parisienne et provoqué par l'omniprésence des surfaces bétonnées, des chauffages urbains, de l'asphalte...etc. La différence entre le centre de Paris (la station météo de République peut-être considérée comme étant le centre de l'îlot de chaleur) et la lointaine banlieue (Trappes ou Toussus-le-Noble) dépasse 2°5 en moyenne annuelle, ce qui est considérable.

Comme l'indique le graphique ci-dessous, le phénomène a tendance à s'accentuer au file des années, même si le réchauffement climatique général y est sans doute pour quelque chose à partir des années 80. La différence de température avec la banlieue et surtout la campagne, est notamment sensible en fin de nuit. Lorsque le vent est faible et que la nuit a été étoilée, elle peut atteindre 7 à 8°! En revanche, elle ne dépasse généralement pas 2 à 3° l'après-midi.

Extraits du livre "Techniguide de la météo" - J.L Vallée - éditions Nathan

 

Les gelées

L'effet de l'îlot de chaleur parisien a bien entendu une conséquence sur le nombre moyen de jours de gel par an (carte ci-dessous). S'il ne gèle pas plus de 15 jours par an à la Tour-St-Jacques (probablement 5 à 10 jours à République), on dépasse les 40 jours en grande banlieue, sur une zone au-delà de 30 à 40 km du centre de la capitale.

A Paris-Montsouris, le nombre de jours de gel par an observe une diminution constante depuis le début du 20 eme siècle (voir graphique ci-dessous), même s'il a tendance à se stabiliser depuis environ 1975.

L'effet du gel à -18° sur des Lauriers - Les Clayes-sous-Bois (78) - janvier 1985

Extraits du livre "Techniguide de la météo" - J.L Vallée - éditions Nathan

 

 

L'ensoleillement

Si on la compare à d'autres régions de France, l'IDF n'est pas une région très ensoleillée. Si le soleil brille environ 1700 h par an, la moyenne nationale est d'environ 1850 h. En revanche, le soleil est plus généreux qu'en Haute-Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Ardennes, Lorraine et Alsace où la moyenne est de l'ordre de 1650 h. Le minimum d'ensoleillement est observé en décembre, à la fois parce que les journées sont courtes mais également très grises - la part de l'ensoleillement n'est en effet que de 20 % et le nombre de jours où le ciel reste totalement couvert s'élève à 13. Le mois le plus ensoleillé est août avec 51 % de part de soleil en moyenne sur une journée et seulement un jour de ciel couvert en permanence.

 

Durée moyenne (en heures) - moyenne sur la période 1971 - 1980 - souce : Météo-France

Villes J F M A M J Jt A S O N D Année
Paris-Montsouris (75) 57 79 136 178 201 215 234 239 195 134 81 55 1803
Le Bourget (93) 56 79 134 180 199 220 232 235 183 130 77 54 1778
Villacoublay (78) 53 74 130 171 193 212 229 232 182 126 76 51 1729
Versailles (78) 48 73 131 171 190 209 225 228 184 125 76 51 1713
Trappes (78) 49 71 130 167 189 205 219 226 184 128 75 48 1691
Gometz-le-Chatel (91) 51 74 135 166 191 208 223 220 184 122 72 50 1695

Les informations du tableau présenté ci-dessus doivent être prises avec précaution car il ne s'agit que d'une moyenne effectuée sur 10 ans et depuis, les mesures se sont améliorées. Cependant, on voit assez bien l'influence de l'îlot de chaleur parisien caractérisé par un nombre d'heures d'ensoleillement supérieur à la zone péri-urbaine. Ceci s'explique par le fait que les brouillards sont moins nombreux dans Paris et le nombre de jours de grisaille liée à la persistance de conditions anticycloniques diminue au fure et à mesure que l'on s'approche du coeur de la capitale (voir la carte ci-dessous).

 

Le brouillard

Contrairement à ce qui était observé ne serait-ce qu'il y a quelques décennies (voir le graphique ci-dessous), le brouillard est pratiquement inexistant dans le centre de Paris. En revanche, il est très fréquent sur les plateaux environnants comme par exemple à St-Quentin-en-Yvelines (située aux abords de la bulle de chaleur parisienne et à 160 m d'altitude). L'îlot de chaleur provoqué par l'agglomération parisienne joue un rôle prépondérant car il empêche le brouillard d'atteindre le sol. On remarque également qu'en raison des vents d'ouest dominants, l'effet protecteur de l'îlot de chaleur parisien s'étend assez loin vers l'est.

 

Brouillard d'évaporation en mars - Yvelines

Extraits du livre "Techniguide de la météo" - J.L Vallée - éditions Nathan

 

Les précipitations

Ceci peut paraître assez paradoxale mais l'Ile-de-France est l'une des régions les plus sèche de France; du moins si l'on tient compte de la quantité de précipitations qui tombe sur l'ensemble d'une année (600 mm d'eau par an à Paris alors que la moyenne nationale est d'environ 750 mm). Le nombre moyen de jours de pluie ou de neige est en revanche beaucoup plus important et au-dessus de la moyenne nationale et oscille entre 160 et 170 par an, ce qui représente en moyenne un jour sur deux...

 

Tableau des moyennes mensuelles des précipitations pour 39 villes d'Ile-de-France

Paris sous la pluie - 1929

Paris, après une averse tropicale - 13 juin 1999

Hauteurs moyennes annuelles de précipitations en mm, sur l'ensemble de l'Ile-de-France
 
Hauteurs moyennes annuelles de précipitations en mm, dans Paris

Carte extraite du livre "Météo de la France" - J.Kessler et A.Chambraud - éditions JCLattés

 

A propos des inondations de 1910, voici une vidéo sur conditions nécessaires à ce type de phénomène.

 

Les orages et l'intensité de la pluie

Comme il a déjà été mentionné précédemment, l'IDF est une région assez pluvieuse car la pluie y est fréquente - en revanche, ces pluies sont rarement de forte intensité. En période chaude, les orages peuvent toutefois s'avérer très violents car les vastes plaines céréalières qui caractérisent la région, favorisent les conflits de masses d'air. Les mois les plus orageux sont juin, juillet et août mais des orages peuvent se produirent en toute saison, même en hiver (1 fois tous les 5 à 10 ans). Les orages d'hiver n'ont rien à voir avec les orages d'été car l'intensité des précipitations ainsi que l'activité éléctrique sont généralement beaucoup plus faibles.

Violent orage sur Beynes (78) - 05.06.1985

Tourbillons nuageux à proximité d'un très violent orage sur Villacoublay - 04.06.1984

 

Nombre moyen de jours d'orage (période 1951-1980)

J
F
M
A
M
J
Jt
A
S
O
N
D
année
Le Bourget
0,2
0,4
0,6
1,5
3,8
4,3
3,9
3,6
2,0
0,7
0,3
0,1
21,4
Paris-Montsouris
0,4
0,3
0,7
1,5
2,9
3,0
3,1
3,5
1,4
0,8
0,3
0,2
18,1
Orly
0,1
0,1
0,4
1,3
3,0
2,9
3,5
3,3
1,6
0,7
0,4
0,1
17,5

 

Hauteurs d'eau par rapport aux intervalles de temps et aus durées de retour (5 - 10 - 25 - 50 et 100 ans) - Station météo de Paris-Montsouris

intervalles de temps / périodes de retour
5 ans
10 ans
25 ans
50 ans
100 ans
1 minute
2,9 mm
3,5 mm
4,2 mm
4,7 mm
5,2 mm
5 minutes
11,2 mm
12,5 mm
14,0 mm
15,2 mm
16,3 mm
10 minutes
16,6 mm
19,0 mm
22,1 mm
24,4 mm
26,6 mm
15 minutes
20,5 mm
24,0 mm
28,6 mm
32,0 mm
35,6 mm
30 minutes
25,8 mm
32,2 mm
40,5 mm
46,5 mm
52,7 mm
1 heure
27,9 mm
38,2 mm
51,2 mm
61,0 mm
70,1 mm
2 heures
31,1 mm
42,2 mm
57,2 mm
68,4 mm
79,5 mm
3 heures
33,0 mm
44,6 mm
59,1 mm
70,0 mm
81,2 mm
24 heures
43,0 mm
60,0 mm
81,3 mm
96,9 mm
113,0 mm

 

La neige

Si le nombre de jours où l'on peut observer de la neige n'est pas très élevé, il varie beaucoup d'une région à l'autre, à cause de l'îlot de chaleur parisien mais également du fait que la région est située en limite des influences continentales déjà perceptibles en Seine-et-Marne. L'est de ce département reçoit en effet davantage de neige que le département des Yvelines. On observe également une grande différence entre le centre de Paris où la neige ne tient que très rarement au sol, et le plateau de St-Quentin en Yvelines (160 m d'altitude) où la couche peut dépasser les 5 cm pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines d'affilée. Concernant la répartition dans le temps, elle est assez étalée car il peut neiger de la fin octobre (et même le 13 octobre 1975) à la mi-mai (la date la plus tardive étant à priori le 18 mai 1935). Vous pouvez retrouver tous ces phénomènes dans l'almanach illustré ou dans la chronique depuis 1850. Ces rubriques sont une exclusivité meteo-paris.com.

40 cm de neige à Paris en mars 1946 !

Neige tardive du 14.04.1999 sur le plateau de l'Hautil (Cergy - 95) - auteur: F.Dissard

Les Clayes-sous-Bois (78) sous 20 cm de neige - janvier 1987  

 

Nombre moyen de jours de neige (au moins un flocon - période 1951-1980)

J
F
M
A
M
J
Jt
A
S
O
N
D
année
Le Bourget
4,8
4,4
2,8
0,5
-
- - - - -
1,1
2,6
21,4
Paris-Montsouris
4,4
3,8
2,6
0,8
-
- - - - -
1,3
2,4
18,1
Orly
4,7
3,7
2,7
0,6
-
- - - - -
1,3
3,0
17,5

 

épaisseur de neige
période moyenne de retour
13 cm
5 ans
16 cm
10 ans
20 cm
25 ans
25 cm
50 ans
30 cm
100 ans

 

 

Le vent

L'IDF n'est pas réputée pour être une région très ventueuse. Toutefois, la quasi absence de reliefs et sa position assez proche des influences maritimes l'expose à un certain nombre de phénomènes violents. De fortes rafales de vent peuvent être observées en toutes saisons, notamment au passage de profondes dépressions sur les Iles-britanniques, la mer du nord et le Bénélux, entre le mois d'octobre et le mois de mars. Les orages peuvent également occasionner de puissantes rafales, notamment en saison chaude. L'IDF est d'ailleurs l'une des régions où les tornades sont les plus fréquentes car les vastes plaines céréalières favorisent les conflits de masses d'air. On peut par exemple citer la tornade du 10 septembre 1896, celle du 10 juin 1926, du 8 octobre 1929...Vous pouvez retrouver tous ces phénomènes dans l'almanach illustré ou dans la chronique depuis 1850. Ces rubriques sont une exclusivité meteo-paris.com. D'une façon générale, les vents les plus forts ont été mesuré lors de la tempête du 26 décembre 1999. Cet évènement a beaucoup marqué les franciliens et l'impacte qu'elle a laissé sur la forêt de la région est énorme.

Les ravages d'une tornade près de Montfort-l'Amaury (78) - 22.08.1991

Tourbillon de poussière - Les Clays-sous-Bois (78) - 26.04.1985

Ravages de la tempête du 26.12.1999 aux Clayes-sous-Bois (vents à plus de 170 km/h)

Les ravages d'une tornade près de Montfort-l'Amaury (78) - 22.08.1991

Rafales maximales de vent (km/h) et années auxquelles ont eu lieu ces rafales

J
F
M
A
M
J
Jt
A
S
O
N
D
année
Brétigny-sur-Orge
122 158 104 144 97 86 104 133 94 101 108 158 158
1990 1990 1988 1985 2002 1999 1988 1994 2002 1987 1991 1999 1999
Orly
112 130 97 104 94 140 126 140 90 119 108 173 173
2003 1990 1982 1985 1994 1990 1988 1999 2002 1988 1983 1999 1999
Le Bourget
137 130 115 94 112 122 101 104 90 108 122 148 148
1990 1990 1986 2000 1999 1991 1984 2001 2002 2000 1984 1999 1999
Paris-Montsouris 115 115 101 94 83 86 122 79 86 119 104 169 169
1990 1990 1988 1994 1983 1991 1982 2001 2002 2000 1984 1999 1999
Villacoublay 104 126 104 108 76 112 115 79 90 108 104 151 151
2003 1990 1987 1985 2000 1991 1989 1995 1995 1987 1983 1999 1999
Trappes 101 119 94 86 86 97 83 79 86 101 115 133 133
1984 1990 1998 1986 1997 1991 1992 1995 1995 1987 1984 1999 1999
Vitesse du vent
période moyenne de retour
119 km/h
5 ans
126 km/h
10 ans
140 km/h
25 ans
151 km/h
50 ans

 

Les vents dominants soufflent du sud-ouest (surtout en hiver et en automne). Les vents du nord-est (bise) sont également assez fréquents (notamment en hiver et en été). En revanche les vents ne viennent que très rarement du sud-est. Il ne s'agit bien souvent que de phases très temporaires (avant une perturbation).