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Conséquences de la chaleur de cette semaine sur la sécheresse actuelle

lundi 9 mai 2022

Une sécheresse de plus en plus marquée avant le retour de la chaleur :

 

 

Le manque de pluie se montre particulièrement important ces derniers mois sur la France avec un déficit de précipitations de plus en plus marqué. Depuis le début d'année 2022, les pluies ont en effet été déficitaires de près de -35% sur la France et le mois d'avril s'est de nouveau achevé avec un déficit pluviométrique de -25% à l'échelle du pays.

En conséquence, les sols se montrent de plus en plus secs à l'approche de la saison chaude avec un indice d'humidité des sols inférieur de 30 à 50% à la normale du Sud-Est au Centre-Ouest et au Nord. Ce déficit atteint même localement moins de 30-70% sur le Massif Central, la Vendée et les littoraux de la Côte d'Azur.

 

Écart à la moyenne de l'indice d'humidité des sols en France au 4 mai 2022 – Météo-France

 

 

Alors que le temps globalement sec persiste une nouvelle fois cette semaine, notamment au Nord du pays, les premières chaleurs estivales vont également être observées dans les prochains jours avec la remontée d'air subtropical par la péninsule ibérique.

 

Animation des températures à 850 hPa sur l'Ouest de l'Europe du lundi 9 au vendredi 13 mai 2022 – Modèle GFS va WX CHARTS

 

 

Ainsi, les températures vont retrouver des niveaux quasi estivaux voire estivaux sur de nombreuses régions dans les prochains jours, notamment sur le Sud du pays.

 

Températures maximales prévues du lundi 9 au jeudi 12 mai 2022 - Météo-Villes

 

Si les premières sensations d'été feront plaisir à certains, la hausse des températures sera néanmoins loin d'être bénéfique pour la nature qui continue de s'assécher inexorablement.

 

 

Comment la chaleur accentue-t-elle la sécheresse des sols ?

 

 

Jusqu'au début du mois de mai, les coups de chaud sont restés absents ou globalement très limités, c'est véritablement la première fois de l'année que les 30°C seront approchés ou même dépassés sur de larges secteurs français. L'absence de chaleur limite l'évaporation des sols et de la végétation entre l'hiver et le printemps et l'absence de précipitation joue un rôle largement majoritaire dans leur assèchement.

 

Avec la chaleur, la situation change puisque le phénomène d'évaporation s'accentue, en effet, plus l'énergie solaire et thermique sont importantes, plus l'évaporation de l'humidité près du sol l'est également. La chaleur des prochains jours va donc accentuer cette sécheresse des sols d'autant que le risque de précipitation reste assez faible, surtout sur le Nord du pays (on surveillera un risque d'averses et orages entre le Sud-Ouest et le Nord-Est à partir du milieu de semaine).

 

Accumulations de précipitations envisagées jusqu'au dimanche 15 mai 2022 sur la France – Modèle GFS via WX CHARTS

 

 

Les mois d'avril et mai sont également synonyme d'éveil de la végétation. Or, la plante a besoin d'une ressource en eau importante pour bien entamer sa croissance comme c'est le cas actuellement. Les pluies étant globalement peu marquées voire absentes depuis plusieurs semaines, ce sont les ressources en eau souterraine qui sont donc les plus utilisées par la végétation, accentuant donc la sécheresse agricole.

 

L'eau puisée par la plante est ensuite transpirée par ses ports, transpiration une nouvelle fois accentuée par l'effet de la chaleur, on parle alors d'évapotranspiration.

 

Le cycle de l'eau et les phénomènes d'évaporation et d'évapotranspiration – Futura-Sciences

 

 

Ainsi, l'arrivée des premières fortes chaleurs, coïncidant avec le développement printanier de la végétation, devrait engendrer une accentuation assez nette de la sécheresse sur une large partie de la France, notamment au Nord où les précipitations devraient rester absentes ou très limitées.

 



Évolution de l'intensité de la sécheresse sur la France entre le lundi 9 et le dimanche 15 mai 2022 – Via Windy.com

 

Cette sécheresse s'annonce donc de plus en plus importante sur notre pays, notamment grâce au retour des fortes chaleurs mais également en raison des conditions globalement sèches et anticycloniques persistant depuis plusieurs semaines. Si les quelques orages pourront limiter cette sécheresse des sols sur le Sud, c'est notamment au Nord que la situation va continuer de s'aggraver, d'autant plus si la chaleur s'installe durablement.

 

 

Sécheresse marquée au printemps, quelles conséquences pour la suite ?

 

Si l'été est la saison la plus sèche sur la France, l'automne, l'hiver et le début du printemps marquent en général la saison de recharge pour nos ressources en eau souterraines. Durant cette période, les nappes phréatiques retrouvent des niveaux satisfaisants après un été globalement sec, permettant ensuite d'entamer l'été suivant dans de meilleures conditions et de limiter le risque de sécheresse.

 

Évolution des saisons de recharge et de vidange au fil des mois - Emeline Gaube

 

 

Or, la saison de recharge 2021/2022 s'est montrée globalement déficitaire sur la France avec 8 des 9 derniers mois présentant des précipitations inférieures aux normales. De ce fait, la sécheresse est déjà marquée sur de nombreuses régions et va encore s'accentuer dans les prochains jours avec les fortes chaleurs.

 

Les premières conséquences devraient être visibles sur la végétation, les ressources en eau souterraine sont déjà déficitaires et les cultures semées au printemps souffrent déjà du manque d'eau alors que la situation va encore empirer. Les betteraves, tournesols, maïs ou encore les blés risquent de ce fait de présenter un faible rendement lors des moissons estivales.

 

Les sols sont particulièrement secs en ce début mai 2022 sur le Nord-Pas-de-Calais et les cultures souffrent – Via BFMTV Lille

 

 

Une situation similaire avait été observée au printemps 1976 qui s'était montré comme le plus sec depuis au moins 100 ans après une période septembre 1975/mai 1976 relevant moins de 25% de pluies efficaces au Nord de la Loire. Les premières chaleurs de mai (déjà plus de 30°C sur le Nord entre le 7 et le 9) avaient considérablement aggravé la sécheresse déjà marquée en début de mois.

 

Sols particulièrement secs après une fin de printemps très chaudes dans les Côtes d'Armor en 1976 – Météo-Villes

 

Une telle situation au mois de mai et donc problématique si le temps n'évolue pas dans les prochaines semaines (ce qui ne semble pas à l'ordre du jour) avec des conséquences probablement très notables sur l'agriculture française.

 

Les conséquences pourront également être importantes sur la consommation d'eau potable, les ressources en eau étant déjà basses et cette baisse s'accentuant encore dans les prochains jours. Des restrictions d'eau sont déjà en vigueur sur de nombreux secteurs du Centre-Ouest, de la vallée du Rhône et du Sud-Ouest en ce 9 mai 2022.

 

Restriction d'eau sur la France ce 9 mai 2022 – Propluvia

 

Là encore, ce type de situation avait pu être observé durant l'été 1976 avec certaines communes du Nord du pays manquant cruellement d'eau, parfois durant plusieurs jours. En juin 1976, le village de Saint-Marc en Seine-et-Marne avait été complètement privé d'eau durant plus de 48h.

 

Les habitants de Saint-Marc réclamant de l'eau à la mi-juin 1976 – Météo-Villes

 

Au début de l'été 1957, le temps sec et les fortes chaleurs faisant suite à la sécheresse marquée du printemps avaient également engendré de nombreuses pénuries d'eau dans la banlieue parisienne où la situation avait obligé les autorités à mettre en place des approvisionnement supplémentaires.

 

Approvisionnement en eau dans la région parisienne en juillet 1957 – Météo-Villes

 

 

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