En pleine nuit, la température bondit de 22 à 37°C !

C'est un phénomène méconnu et surprenant : le heat-burst peut parfois causer une brutale augmentation de la température de 15°C en pleine nuit ! On observe aussi des vents violents et un effondrement de l'humidité. Comment l'expliquer ?
Qu'est-ce qu'un "heat-burst" ?
Le heat-burst est un phénomène assez rare qui survient à proximité immédiate d'un orage en fin de vie. Lorsque les pluies s'évaporent dans l'air et n'atteignent plus le sol, elle refroidissent l'air environnant qui devient plus dense. Il peut alors arriver qu'il plonge soudainement vers le sol.
En se comprimant lors de sa descente, l'air subit un assèchement et un réchauffement très rapides. Cela peut causer de violentes rafales descendantes, qui peuvent parfois dépasser les 100 km/h ! Le plus souvent, il intervient tard le soir ou en pleine nuit, lorsque l'instabilité décline et que les orages meurent.
Mais le fait le plus marquant réside dans l'envolée brutale des températures, associée à une chute vertigineuse du taux d'humidité. On peut parfois gagner 15°C en quelques minutes ! Cela peut être déconcertant puisque l'on peut passer soudainement d'une petite fraîcheur à un air très chaud et très sec comme en plein désert !

Schéma montrant le mécanisme d'un "heat-burst"
Il y a 4 ans, la France était au début d'une canicule précoce. Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 juin 2022 s'était produit l'un des phénomènes de "heat-burst" les plus impressionnants observés dans notre pays. Il avait concerné le Cap Béar dans les Pyrénées-Orientales.
Peu après 2 heures du matin, à proximité d'un orage en fin de vie, une rafale à 157 km/h a été enregistrée et la température a bondi à 37,0°C - battant le record mensuel de chaleur de la station en plein cœur de la nuit ! La température est ensuite redescendue rapidement et le vent s'est calmé.
La particularité de ce phénomène de "heat-burst" est sa faible temporalité. S'il est particulièrement impressionnant, le pic de chaleur dure rarement plus d'une heure puisqu'il dépend directement de la fin de vie de l'orage. La température redescend alors rapidement ensuite.

Heat-burst au Cap Béar (66) dans la nuit du 14 au 15 juin 2022 - graphiques meteociel.fr
La canicule peut favoriser le heat-burst
Le phénomène de heat-burst est plus fréquent en période de canicule, tout simplement car il nécessite la présence d'une masse d'air suffisamment chaude et sèche afin de causer l'évaporation des précipitations lorsque l'orage arrive en fin de vie.
Si l'air est trop humide et/ou que la température n'est pas assez élevée, l'évaporation des précipitations générées par l'orage en fin de vie ne sera pas suffisante à la mise en place de ce phénomène. C'est la raison pour laquelle le heat-burst est essentiellement un phénomène d'été, plus fréquent durant les canicules.
D'ailleurs, la configuration actuelle est plutôt propice à ce phénomène avec des orages locaux, se formant au sein d'une masse d'air surchauffée. Dans les prochains jours, il ne sera pas impossible d'observer un phénomène de heat-burst local en cas d'orages nocturnes. Bien entendu, ces phénomènes sont très locaux et imprévisibles.

Les orages isolés par temps de canicule sont propices au "heat-burst"
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Auteur : Alexandre Slowik

