Sécheresse : l’été 2026 rejoint déjà les pires années de l’histoire

La sécheresse atteint des niveaux de plus en plus inquiétants en France. Avec l'enchaînement d'épisodes de canicule et le manque durable de pluie, les sols sont totalement desséchés. On dépasse parfois la grande sécheresse de 1976.
La sécheresse devient historique
La situation est de plus en plus critique en France du point de vue de la sécheresse. Comme le montre le graphique ci-dessous, l'indice d'humidité des sols atteint des niveaux historiquement bas en ce début de mois d'août. En moyenne nationale, jamais les sols n'avaient été aussi secs dans le pays !
Comme le montre la prévision d'ici la fin août - qui apparaît en teintes bleues/violettes sur le graphique - nous allons probablement continuer de nous enfoncer encore plus bas. Les prévisions sèches et très chaudes vont conduire à amplifier encore un peu plus ce record de sécheresse.
Cette situation est d'autant plus remarquable que nous avions connu un hiver particulièrement humide. Au mois de février dernier, les sols étaient saturés en eau et nous battions des records ! Nous sommes véritablement passés d'un extrême à l'autre - du record humide au record de sécheresse - en moins de six mois.

Indice d'humidité des sols en France par rapport à la normale (2026 en rouge) - Météo France
Cette sécheresse concerne les sols de surface avec des terres agricoles desséchées dans de nombreuses régions. On peut aussi la remarquer très clairement en regardant le débit des cours d'eau. Même les plus grands fleuves du pays affichent des débits réduits en ce début août 2026.
Ce sont toutefois les petits cours d'eau qui payent le plus lourd tribut. En absence durable de précipitations et avec des températures remarquablement chaudes depuis la fin du mois de mai, de très nombreux cours d'eau ne coulent plus. Tous les points rouges sur la carte ci-dessous montre des cours d'eau dont le lit est asséché.
On constate que presque toute la France est concernée. Ces ruisseaux et rivières où l'eau ne coulent plus représente une problématique pour l'alimentation en eau (notamment dans les cultures) mais aussi une mortalité des espèces aquatiques, tant animales que végétales.

État d'écoulement des petits cours d'eau au 1er août 2026 - carte OFB, Olivier Debuf
D'ailleurs, cette problématique de sécheresse n'est pas qu'un problème français. De nombreux pays européens font face à des températures trop élevées et à un manque de pluie conséquent durant cet été 2026, ce qui affecte directement les cours d'eau, y compris les grands fleuves.
En France, le niveau de la Loire est particulièrement bas. En Allemagne, le niveau bas du Rhin impose une réduction de la cargaison des navires à 20% de leur capacité. En Italie, le Pô a atteint son niveau le plus bas jamais mesuré à Crémone. En Hongrie et en Roumanie, des réacteurs nucléaires ont dû être mis à l'arrêt à cause du faible débit du Danube.

Sécheresse et fleuves sous tension en Europe durant le mois de juillet 2026 - Courrier International
1976 ou 2026 : quelle année est la plus catastrophique ?
En terme de températures, cette saison chaude 2026 surclasse de très loin la saison chaude 1976. Nous avons déjà connu quatre canicules durant cet été, un fait absolument inédit. Si l'on considère la température moyenne mesurée entre le 15 mai et le 5 août, la différence est majeure.
En comparant les températures en France sur cette période de plus de deux mois et demi, la différence est de plus de 3°C entre 1976 et 2026 ! Du 15 mai au 5 août 2026, la température moyenne dans le pays fut de 19,61°C tandis qu'elle culmine à 23,04°C aux mêmes dates en cette année 2026 !
En terme de chaleur, il n'y a aucune comparaison possible entre 1976 et 2026. S'il est vrai que l'été 1976 fut chaud, il est à des années lumières de la chaleur étouffante et durable que la France subit durant cet infernal été 2026. L'évapotranspiration, induite par la chaleur et le taux d'humidité, a atteint des niveaux inédits cet été.

La chaleur est largement plus forte en cette année 2026 qu'elle ne le fut en 1976 - Météo Villes
Pour autant, le manque d'eau avait causé des problématiques plus importantes durant la grande sécheresse de 1976. La plus grande différence avec 2026 réside dans l'hiver qui avait précédé cette grande sécheresse. Comme nous l'avons vu, nous avons bénéficié d'un hiver très pluvieux cette année avec des sols saturés en eau au mois de février.
En 1976, la donne fut très différente. Le manque de pluie fut très important dès le mois de décembre 1975 et le printemps 1976 fut remarquablement secs. Le déficit pluviométrique s'était étalé durant neuf mois consécutifs, conduisant à une sécheresse aux graves conséquences.
La différence majeure avec 2026 réside dans les nappes phréatiques. Cette année, l'hiver très pluvieux a particulièrement bien rempli les nappes. Comme nous sommes partis de niveaux élevés au printemps, le niveau des nappes n'est pas encore catastrophique. En 1976, les nappes étaient déjà basses dès le début de l'année et les réserves en eau ont rapidement atteint des niveaux critiques.
Rapport à la normale des précipitations sur la France entre juillet 1975 et juin 1977 – Météo-France
Il faut donc différencier la sécheresse de surface, pour laquelle 2026 bat des records, et la sécheresse de profondeur, pour laquelle la situation était plus critique en 1976 qu'en 2026. Malgré tout, le niveau des nappes phréatiques baisse nettement en France ces derniers mois et la situation est loin d'être satisfaisante. Les restrictions d'usage de l'eau se multiplient et se renforcent aux quatre coins du pays.
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Auteur : Alexandre Slowik


