Juin 2026 pulvérise tous les records de chaleur en France
Juin 2026 pulvérise tous les records de chaleur en France
Après un début de mois encore perturbé et parfois frais, la France a basculé dans une chaleur historique à partir de la mi-juin. Avec une température moyenne nationale de 22,8 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale 1991-2020, juin 2026 devient le mois de juin le plus chaud jamais observé dans le pays. Cette chaleur exceptionnelle s’est accompagnée d’un important déficit pluviométrique, d’un ensoleillement très généreux et d’un assèchement rapide des sols.
Une spectaculaire envolée des températures après le 12 juin
L’indicateur thermique national met clairement en évidence les deux visages de ce mois de juin. Après des températures proches des normales, voire légèrement inférieures entre le 4 et le 12, une hausse très rapide s’est amorcée à partir du 13. La chaleur est devenue exceptionnelle entre le 21 et le 27 juin, lorsque l’indicateur thermique national a dépassé de 8 à 10 °C les valeurs habituelles. Les 24 et 25 juin, la température moyenne sur l’ensemble de la France a atteint pour la première fois 30 °C, dépassant les précédents records établis le 5 août 2003 et le 25 juillet 2019. Malgré une baisse sur l’ouest du pays en fin de mois, les températures sont restées très élevées dans l’Est jusqu’au 30 juin. La vague de chaleur, débutée le 17, aura ainsi duré 14 jours, avec une intensité supérieure à celle d’août 2003.

Évolution des températures quotidiennes en France durant juin 2026 et écart à la moyenne 1991-2020 - infoclimat.fr
Des températures anormalement élevées dans toute la France
La carte des températures moyennes montre que la chaleur n’a épargné aucune région. Les valeurs mensuelles ont généralement été comprises entre 20 et 24 °C, avec plus de 24 °C dans plusieurs secteurs du Sud-Ouest, du Centre et du pourtour méditerranéen. Les anomalies atteignent le plus souvent +2 à +5 °C, localement davantage du Poitou au centre du pays. Les températures maximales ont été particulièrement remarquables, avec une moyenne nationale mensuelle de 29,4 °C, supérieure de 5,2 °C à la normale. De nombreuses stations ont dépassé 40 °C entre le 22 et le 27 juin : 42,7 °C à Cognac, 42,5 °C à Bordeaux, 41,4 °C à Tours ou encore 40,3 °C à Alençon. Les nuits ont également été exceptionnellement chaudes, avec des minima records de 26,4 °C à Paris, 26,8 °C à Bordeaux et jusqu’à 27,2 °C à Nantes.

Température moyenne et écart à la normale 1991-2020 en mai 2026 - Météo France
Le mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures
La comparaison sur les cinquante dernières années souligne le caractère totalement hors norme de juin 2026. Avec un excédent thermique de +3,8 °C, ce mois devance désormais juin 2003, dont l’anomalie avait atteint environ +3,5 °C. Il surclasse également très nettement les mois de juin 2025, 2023, 2017 ou 2022. Cette évolution illustre aussi la forte multiplication des mois de juin chauds depuis le début des années 2000 : alors que les anomalies négatives dominaient largement entre la fin des années 1970 et les années 1990, les excédents sont devenus beaucoup plus fréquents et beaucoup plus marqués au cours des dernières années. Juin 2026 se classe ainsi au premier rang depuis 1900, avec une température moyenne de 22,8 °C, contre 22,4 °C en juin 2003.

Un déficit de pluie sur la quasi-totalité du pays
Après plusieurs passages pluvio-orageux au début du mois, des conditions beaucoup plus sèches se sont installées à partir du 12 juin. Les précipitations ont été déficitaires sur la majeure partie de la France, généralement de 25 à 75 %, avec un manque d’eau dépassant localement 75 % sur le Languedoc, le sud de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Poitou-Charentes, le centre du pays et presque toute la Corse. Certaines stations n’ont enregistré aucune pluie, notamment Figari et Narbonne, tandis que des cumuls plus importants ont été relevés dans les Alpes ou le Nord-Est, avec 111,8 mm à Bourg-Saint-Maurice et 75,3 mm à Nancy. Les précipitations ont été plus proches des normales près de la Manche, sur l’extrême nord, en Lorraine et dans les Alpes, mais le déficit national atteint malgré tout environ 45 %.

Cumuls de précipitations et écart à la normale 1991-2020 en juin 2026 - Météo France
Juin 2026 parmi les mois de juin les plus secs
Avec un cumul moyen national inférieur à 40 mm, contre une normale proche de 70 mm, juin 2026 se place au sixième rang des mois de juin les plus secs en France depuis 1959. Il reste toutefois loin derrière juin 1976, marqué par un déficit d’environ 80 %, et juin 1962, déficitaire de 70 %. La sécheresse a été particulièrement remarquable en Bourgogne, en Auvergne et en Languedoc-Roussillon, où juin 2026 se classe au quatrième rang des plus secs. Cette faible pluviométrie, combinée à la chaleur et à une forte évaporation, a accentué l’assèchement des sols : à la fin du mois, ceux-ci étaient plus secs que la normale sur 75 % du territoire et exceptionnellement secs sur 17 % de la France. L’indice national d’humidité des sols était même inférieur à celui habituellement observé à la fin du mois d’août.

Un soleil très généreux, notamment dans le Centre
La chaleur et la sécheresse ont été accompagnées d’un ensoleillement largement excédentaire. Le soleil a brillé 10 à 40 % de plus que la normale sur la quasi-totalité du territoire, avec des excédents atteignant 40 à 50 % en Auvergne, dans la Loire, le Pays nantais et ponctuellement en Centre-Val de Loire. Les durées d’ensoleillement ont atteint 305 heures à Nantes, 310 heures à Châteauroux, 331 heures à Vichy et jusqu’à 340 heures à Saint-Étienne. L’excédent a été un peu moins marqué dans le nord du Finistère, sur la Côte d’Azur et dans le sud de la Corse. Même Brest, ville la moins ensoleillée parmi les stations citées dans le bilan, a enregistré 189 heures de soleil. Cette forte insolation a participé à l’intensification de la chaleur durant la seconde moitié du mois.

Écart à la normale 1991-2020 de la durée totale d'ensoleillement en mai 2026 - Météo France
Un mois dominé par une canicule historique
Juin 2026 restera avant tout marqué par la 52e vague de chaleur enregistrée en France depuis 1947. Du 17 au 30 juin, cet épisode s’est distingué par sa précocité, sa durée et surtout son intensité. Jusqu’à 72 départements ont été simultanément placés en vigilance rouge canicule le 25 juin. Les journées du 23 au 25 ont été les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle nationale, avec une température moyenne supérieure à 30 °C et jusqu’à 38,5 °C pour la moyenne des maximales le 24. Excepté sur une partie des côtes et des reliefs, de nombreuses régions ont connu entre 10 et 19 journées au-dessus de 30 °C. Ce mois exceptionnellement chaud, sec et ensoleillé a donc installé des conditions estivales extrêmes dès le début de l’été météorologique.
Ce bilan climatologique national du mois de juin 2026 a été largement inspiré par le bilan climatologique de Météo France >>>
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Auteur : Guillaume Séchet


