La France s’assèche : enfin de la pluie dès le week-end prochain ?
Un scénario plus humide envisage le passage d’une perturbation pluvieuse sur une grande partie de la France à partir du week-end prochain.
La France s’assèche : enfin de la pluie dans une semaine ?
La sécheresse s’aggrave rapidement en France après un début de saison chaude marqué par des températures exceptionnellement élevées et des précipitations très insuffisantes. Les prochains jours resteront encore très secs, mais plusieurs scénarios entrevoient désormais le retour d’un courant océanique et de pluies plus étendues à partir du week-end prochain. Un changement encourageant, mais encore incertain et probablement insuffisant pour enrayer durablement la sécheresse.
Un bilan annuel trompeur, mais une sécheresse déjà historique
À première vue, le bilan pluviométrique depuis le 1er janvier paraît presque à l’équilibre, avec un déficit national limité à environ 4 % à la mi-juillet. Cette situation s’explique toutefois par les pluies abondantes tombées durant l’hiver et au début du printemps, qui ont permis de reconstituer une partie des nappes phréatiques profondes. Mais depuis le début de la saison chaude, le régime s’est brutalement inversé : les précipitations sont devenues très rares et le déficit atteint des proportions exceptionnelles depuis le début de l’été, avec seulement 3 mm à Bastia, 24 mm à Paris ou encore 33 mm à Dijon. Sous l’effet de la chaleur, de l’évaporation et de l’assèchement rapide des sols, le bilan hydrique se situe désormais à un niveau extrêmement bas, quasiment comparable à celui de la sécheresse historique de 1976. Près d’un quart des petits cours d’eau sont déjà à sec, soit deux fois plus qu’en 2022, une situation particulièrement préoccupante puisque ces ruisseaux et rivières alimentent ensuite les grands fleuves. À terme, les ressources utilisées pour l’alimentation en eau potable d’environ un tiers des Français pourraient ainsi être fragilisées. De nombreux départements ont d’ailleurs déjà atteint un niveau de crise élevé et sont soumis à d’importantes restrictions d’usage de l’eau.
Une sécheresse encore aggravée d’ici vendredi
La situation va continuer à se dégrader au cours des prochains jours. Jusqu’au vendredi 24 juillet, la France restera sous l’influence d’un temps largement ensoleillé et quasiment dépourvu de précipitations. Le vent de nord-est à nord, parfois sensible, transportera par ailleurs une masse d’air particulièrement sèche et accentuera l’évaporation ainsi que la perte d’humidité dans les couches superficielles des sols. La comparaison entre dimanche 19 et vendredi 24 juillet montre ainsi une nette extension des zones les plus sèches, notamment sur la moitié nord, l’ouest et une partie du centre du pays. Même si les températures seront temporairement moins élevées dans certaines régions, l’absence de pluie, l’ensoleillement et le vent suffiront à accélérer l’assèchement de la végétation.

Prévision de l’humidité des sols entre le dimanche 19 et le vendredi 24 juillet 2026, montrant une nette aggravation de la sécheresse sur une grande partie de la France.
Un changement de temps possible à partir du prochain week-end
Depuis quelques heures, les prévisions deviennent toutefois un peu plus encourageantes pour le week-end des 25 et 26 juillet. L’anticyclone pourrait se décaler suffisamment pour permettre à un courant d’ouest plus océanique de gagner la France. Une perturbation pluvieuse serait alors susceptible de traverser le pays, avec un axe de précipitations s’étirant du Sud-Ouest vers le Nord-Est. Selon le scénario actuellement envisagé, près des trois quarts du territoire pourraient recevoir de la pluie, même si la répartition et l’intensité de ces précipitations restent encore très incertaines à cette échéance. Certaines régions pourraient ne recevoir que quelques millimètres, tandis que des pluies plus soutenues, voire orageuses, seraient possibles localement, notamment vers l’est.
Des probabilités de pluie désormais significatives
Les prévisions d’ensemble du modèle européen AIFS confirment l’apparition d’un signal pluvieux à partir du vendredi 25 ou du samedi 26 juillet. À Paris comme à Bourges, la quasi-totalité des scénarios restent secs jusqu’au jeudi 24, avant qu’un nombre croissant de projections ne fasse apparaître des précipitations. Le signal semble même un peu plus marqué dans le centre du pays, où plusieurs scénarios envisagent des passages pluvieux ou orageux plus actifs. Cette dispersion importante montre néanmoins que le calendrier, l’intensité et la localisation exacte des pluies restent à préciser. Le retour d’un temps plus perturbé devient donc plausible, mais il n’est pas encore garanti dans les proportions actuellement suggérées.

Légende de l’illustration 3 : Probabilités de précipitations à Paris et Bourges selon les différents scénarios du modèle AIFS entre le 19 juillet et le 2 août 2026.
Des cumuls modestes, mais bienvenus pour la végétation
Le scénario européen HRES prévoit des cumuls généralement modestes d’ici au 3 août sur une grande partie de l’ouest et du centre de la France, souvent compris entre quelques millimètres et une quinzaine de millimètres. Les quantités pourraient devenir plus importantes en allant vers le Nord-Est et surtout près des reliefs de l’est, où les averses et les orages seraient susceptibles de déposer localement plusieurs dizaines de millimètres. Même faibles, ces précipitations apporteraient un répit bienvenu à la végétation, aux cultures et aux sols les plus superficiels. Elles pourraient aussi ralentir temporairement la baisse du débit de certains cours d’eau, mais leur effet resterait très variable selon leur intensité et leur régularité.

Cumuls de pluie envisagés en France d’ici au lundi 3 août 2026 selon le scénario européen HRES.
Un répit possible, mais certainement pas la fin de la sécheresse
Ce possible retour de la pluie constitue donc un signal encourageant après plusieurs semaines exceptionnellement sèches. Il ne suffirait cependant probablement pas à combler les déficits accumulés depuis le début de la saison chaude. Nous sommes au cœur de l’été, à une période où l’évaporation est très forte et où une partie importante de l’eau tombée est rapidement utilisée par la végétation ou renvoyée vers l’atmosphère. Pour améliorer durablement la situation des sols, des rivières et des nappes les plus réactives, il faudrait plusieurs épisodes pluvieux réguliers et suffisamment généralisés. La perturbation envisagée pour le prochain week-end pourrait donc offrir une première respiration, mais certainement pas mettre fin à la sécheresse.
Auteur : Guillaume Séchet


