Montpellier à peine remise : de fortes pluies reviennent samedi
Après les inondations, Montpellier de nouveau menacée samedi
Montpellier pourrait-elle subir un deuxième épisode majeur en seulement trois jours ? Après les 146 mm tombés mercredi et les importantes inondations qui ont touché la ville, certains scénarios envisagent près de 200 mm supplémentaires samedi sur le secteur montpelliérain. Une situation particulièrement préoccupante alors que les cours d'eau et les sols viennent à peine d'encaisser le précédent épisode.
À peine trois jours après les inondations qui ont frappé le Languedoc, un nouvel épisode méditerranéen se prépare pour samedi 3 octobre. L’Hérault et notamment la région de Montpellier pourraient de nouveau se retrouver sous de très fortes pluies, avec des cumuls approchant localement 200 mm.
La situation est particulièrement sensible car les mêmes secteurs viennent tout juste d’être touchés par un épisode majeur. Mercredi, 146 mm sont tombés à Montpellier en quelques heures, alors que la moyenne de tout un mois de septembre est d’environ 86 mm. Plus au nord, les cumuls avaient atteint 200 à 250 mm autour de Montpellier et jusqu’à 300 à 400 mm sur les Cévennes gardoises.
Les sols et les cours d’eau n’auront donc eu que très peu de temps pour retrouver une situation normale avant ce nouveau passage perturbé.
Montpellier encore fragilisée après les pluies de mercredi
L’épisode de mercredi avait provoqué d’importants ruissellements et plusieurs inondations dans l’Hérault et le Gard. À Montpellier, la réaction du Lez avait été spectaculaire : le cours d’eau était monté à près de 4 mètres, quasiment au niveau de son record.
Depuis, la décrue est engagée, mais le Lez reste encore sensiblement plus haut qu’avant l’épisode. Vendredi matin, son niveau demeurait environ 1,25 m au-dessus de son niveau habituel précédent.
Cette situation hydrologique rend le nouvel épisode de samedi beaucoup plus préoccupant qu’un simple épisode pluvieux isolé. Les bassins versants viennent seulement d’encaisser les pluies de mercredi et de nouvelles précipitations abondantes pourront entraîner des réactions rapides des petits cours d’eau, des ruissellements importants et de nouvelles inondations.

Graphique de la hauteur du Lez à Montpellier, montrant la crue de mercredi puis la décrue encore incomplète.
Pourquoi les fortes pluies vont-elles revenir ?
Après une courte accalmie, la configuration atmosphérique redevient favorable à une réactivation des pluies méditerranéennes.
Une goutte froide et un talweg d’altitude se mettent en place vers la péninsule Ibérique, tandis qu’un anticyclone s’est installé plus au nord, notamment vers les îles Britanniques.
Entre ces deux systèmes, un flux de sud à sud-est va progressivement se renforcer sur le golfe du Lion. Il transportera une masse d’air douce et très humide depuis la Méditerranée vers le Languedoc.
Lorsque cet air humide rencontrera les reliefs de l’Hérault, du Gard et des Cévennes, les précipitations pourront se renforcer et surtout se répéter plusieurs heures sur les mêmes zones. C’est précisément ce caractère parfois stationnaire qui devra être surveillé samedi.

carte ECMWF montrant le talweg ibérique, les hautes pressions au nord et le flux humide de sud-est vers le Languedoc.
À quel moment les pluies seront-elles les plus fortes ?
Les premières précipitations devraient apparaître progressivement entre vendredi soir et la nuit de vendredi à samedi, notamment près du golfe du Lion et sur le Languedoc.
La dégradation deviendra plus nette samedi matin, avec des pluies gagnant l’Hérault puis le Gard et les Cévennes.
Le risque de fortes intensités semble surtout concerner la fin de matinée, l’après-midi et possiblement une partie de la soirée de samedi. Des bandes pluvieuses pourront alors remonter depuis la Méditerranée et se succéder sur les mêmes secteurs.
La région de Montpellier pourrait être directement concernée, tout comme l’arrière-pays héraultais, le Gard et les Cévennes. Le positionnement exact de l’axe le plus actif pourra cependant encore évoluer de quelques dizaines de kilomètres.

animation AROME montrant la progression et le renforcement des pluies entre vendredi et samedi.
Près de 200 mm possibles sur Montpellier : un risque élevé
C’est le point le plus préoccupant de ce nouvel épisode.
Montpellier a déjà reçu 146 mm de pluie mercredi, soit près de 1,7 fois la moyenne de tout un mois de septembre. Or, trois jours seulement après cet épisode, certains modèles envisagent près de 200 mm supplémentaires sur le secteur montpelliérain.
Si les scénarios les plus humides se confirmaient, le cumul des deux épisodes pourrait devenir tout à fait remarquable en l’espace de quatre jours.
Plus généralement, des cumuls de 100 à 200 mm sont envisagés entre l’Hérault, le Gard et les Cévennes, avec des maxima pouvant dépendre fortement de la localisation des bandes pluvieuses les plus persistantes.
Le risque vient donc autant des quantités attendues que de leur répétition. Les sols, les petits bassins versants et les cours d’eau ont déjà reçu des quantités d’eau très importantes mercredi. Une nouvelle lame d’eau de 100 à 200 mm pourrait provoquer des réactions beaucoup plus rapides et plus brutales.
Si les scénarios les plus humides se confirment, le risque de nouvelles inondations deviendra donc élevé samedi sur les secteurs déjà fragilisés de l’Hérault et du Gard.

Carte des cumuls prévus samedi, faisant apparaître 100 à 200 mm entre Montpellier et Alès.
Des pluies qui remonteront loin vers le nord
Même si le Languedoc constituera la zone la plus sensible, cette dégradation concernera une partie beaucoup plus vaste du pays.
Des pluies toucheront également les Pyrénées, une partie du Roussillon, puis remonteront vers le Massif central et pourront gagner jusqu’à la Bourgogne et la Champagne.
La Corse pourra elle aussi connaître des averses parfois orageuses.
Une vigilance susceptible d’être renforcée
Dans son bulletin diffusé vendredi matin, Météo-France place déjà l'Hérault, le Gard, l'Aude et les Pyrénées-Orientales en vigilance jaune pluie-inondation et orages pour samedi.
Cette vigilance pourra évoluer à mesure que l’échéance approche. Une vigilance orange n’est pas exclue si les prochaines prévisions confirment des cumuls très importants et une concentration des pluies sur les secteurs déjà durement touchés mercredi.
Le principal élément à surveiller sera donc la localisation exacte des plus fortes précipitations.
Mais une chose apparaît déjà clairement : trois jours après les inondations de mercredi, le Languedoc s’apprête à subir un nouvel épisode potentiellement très pluvieux, avec cette fois un risque aggravé par la saturation récente des sols et la réaction encore très fraîche des cours d’eau.
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Auteur : Guillaume Séchet >>>


