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Après des semaines de calme, l’Atlantique pourrait se réveiller

Après des semaines de calme, l’Atlantique pourrait se réveiller

 

Après un été et un début septembre largement marqués par la chaleur, la sécheresse et de longues périodes anticycloniques, la situation pourrait progressivement évoluer sur l’Atlantique Nord. Plusieurs modèles météo commencent en effet à entrevoir un courant océanique plus dynamique au cours de la seconde moitié du mois de septembre.

Il ne s’agit pas encore d’annoncer une véritable tempête sur la France. À cette échéance, la trajectoire et l’intensité des dépressions restent beaucoup trop incertaines. Mais la configuration générale pourrait devenir progressivement plus favorable au retour des perturbations atlantiques vers l’Europe occidentale.

 

Les modèles commencent à suggérer une présence plus importante des basses pressions sur l’Atlantique Nord au cours de la seconde moitié de septembre – METEOCIEL - modèle ECMWF.

 

 

Un Atlantique resté particulièrement discret

Ces dernières semaines, les perturbations atlantiques ont régulièrement eu beaucoup de mal à atteindre durablement la France. Les dorsales anticycloniques se sont souvent étendues depuis les Açores et l’Europe du Sud vers nos régions, repoussant le courant perturbé beaucoup plus au nord.

Cette configuration a favorisé de nombreux épisodes de chaleur et accentué la sécheresse sur une grande partie du pays.

Mais l’avancée de l’automne commence progressivement à modifier la circulation atmosphérique. Les régions arctiques perdent rapidement de la chaleur alors que l’océan Atlantique et le sud de l’Europe restent encore relativement chauds.

Ce contraste croissant entre les hautes et les basses latitudes constitue l’un des moteurs du courant-jet.

 

Le courant-jet pourrait redevenir plus actif

Le jet-stream est un puissant courant de vents circulant à haute altitude, généralement entre 8 et 12 kilomètres. Il joue un rôle majeur dans le déplacement et parfois le creusement des dépressions sur l’Atlantique Nord.

Lorsqu’il est faible et très ondulant, les situations anticycloniques peuvent se bloquer pendant plusieurs jours. À l’inverse, lorsqu’il se renforce et s’organise davantage d’ouest en est, les perturbations circulent généralement plus facilement depuis l’Amérique du Nord vers l’Europe.

Or, plusieurs scénarios météo envisagent justement un courant d’ouest plus dynamique au-dessus de l’Atlantique Nord dans les prochaines semaines.

Le Royaume-Uni devrait être le premier concerné par ce changement, avec le retour de périodes plus perturbées, parfois pluvieuses et venteuses. La France pourrait dans un premier temps rester à la limite de ce courant océanique avant d’être davantage exposée si celui-ci s’abaisse vers le sud.

 

Le courant-jet pourrait redevenir plus puissant sur l’Atlantique Nord, favorisant une circulation plus rapide des perturbations vers l’Europe occidentale – METEOCIEL - modèle GFS

 

Des dépressions plus nombreuses sur l’Atlantique ?

Les dernières simulations déterministes commencent ponctuellement à montrer davantage de centres dépressionnaires entre le sud du Groenland, l’Islande et les îles Britanniques.

Il faut cependant rester très prudent lorsque ces systèmes apparaissent à plus d’une semaine d’échéance. Une dépression située sur les îles Britanniques dans un scénario peut se retrouver près de l’Islande quelques heures plus tard lors de la sortie suivante du modèle.

C’est pourquoi les prévisions d’ensemble sont particulièrement importantes.

Plutôt que de suivre un scénario unique, ces ensembles calculent plusieurs dizaines d’évolutions légèrement différentes de l’atmosphère. Lorsque plusieurs scénarios commencent à aller dans la même direction, la tendance devient plus crédible.

À ce stade, le signal le plus intéressant n’est donc pas l’arrivée d’une tempête précise, mais plutôt la possibilité d’un Atlantique globalement plus dépressionnaire et plus dynamique.

 

La France pourrait rester entre chaleur et perturbations

Ce réveil potentiel de l’Atlantique ne signifie pas pour autant la disparition immédiate des périodes chaudes.

Les hautes pressions subtropicales devraient encore régulièrement remonter du sud de l’Europe. La France pourrait ainsi se retrouver pendant plusieurs jours à la frontière entre de l’air chaud remontant de Méditerranée et de l’air océanique beaucoup plus frais descendant de l’Atlantique Nord.

Cette confrontation entre masses d’air pourrait entretenir de fortes variations de température.

Après des journées parfois très chaudes pour la saison, un front froid pourrait ainsi faire perdre plus de 10°C en seulement 24 ou 48 heures, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises depuis le début du mois.

 

Les anomalies à 500 hPa permettent de mieux évaluer une influence dépressionnaire plus marquée sur l’Atlantique qui serait à surveiller pour la fin septembre

 

Faut-il déjà craindre les premières tempêtes ?

À la mi-septembre, l’Atlantique entre progressivement dans une période où les dépressions peuvent devenir plus profondes. Les contrastes thermiques se renforcent et les perturbations commencent habituellement à gagner en vigueur.

Mais il est actuellement beaucoup trop tôt pour annoncer une tempête précise sur la France.

Pour qu’un véritable coup de vent affecte notre pays, il faudrait à la fois une dépression suffisamment profonde et une trajectoire favorable, généralement entre l’Irlande, la Manche et la mer du Nord.

Or, ce type de détail n’est réellement prévisible que quelques jours à l’avance.

En revanche, le contexte général semble progressivement devenir plus propice au retour d’un temps perturbé et parfois venteux sur l’Europe occidentale.

 

Un changement de régime à surveiller d’ici octobre

Après plusieurs mois dominés par la chaleur et un manque de pluie parfois exceptionnel, le retour progressif d’un courant atlantique plus actif constituerait un changement majeur.

Il pourrait se traduire par une multiplication des fronts pluvieux, davantage de vent et des variations de température encore très importantes entre deux perturbations.

Les prochaines sorties des modèles seront donc particulièrement importantes.

Si le courant-jet continue à se renforcer et que les basses pressions parviennent à se rapprocher davantage de l’Europe occidentale, l’Atlantique pourrait réellement changer de visage avant la fin du mois de septembre.

 

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Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris