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Climat du Québec : des contrastes exceptionnels qui surprennent les Français

jeudi 14 octobre 2021

Nombreux sont les Français intéressés par le Québec et certains décident d'y poser leurs valises. Toutefois, le climat québécois a de quoi surprendre par ses saisons particulièrement contrastées, au contraire du climat français.

 

Le climat au Québec

 

Moyennes climatologiques à l'aéroport de Montréal Trudeau sur la période 1981-2010 - via Wikipedia

 

Moyennes climatologiques à l'université Mc Gill de Montréal (centre-ville) sur la période 1971-2000 - via Wikipedia

 

À Montréal, le mois le plus froid de l'année est janvier avec une minimale moyenne de -14°C et une maximale moyenne de -5,3°C ! À l'inverse, juillet est le plus chaud avec une minimale moyenne de 16,1°C et une maximale moyenne de 26,3°C. L'amplitude est impressionnante puisque les moyennes augmentent de plus de 30°C entre janvier et juillet ! À titre de comparaison, Paris passe de moyennes de 2/7°C en janvier à 16/25°C en juillet - une amplitude presque deux fois moins importante.

 

Concernant les précipitations, elles sont assez régulières au cours de l'année avec des cumuls mensuels compris entre 62 et 96 mm, le plus bas en février et le plus élevé en novembre. La moyenne annuelle de précipitations à Montréal est de 1000 mm (alors qu'elle n'est que de 637 mm à Paris). L'ensoleillement annuel est de 2051 heures en moyenne, contre 1662 heures en moyenne à Paris.

 

 

Moyennes climatologiques à l'aéroport de Québec Jean-Lesage sur la période 1981-2010 - via Wikipedia

 

 

Le climat de Québec est encore plus extrême puisque la moyenne des minimales de janvier est de -17,7°C et celle des maximales de -7,9°C - soit environ 3°C plus froid que Montréal. En juillet, la moyenne des minimales est de 13,5°C et celle des maximales de 25°C. L'ampleur entre janvier et juillet est de 31/33°C - le double de l'amplitude de Paris !

 

Les précipitations sont plus abondantes qu'à Montréal avec des cumuls mensuels compris entre 74 mm et 121 mm - le plus faible en février et le plus élevé en juillet. Sur l'année, il tombe en moyenne 1190 mm, pratiquement le double qu'à Paris ! L'ensoleillement y est également plus élevé avec une moyenne annuelle de 1916 heures.

 

 

Moyennes des températures minimales au mois de janvier au Québec sur la période 1981-2010 - via Quebec.gouv

 

Moyennes des températures maximales au mois de juillet au Québec sur la période 1981-2010 - via Quebec.gouv

 

Les deux cartes ci-dessus sont particulièrement parlantes. On constate que les normales de saison des températures minimales en janvier vont de -14 à -28°C du sud au nord du Québec, des niveaux qu'on ne peut retrouver que sur les hauts sommets alpins de notre côté de l'Atlantique. En revanche, les normales de saison des températures maximales en juillet vont de 19 à 26°C du nord au sud du Québec. Sur le sud du Québec, les valeurs estivales sont comparables aux normales de villes comme Niort ou Mâcon en France.

 

Cumuls moyens de neige au Québec (en cm) sur la période 1981-2010 - via Quebec.gouv

 

Outre les importantes variations de températures, la neige est un phénomène indissociable du climat québécois. En moyenne, les premiers flocons sont observés vers la fin du mois d'octobre et les derniers tombent à la fin avril voire au début du mois de mai. Cela veut dire qu'il peut neiger durant plus de la moitié de l'année, même si le plus gros des chutes de neige s'observe de la mi-novembre à la mi-mars. C'est à la fin février que la couche de neige au sol est généralement la plus haute.

 

En moyenne, il tombe un peu moins de 2 mètres de neige au cours de la saison froide à Montréal et un peu moins de 3 mètres à Québec. L'hiver 2007-2008 fut tout simplement exceptionnel à Québec puisque la ville a reçu un total de 558 centimètres de neige sur l'ensemble de la saison froide - l'équivalent de ce qu'il tombe en 19 hivers à Strasbourg ! Les plus fortes tempêtes de neige peuvent déposer plus de 50 cm en 24 à 48h !

 

 

Des records d'un extrême à l'autre

 

Records absolus de froid au Canada - via Environnement Canada

 

Cela ne surprendra personne : il fait (très) froid l'hiver au Canada. Toutefois, on ne sait pas toujours à quel point le froid canadien peut être mordant, bien loin des plus froides journées hivernales françaises. Le Québec n'échappe pas à cette règle. À Montréal, le record de froid date de janvier 1957 avec -37,8°C ! À Québec, la plus basse valeur enregistrée depuis le début des relevés est de -36,7°C.

 

Toutefois, des froids encore plus extrêmes peuvent être enregistrés un peu plus au nord. C'est dans le centre du Québec, au plus loin des influences maritimes, que les records de froid sont les plus bas. Ainsi, le record de Rouyn-Noranda (au nord-ouest du Québec) est de -49,5 °C le 21 janvier 1984 ! Le minimum absolu du Québec a toutefois été enregistré le 17 janvier 1982 à Belleterre avec -51°C et a été égalé à Poste-Montagnais le 30 janvier 2002 !

 

Les 5 journées les plus chaudes à Montréal depuis le début des relevés - via Météo Média

 

Si le froid peut être extrême en hiver, le Québec peut aussi subir des chaleurs dignes des canicules françaises durant l'été ! Ainsi, le record de chaleur de Montréal est de 37,6°C (le 1er août 1975). Preuve du caractère particulièrement contrasté du climat, plus de 75°C séparent cette valeur du record de froid de la ville (-37,8°C) ! Notons que deux des cinq journées les plus chaudes enregistrées à Montréal ont eu lieu en 2020, le 27 mai et le 10 juillet 2020.

 

Sur la ville de Québec, le record de chaleur date du 15 juillet 2013 avec une maximale de 38,6°C à la station météorologique de Beauport ! Sur l'ensemble de l'état du Québec, la barre des 40°C n'a été atteinte qu'une seule fois : c'était le 6 juillet 1921 à Ville-Marie dans le sud-ouest de l'état, tout près de la frontière avec l'Ontario. Au Québec, les fortes chaleurs sont souvent associées à un taux d'humidité élevé, ce qui les rend particulièrement pénibles. D'ailleurs, l'humidex a atteint 50 à Québec le 2 juillet 2002 !

 

 

Un climat déroutant pour les Français

 

Illustration du blizzard québécois lors d'une tempête de neige - photo Audrew Vaughan

 

L'hiver québécois a de quoi surprendre les français, autant par son intensité que par sa durée. Pour certains expatriés, l'hiver dure plus de la moitié de l'année tandis que le printemps et l'automne sont particulièrement brefs. Selon des Français qui ont quitté le Québec après y avoir passé 12 ans, "Novembre est super déprimant, on range son vélo et on change les roues de voiture. Les premiers -10°C arrivent souvent avant la fin du mois". Ils poursuivent en racontant que certaines années "on essaye de cacher les œufs de Pâques dans la neige pendant qu’en Europe ils commencent à sortir le barbecue"...

 

Le cœur de l'hiver est particulièrement difficile pour les Français qui s'installent au Canada. Le blizzard est difficilement supportable, lorsque le vent gèle le visage et que la neige réduit la visibilité à quelques mètres. Nos ex-expatriés racontent que les sorties sont limitées les jours de grand froid, car les pieds et les mains gèlent rapidement. Aussi, il faut penser à se lever plus tôt pour déneiger son véhicule. Il faut également apprendre à marcher sur des trottoirs verglacés afin d'éviter les mauvaises chutes.

 

Les Montréalais profitant de la plage de Verdun lors de la canicule de juin 2020 - photo Ryan Remiorz

 

Après ces longs mois de froid et de neige, il faut passer par une saison de transition qui a de quoi déboussoler ! Si on se plaint parfois de ne pas savoir comment s'habiller au printemps en France, les contrastes printaniers sont exacerbés au Québec ! L'exemple du mois de mai 2020 l'illustre parfaitement. Il neigeait encore le 8 mai 2020 avec des gelées jusqu'au 13 mai. Moins de deux semaines plus tard, le thermomètre atteignait 36,6°C le 27 mai et il ne faisait pas moins de 21,6°C la nuit suivante - de l'hiver à l'été !

 

L'été n'est pas spécialement une saison de tout repos au Québec. En effet, les épisodes de fortes chaleurs y sont de plus en plus fréquents et les nuits tropicales (minimales à plus de 20°C) sont nombreuses. De plus, l'humidité est souvent forte, apportant des ressentis pénibles. Nos Français installés au Québec le disent : "aussi surprenant que cela paraisse, on rêve d’une maison climatisée au Québec !"

 

L'été indien est sans doute la plus belle des saisons, tant du point de vue du climat que des paysages et des sorties, mais nos compatriotes regrettent sa trop courte durée. Cependant, n'oublions pas que les Français aiment râler et que le Québec possède de très nombreux atouts. D'ailleurs, nombreux sont les Français passionnés de météo à envier le climat canadien, souvent considéré comme plus intéressant que le nôtre.

 

Vous pouvez lire le témoignage complet des Français expatriés au Québec ici >>>

 

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