Logo Météo Paris, météo expertisée et gratuite

Près de 40 °C en Guyane : les fleuves s'assèchent et les autorités déclenchent un plan d'urgence

La Guyane subit actuellement une sécheresse historique et des températures approchant les 40 °C sous l'influence d'El Niño. Face à la gravité de la situation, les autorités ont déclenché le plan Orsec Sécheresse le 22 octobre. Et ce phénomène climatique pourrait provoquer d'autres catastrophes dans le monde au cours des prochains mois.

 

 

Guyane : record de chaleur à 39,5 °C et sécheresse historique sous l'influence d'El Niño

 

La Guyane fait face à une situation météorologique préoccupante depuis la fin du mois de septembre, avec des températures particulièrement élevées dans les communes de l'intérieur.

Le 26 septembre, le thermomètre avait par exemple atteint 38,9°C à Camopi, avant de grimper jusqu'à 39,5°C le 24 octobre, établissant un nouveau record absolu pour cette station, dont les relevés remontent à 1950. Plusieurs autres communes de l'intérieur, comme Maripasoula, Apatou et Grand-Santi, ont également dépassé les 38 °C depuis la fin septembre.

Cette situation intervient dans un contexte marqué par le puissant phénomène El Niño, qui influence le climat guyanais depuis le mois de juin. Selon Météo-France, cet épisode favorise des conditions particulièrement chaudes et sèches en Guyane. Le mois de septembre a ainsi été le plus chaud observé sur le territoire depuis 1967, avec une température moyenne de 29,2°C, soit 1,4°C au-dessus des normales.

Le manque de précipitations s'est également accentué au fil des mois. Le déficit pluviométrique est passé de 17% en juin à 37% en juillet, avant d'atteindre 61% en août et en septembre. Sur la période du 1er juillet au 20 septembre, la Guyane n'a reçu en moyenne que 157,6 mm de précipitations, un chiffre largement plus bas que la normale (363,7 mm). Le début de la saison sèche 2026 est ainsi le plus anormalement sec observé depuis le début des mesures météorologiques.

Les conséquences sont désormais bien visibles sur les cours d'eau, dont les niveaux sont particulièrement bas. Selon Météo-France, ceux des grands fleuves sont comparables à ceux observés à la même période en 2024.

 

Le 4 octobre 2026, le fleuve Lawa, en amont de Grand-Santi, présente un niveau particulièrement bas. La sécheresse complique la navigation et le ravitaillement des communes isolées - AFP

 

La navigation fluviale et le transport de marchandises vers les communes isolées deviennent plus difficiles, faisant craindre des problèmes d'approvisionnement pour certaines populations. Et la crise pourrait encore se prolonger puisque le phénomène El Niño devrait rester très puissant jusqu'au début de l'année 2027, avec des effets sur les précipitations susceptibles de persister encore au-delà de son pic d'intensité.

 

 

D'autres régions du monde sous la menace d'El Niño

 

La situation en Guyane pourrait donner un aperçu des conséquences attendues dans d'autres régions du monde. El Niño devrait rester très puissant jusqu'au début de l'année 2027, avec un pic d'intensité attendu vers la fin de 2026.

Selon l'Organisation météorologique mondiale, ses effets sur les températures et les précipitations pourraient toutefois se prolonger bien au-delà de cette période avec de ce fait de nombreuses régions du monde exposées à des conditions météorologiques particulièrement défavorables dans les prochains mois.

L'Asie du Sud-Est, l'Australie et l'Afrique australe figurent par exemple parmi les régions les plus exposées au risque de sécheresse avec un déficit pluviométrique pouvant favoriser la multiplication des incendies, aggraver les pénuries d'eau et fragiliser les cultures.

À l'inverse, certaines régions pourraient être confrontées à des pluies beaucoup plus abondantes. En Afrique de l'Est, la fin d'année pourrait se montrer très humide, laissant craindre des inondations potentiellement catastrophiques sur cette région. Sur la façade pacifique de l'Amérique du Sud, notamment au Pérou et en Équateur, des épisodes de pluies torrentielles pourraient également provoquer des crues et des dégâts importants.

 


Conséquences du phénomène El Niño sur les précipitations et les températures mondiales – NOAA


 

Les répercussions pourraient également dépasser les régions directement touchées par ces événements. Des récoltes réduites dans plusieurs pays producteurs risqueraient de perturber les marchés agricoles internationaux, notamment pour les céréales et d'autres denrées de première nécessité.

Une baisse de la production, combinée à des difficultés de transport ou d'approvisionnement, pourrait alors entraîner une hausse des prix alimentaires. La France métropolitaine pourrait ainsi subir indirectement les conséquences économiques d'El Niño, même si elle ne connaît pas nécessairement de conditions météorologiques exceptionnelles liées au phénomène.

En France métropolitaine, les conséquences directes d'El Niño restent beaucoup plus incertaines. Certaines configurations associées à ce phénomène peuvent favoriser un début d'hiver plus doux et humide sur l'Europe de l'Ouest, mais cette influence statistique demeure limitée. Notre pays pourrait surtout subir indirectement les conséquences économiques des sécheresses et des inondations survenant dans d'autres régions du monde, notamment à travers une éventuelle hausse des prix agricoles.

 

À lire également :

>>> L'anticyclone pourrait bloquer les perturbations pendant deux semaines

>>> L'Atlantique se refroidit au sud du Groenland : de nouvelles études alertent

>>> Neige en plaine vers le 10 novembre : faut-il prendre au sérieux ce scénario ?

>>> Nos tendances saisonnières

>>> Notre chronique sur les évènements climatiques en France, depuis 1850

>>> Notre bulletin météo réactualisé quotidiennement

>>> Notre compte Twitter très suivi et référence dans tous les médias !

 

Auteur : Tristan Bergen

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris