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Étendue des banquises arctiques et antarctiques en cette fin juillet 2022

vendredi 29 juillet 2022

Banquise arctique : une fonte progressive mais pas excessive

 

L'été météorologique est bien installé sur l'hémisphère Nord depuis le 1er juin et la saison de fonte est également bien entamée du côté de la banquise arctique. Cette fonte a d'ailleurs débuté de façon précoce durant cette année 2022, commençant véritablement dès le mois de mars après un maximum annuel lui aussi très précoce atteint à la fin du mois de février 2022. Depuis, la superficie des glaces ne cesse de diminuer malgré quelques léger sursauts en avril et au tout début du mois de mai.

 

Changements journaliers au niveau de la banquise arctique depuis le 1er janvier 2022 – Zachary Labe

 

 

Ainsi, la superficie de la banquise atteint 7 183 808km² au 25 juillet 2022, ce se situe à la 12ème place des superficies les plus faibles en cette période en raison notamment d'une fonte s'étant nettement accentuée depuis le mois de juin dernier, perdant parfois plus de 100 000km² par jours !

 

Évolution de l'étendue de la banquise arctique depuis le 1er janvier 2022 – Zachary labe

 

 

Cette fonte se montre particulièrement marquée de la mer de Laptev à la mer de Barents en passant par la mer de Kara de façon similaire au deux années précédentes mais globalement proche des moyennes de la période ailleurs. La banquise est même sensiblement plus étendue que la normale sur le Nord du Canada et ce malgré une période particulièrement chaude pour le secteur au début du mois de juillet, la glace est néanmoins de moins en moins épaisse sur cette zone suite justement à cette période de fortes chaleurs.

 

Extension de la banquise arctique au 27 juillet 2022 – NSIDC

 

 

Ces disparités sont assez classiques en cette saison, dépendant des conditions du milieu lors de la période de fonte (température et pression atmosphérique notamment). Sur les 3 derniers mois, on note en effet une anomalie thermique importante sur le Nord de la Russie, expliquant en partie la fonte accélérée et le manque de banquise en cette fin juillet sur les secteurs cités précédemment.

 

Ailleurs, les anomalies de températures se sont montrées sensiblement moins extrêmes et la domination de périodes anticycloniques a empêché une déstructuration accélérée de la banquise, contrairement aux mers de Laptev et Barents.

 

Anomalies de températures par rapport à la normale (1951-1981) dans le monde entre avril et juillet 2022 – Via Columbia.edu

 

 

Malgré une fonte notable ces dernières semaines et certains secteurs voyant une banquise anormalement peu développée en cette période, la superficie des glaces est tout de même située au-dessus de la moyenne des années 2010 pour une fin juillet. L'étendue de la banquise se montre même comme la plus importante depuis l'année 2014 pour la période.

 



Comparaison de la superficie de la banquise arctique au 25 juillet depuis 2003 - Zachary labe

 

Cette superficie va néanmoins continuer de diminuer dans les prochaines semaines avant d'atteindre le minimum annuel dans le courant du mois de septembre. D'après l'évolution générale de la banquise, ce minimum pourrait se situer sensiblement dans les normales de la décennie 2010-2020 ou légèrement au-dessus.

 



Evolution de la superficie de la banquise arctique entre Juin et Août 2022 – Zachary Labe

 

 

Banquise Antarctique : des records bas toujours d'actualité

 

A l'inverse du pôle Nord, la saison froide est bien avancée du côté de l'Antarctique avec une glace s'épaississant peu à peu depuis le mois de mars. En cette fin juillet, la superficie de la banquise antarctique atteint toutefois un record bas pour la période, jamais les glaces n'avaient été aussi peu étendues au pôle Sud en cette saison.

 

Évolution de l'étendue de la banquise antarctique depuis le 1er janvier 2022 – Zachary labe

 

 

L'étendue des glaces est en effet bien inférieure à la normale sur la majorité du continent, notamment entre le Nord et le Sud. Seul l'Ouest du continent observe une banquise sensiblement plus étendue que la moyenne en cette saison mais cela ne suffit pas pour compenser le déficit observé sur le reste de la région.

 

Extension de la banquise arctique au 27 juillet 2022 – NSIDC

 

Cette étendue anormalement faible de la banquise s'explique principalement par deux facteur.

 

Dans un premier temps, le continent Antarctique observe des températures anormalement élevées pour la période depuis plusieurs mois, empêchant donc une structuration véritablement efficace des glaces sur la majeur partie du continent. L'anomalie thermique atteint en effet +2 à +4°C en moyenne sur une large partie Nord de la zone durant la période avril-juin 2022, parfois plus de 5 à 6°C près de la mer de Weddell et le Nord de la mer d'Amundsen.


Cette anomalie thermique fut d'ailleurs exceptionnelle durant le mois de juin entre le Nord et le centre du continent notamment, dépassant les +10 à +12°C et expliquant en partie le manque de glace sur ces secteurs. A l'inverse, le mois de juin fut bien plus froid sur le Sud-Ouest du continent avec une banquise gagnant bien plus facilement en superficie et en épaisseur.

 



Anomalies thermiques sur l'Antarctique entre les mois d'avril et juin 2022 – Zachary Labe

 

 

Ce record bas d'étendue de la banquise pour une fin juillet s'explique également par le fait qu'un record de faible superficie avait déjà été observé lors du minimum annuel à la fin du mois de février 2022.

 

L'étendue totale des glaces était pour la première fois passée sous les 2 millions de km² durant cette période, chose qui n'était jamais arrivée depuis le début des observations sur le secteur.

 

Nouveau record de faible superficie de la banquise antarctique à la fin du mois de février 2022 – Via Zachary Labe

 

 

La superficie déjà très faible observée lors du minimum annuel et les températures anormalement élevées persistant sur le continent depuis maintenant plusieurs mois expliquent donc cette banquise antarctique anormalement peu étendue cette année.

 

Celle-ci devrait toutefois progressivement augmenter jusqu'au maximum annuel atteint en général entre la fin septembre et le début du mois d'octobre. Il est probable que la superficie des glaces reste bien inférieure à la normale sur ces secteurs compte tenu des températures restant globalement supérieures aux normales à proximité de l'Antarctique jusqu'à cette période.

 

On notera également les importantes anomalies chaudes modélisées près de l'Arctique, qui pourraient accentuer encore la fonte des glaces d'ici le minimum annuel atteint également aux alentours du mois d'octobre.

 

Anomalies de températures entre août et novembre 2022 dans le monde – Via TropicalTidBits

 

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