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Effets de la chaleur et de la sécheresse sur la végétation en France

jeudi 28 juillet 2022

La France connaît l'un des débuts d'été les plus chauds et les plus secs depuis le début des relevés météorologiques. Si une canicule historique a concerné le pays à la mi-juin, suivi d'une seconde tout aussi marquante au mois de juillet, les températures se montrent globalement supérieures aux normales de saison depuis le milieu du printemps sur la France (excepté quelques épisodes temporairement plus frais) avec une chaleur souvent marquée depuis la fin du mois de mai.

 

Écart à la normale de la température moyenne agrégée en France du 1er janvier au 23 juillet 2022 - Météo-France

 

 

Outre la chaleur, la sécheresse se montré également préoccupante sur de nombreuses régions en cette fin juillet 2022 d'autant que ce mois de juillet s'annonce comme le plus sec observé en France depuis 1959.

 

Rapport à la normale des cumuls moyens mensuels des mois de juillet en France depuis 1959 – Météo-France

 

 

 

Si la chaleur récurrente et le manque d'eau sont parfois difficilement supportable pour les organismes, il en va de même pour la végétation qui souffre depuis de longs mois sur notre pays.

 

 

Chaleur et manque d'eau : une menace pour la plante

 

La production des plantes dépend en grande partie de la photosynthèse foliaire. Le CO2 est absorbé par la feuille (majoritairement par les stomates) où sa réduction engendre une production d'O2. Lors de cette absorption, la plante transpire des molécules d'eau si bien qu'on estime que 50 à 300 molécules d'eau son transpirées par les feuilles pour chaque molécule de Co2 absorbée (valeur variant suivant le type de plante).

 

La transpiration permet, comme pour de nombreux autres êtres vivants, le refroidissement de la feuille et le maintien d'une bonne santé du végétal.

 

 

Schéma du mécanisme de photosynthèse foliaire – Via encyclopédie-environnement.org

 

 

Cette photosynthèse est en général optimale lorsque la température est comprise entre 10 et 34°C, on parle alors d'optimum thermique. Au-dessus de 34°C, le processus devient plus instable (mauvaise fixation du CO2 dans la plantes, diffusion du CO2 de l'air ambiant aux chloroplastes plus rapide,..) et la plante peut rapidement observer des dommages parfois irréversibles.

 

Lors de fortes chaleurs, la végétation met en effet en place des mécanismes de protection visant à préserver sa bonne santé, sa production diminue voire même se stoppe complètement dans certains cas.

 

Variation de l'assimilation de CO2 par la feuille en fonction de la température - Via encyclopédie-environnement.org

 

 

En cas de chaleurs durables et intenses, la plante peut donc stopper son cycle végétal. Celle-ci puise donc sur ses réserves pour survivre et, après un certains temps peuvent se dessécher et mourir si ces réserves d'eau et de minéraux ne sont plus suffisantes à leur bon fonctionnement.

 

Si certains types de plantes sont habituées aux fortes chaleurs à répétition comme c'est le cas près de la Méditerranée, la majorité de la végétation française est plutôt habituée à un climat tempéré, où les fortes chaleurs se montrent en général épisodiques et peu durables durant l'été.

 

Sur le Sud et notamment le Sud-Est de la France, les plantes sont adaptées au climat plus sec et plus chaud de l'été. Leur cycle est en effet inversé par rapport à celui de la végétation du Nord de la France, se mettant en repos durant l'été (estivage) et ne fleurissant pas pour ne pas trop puiser sur leurs réserves durant la période de chaleur et de sécheresse. La plupart d'entre elles possèdent également des optimums thermiques situés à des températures plus élevées, permettant donc une meilleure résistance à la chaleur que plus au Nord.

 

Le maquis, végétation typique du climat méditerranéen – Wikipedia

 

 

Sur le reste du pays, la végétation est bien moins habituée à ce type de climat avec un cycle différent et des optimums thermiques se trouvant sur une gamme de températures bien moins élevées. De ce fait, la plupart des plantes souffrent grandement de ces périodes de fortes à très fortes chaleurs à répétition mais également du manque d'eau de plus en plus marqué depuis le début de l'année.

 

Si les sols sont anormalement secs, la plante ne pourra plus puiser dans ses réserves pour permettre sa survie. Le cycle végétal ralentissant voire se stoppant lors des fortes chaleurs, ses réserves vont peu à peu diminuer et la plante va littéralement sécher et progressivement mourir.

 

Végétation desséchée par le manque d'eau dans le Nord-Est de la France en cette fin juillet 2022 – Via Twitter @SLeguil

 

 

Ce processus peut se manifester de façon plus ou moins rapide selon les situations. Lors des chaleurs extrêmes se produisant dans un air très sec, certaines plantes peuvent se dessécher complètement en à peine quelques heures et même mourir. De très lourds dégâts peuvent donc être observés sur certaines cultures lors des journées historiquement chaudes comme ce fut le cas le 28 juin 2019 dans l'Hérault après que 46°C aient été relevés durant l'après-midi sous un air extrêmement sec.

 

Vignes littéralement "grillées" par la chaleur sur l'arrière-pays méditerranéen fin juin 2019 - Chai d'Emilien

 

 

Si la capacité d'adaptation de certaines espèces leur permet de résister plus facilement aux épisodes de chaleur durable, la récurrence des fortes chaleurs et surtout le manque d'eau se montrent particulièrement difficiles pour la majorité de la végétation française cette année.

 

 

 

Une végétation souffrant sur la majorité du territoire cette année :

 

 

Le constat est le même sur de nombreuses régions en ce milieu d'été. De nombreuses plantes, arbres ou fleurs voient leur feuilles se dessécher progressivement et finalement tomber, si bien que certains secteurs ont des allures très automnales actuellement, la chaleur en plus.

 

Chutes de feuilles et végétation sèche dans le Parc des Sceaux (92) en cette fin juillet 2022 – Via Twitter @voyagerenphotos

 

 

Cette sécheresse est d'ailleurs majoritairement visible sur la végétation basse et les arbres les plus jeunes qui sont les plus sensibles à ces aléas climatiques. Nombreux sont les exemples d'une herbe complètement jaunie ou de petits arbres et arbustes en mauvais état.

 

Végétation en péril suite à la sécheresse et à la chaleur dans le Nord de la France en cette fin juillet 2022 – Via Twitter @Garance179 et @Cypriac27

 

 

Le constat est également visible sur le Sud du pays où, malgré une végétation sensiblement plus habituée à la chaleur que plus au Nord, de nombreux arbres pourtant vieux souffrent de la situation actuelle.

 

Poirier vieux de 40 ans mal en point en cette fin juillet 2022 à Biscarosse (40) – Via Twitter @_Mileandre_

 

 

Même près de la Méditerranée, possédant pourtant une végétation s'adaptant rapidement à la chaleur et au manque d'eau de la période estivale, de nombreux arbres et arbustes meurent les uns après les autres en raison notamment d'une sécheresse perdurant depuis l'hiver dernier et d'une chaleur bien plus durable qu'ailleurs.

 

 

Végétation souffrant de la chaleur et de la sécheresse dans l'Hérault en cette fin juillet 2022 - Via Twitter @SergeZaka

 

 

Outre la végétation commune, les cultures françaises sont également durement touchées. Les restrictions d'eau empêchent en effet une irrigation normale des champs et le rendement des cultures se montre globalement bien inférieur à la normale sur notre pays.

 

Culture de maïs desséchée près d'Annecy en ce milieu d'été – Via Twitter @Mekkiceh


 

Cette végétation très sèche a également une autre conséquence, celle d'accentuer le risque d'incendie. Le cocktail chaleur, sécheresse et végétation sèche est en effet favorable à de nombreux incendies comme c'est le cas cette année. La surface de végétation brûlée est déjà proche des records de précocité et d'intensité depuis 2003.

Évolution de la surface de végétation brûlée en France depuis le 1er janvier 2022 - EFFIS

 

 

La situation est donc inquiétante au niveau de la végétation de notre pays avec cette sécheresse persistante et ces fortes à très fortes chaleurs à répétition. Une situation qui, d'après les dernières prévisions, n'est pas prête de s'améliorer avec des conséquences potentiellement notables d'ici le début de l'automne.

 

 

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