Logo Météo Paris, météo expertisée et gratuite

L’Atlantique reprend vie : vers un début octobre beaucoup plus agité en France ?

L’Atlantique se réveille brutalement : pluie, orages et vent pourraient gagner la France début octobre

Après plusieurs semaines marquées par un temps remarquablement calme, sec et souvent très chaud pour la saison, quelque chose commence enfin à bouger sur l’Atlantique Nord. Une profonde dépression va connaître un creusement spectaculaire entre mercredi et jeudi au sud de l’Islande, donnant naissance à une violente tempête océanique.

Pour le moment, cette tempête restera très éloignée de la France. Mais elle constitue peut-être le premier signe d’une évolution beaucoup plus profonde de la circulation atmosphérique. Les dernières projections du modèle européen ECMWF envisagent en effet une activité dépressionnaire beaucoup plus importante à proximité de l’Europe occidentale à partir de la semaine prochaine.

Et cette fois, la France pourrait finir par être directement concernée.

 

Une impressionnante tempête se creuse sur l’Atlantique

La première étape de cette évolution se déroule actuellement loin de nos côtes. Une dépression située au sud du Groenland va se creuser extrêmement rapidement entre mercredi 23 et jeudi 24 septembre, atteignant ensuite le sud de l'Islande.

Le modèle européen envisage une pression centrale descendant aux alentours de 955 hPa jeudi, témoignant d'un système particulièrement puissant. Autour de cette dépression, les vents seront tempétueux sur une très vaste portion de l’Atlantique Nord.

Les cartes de rafales sont particulièrement spectaculaires (jusqu'à 160 à 180 km/h en mer), avec un immense tourbillon de vents violents s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres.

 


Maximum des rafales prévu jeudi 24 septembre : une énorme zone de vents tempétueux se développe sur l’Atlantique Nord.

 

Cette tempête ne menace pas directement la France. Elle circulera beaucoup trop au nord-ouest. En revanche, son développement témoigne du réveil du rail dépressionnaire atlantique, longtemps rejeté très loin au nord par les hautes pressions responsables de notre sécheresse actuelle.

 

 

La France pourrait basculer la semaine prochaine

 

Dans un premier temps, l’anticyclone résistera encore. Mais à partir du lundi 28 septembre, les projections européennes font progressivement descendre les basses pressions vers l’Europe occidentale.

Une vaste ondulation pourrait alors se mettre en place sur l’Atlantique, avec des dépressions circulant beaucoup plus près des îles Britanniques et de la France.

Conséquence : le flux s’orienterait franchement au sud à l’avant de ces systèmes. Le vent de sud pourrait devenir sensible, voire fort par moments sur les reliefs exposés du Massif central, tout en faisant remonter un air particulièrement doux et humide.

Plusieurs vagues pluvieuses et parfois orageuses seraient alors susceptibles de traverser notre pays entre lundi et mercredi.

 


Le scénario ECMWF pour mardi 29 septembre envisage plusieurs zones pluvieuses et orageuses circulant sur la France.

 

Cette évolution serait particulièrement importante après des semaines de sécheresse. Certaines régions pourraient enfin recevoir des quantités de pluie significatives.

La configuration sera également à surveiller près de la Méditerranée. Avec un flux de sud à sud-est potentiellement humide et une mer encore très chaude, un épisode de fortes pluies sur les Cévennes ou plus généralement le pourtour méditerranéen ne peut être exclu. À cette échéance, il serait néanmoins beaucoup trop tôt pour parler d’un épisode cévenol certain.

 

 

Un début octobre potentiellement beaucoup plus agité

 

Le signal devient encore plus intéressant lorsque l’on regarde les projections du modèle européen pour la première semaine d’octobre.

Le modèle météo européen ECMWF maintient plusieurs profondes dépressions sur l’Atlantique Nord et envisage par moments leur rapprochement vers les îles Britanniques. Sur certaines échéances, le gradient de pression devient important entre l’Atlantique et le continent européen.

Le scénario proposé autour des 6 et 7 octobre est particulièrement spectaculaire, avec une profonde dépression au voisinage des îles Britanniques et un vaste courant océanique dirigé vers l’Europe occidentale.

Les cartes de rafales cumulées du modèle montrent alors des vents devenant beaucoup plus importants jusque sur la France, notamment près des côtes atlantiques et de la Manche.

 


À plus longue échéance, ECMWF envisage une nouvelle et puissante dépression sur l’Atlantique début octobre.

 

Dans un tel contexte, un coup de vent pourrait devenir possible sur une partie du pays. Certains scénarios vont même jusqu’à suggérer un risque de tempête avec des rafales supérieures à 100 km/h.

Mais il faut évidemment être extrêmement prudent : nous parlons ici d’échéances atteignant près de deux semaines. Il est absolument impossible, à ce stade, de prévoir la trajectoire ou l’intensité d’une éventuelle tempête sur la France.

 

 

ECMWF et GFS : deux scénarios totalement opposés

 

Cette prudence est d’autant plus nécessaire que le modèle américain GFS propose actuellement une évolution radicalement différente.

Alors que le modèle européen maintient un Atlantique très dynamique et dépressionnaire début octobre, GFS envisage au contraire le retour d'un puissant anticyclone sur les îles Britanniques vers le 8 octobre.

 

Pour cette même échéance, le modèle américain GFS envisage au contraire le retour d’un puissant anticyclone sur les îles Britanniques au début du mois d’octobre. Un scénario totalement opposé, qui illustre à quel point l’incertitude reste importante à cette échéance.

 

Dans ce scénario, le mauvais temps serait repoussé vers l'Islande et la France retrouverait rapidement des conditions beaucoup plus stables.

Cette divergence considérable montre à quel point la tendance pour la première décade d’octobre reste encore ouverte.

Une chose paraît toutefois de plus en plus évidente : après des semaines d’une remarquable monotonie, l’Atlantique est en train de sortir de sa léthargie. La semaine prochaine pourrait ainsi constituer une première rupture, avec davantage de pluie, d’orages et de vent sur la France.

Reste à savoir si cette évolution ne sera qu’une parenthèse… ou le véritable début d’un automne beaucoup plus agité.

 

Auteur : Guillaume Séchet >>> 

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris