Après la douceur, l’hiver 2026-2027 pourrait-il basculer brutalement ?

Sous l'impulsion d'El Niño, l'hiver 2026-2027 a de fortes chances de débuter par des conditions météorologiques douces et humide sur la France et l'Europe. Cette tendance va-t-elle se poursuivre jusqu'à la fin de l'hiver ? Qu'indiquent les dernières projections ?
Hiver 2026-2027 : pourquoi la fin de saison pourrait être très différente du début
L'hiver prochain se déroulera sous le prisme d'un épisode d'El Niño d'ampleur inédite ! En effet, les dernières prévisions envisagent un pic vers la fin de cette année 2026. Sur la zone 3,4 qui sert de référence, les modélisations envisagent une anomalie de +4,1°C fin 2026, un record ! Rappelons que l'on parle déjà de "Super El Niño" dès +2°C.
L'épisode actuel a donc de très fortes chances de devenir le plus intense jamais observé à l'époque moderne avec un pic se produisant en fin d'année. Ainsi, ses conséquences se diffuseront très largement au cours de l'hiver 2026-2027 avec des bouleversements multiples dans le monde.
Le pic d'intensité d'El Niño devrait intervenir à la fin de cette année 2026 avant que le phénomène ne perde progressivement en intensité au cours de l'hiver, notamment à partir de février et de mars 2027 où il pourrait commencer à s'atténuer de manière plus notable.

Modélisations d'intensité du phénomène El Niño jusqu'à janvier 2027 - Andrej Flis via severe-weather.eu
Même si les conséquences d'El Niño sont moins fortes chez nous que dans d'autres régions du monde, elles ne sont pas nulles. Plusieurs études ont montré une tendance à une circulation d'ouest plus active lors des épisodes d'El Niño, favorisant des épisodes pluvieux plus importants et plus répétés sur l'ouest de l'Europe et notamment en France.
Avec un courant océanique bien établi et de nombreuses perturbations en provenance de l'Atlantique, la douceur devrait également être au rendez-vous du début de l'hiver prochain. Les modélisations pour la fin de l'année et notamment pour décembre 2026 sont particulièrement douces en France.
Il apparaît plus que probable que le début de cet hiver 2026-2027 se déroulera sous une météo sensiblement plus douce que la normale mais aussi très humide en France. Cette tendance va-t-elle donner le ton de l'ensemble de l'hiver ou un changement est-il possible avant le printemps ?

Tendances concernant les températures et la pluviométrie pour le quatrième trimestre 2026 - ECMWF
Un changement pour la fin de l'hiver ?
Les projections pour le début de l'année 2027 mettent en évidence un éventuel changement dans la circulation atmosphérique générale. Jusqu'à janvier 2027, la majorité des modèles saisonniers envisagent des vents zonaux puissants, c'est à dire une circulation d'ouest en est dynamique, amenant pluie et douceur océanique sur la France.
Cependant, les projections à long terme envisagent une baisse des vents zonaux pour la fin de l'hiver, autour des mois de février et de mars 2027. Des vents zonaux plus faibles indiquent un ralentissement du courant océanique et donc un temps possiblement moins doux et humide sur l'Europe et la France.
Bien souvent, des vents zonaux plus faibles coïncident avec un vortex polaire moins stable. Lorsque ce dernier est attaqué par des pulsions d'air doux remontant vers les latitudes polaires, il tend à se déstructurer et la circulation océanique s'en trouve affaiblie.

Les vents zonaux pourraient ralentir à la fin de l'hiver - via Copernicus
Ainsi, la première moitié de l'hiver 2026-2027 a de fortes chances de se dérouler sous un vortex polaire stable, c'est à dire avec des masses d'air très froides restant concentrées aux hautes latitudes et favorisant une circulation d'ouest en est dynamique aux moyennes latitudes, amenant pluie et douceur sur nos régions.
En revanche, comme nous venons de l'évoquer, le vortex polaire pourrait devenir plus instable à la fin de l'hiver, surtout à partir du mois de février 2027. Au lieu de rester concentré sur les régions polaires, l'air froid peut alors faire des incursions aux latitudes moyennes.
D'une manière générale, lorsque les jours rallongent et que le pôle Nord commence à se réchauffer à la fin de l'hiver, le vortex polaire devient moins stable. Il peut entraîner des ondulations plus importantes du courant jet. De plus, El Niño devrait perdre en vitesse à la fin de l'hiver, ce qui irait aussi dans le sens d'un vortex polaire moins concentré.

Schéma d'un vortex polaire instable et d'un courant jet ondulant (classique au printemps) - NOAA
Malgré tout, ces données n'annoncent aucunement une fin d'hiver froide sur la France. Même avec un vortex polaire instable, il faut que la coulée polaire se fasse vers notre pays. Si elle survient sur l'Atlantique, elle peut soulever un air très doux sur la France par effet de vases communicants. De plus, les tendances à 6 mois ont des marges d'erreur notables qu'il convient de garder à l'esprit.
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