Quelles conséquences du réveil soudain d'El Nino ?

Le phénomène climatique El Niño devrait se mettre en place sur le Pacifique à partir de l'été 2026 avec des conséquences rapidement visible sur de nombreuses régions du globe
El Niño, c'est quoi ?
El Niño et sa phase opposée La Niña sont les noms donnés à une variation naturelle du climat mondial. Ce phénomène climatique induit une variation marquée de la température des eaux de l’océan Pacifique équatorial et une modification de la circulation atmosphérique mondiale avec pour conséquence des événements extrêmes sur certaines régions du globe.
Le nom d'El Niño trouve son origine auprès des pêcheurs péruviens, qui ont été les premiers à remarquer ce phénomène de réchauffement des eaux qui rendait la pêche moins fructueuse. Ce réchauffement s’observe souvent à partir du mois de décembre et a ainsi été surnommé El Niño, « le petit garçon », en référence à El Niño de Navidad, l’enfant Jésus en espagnol, célébré à Noël.
El Niño se produit en moyenne avec une périodicité de 2 à 7 ans. Le dernier en date a débuté durant l'été 2023 et a perduré jusqu'au printemps 2024. Durant ce dernier épisode les effets combinés du réchauffement des eaux du Pacifique mais également de l'ensemble des bassins océaniques mondiaux en plus du réchauffement climatique avaient contribué à atteindre des nivaux inédits de températures moyennes mondiales depuis le début des mesures, dépassant le seuil symbolique de +1.5°C de réchauffement depuis la période pré-industrielle 1850-1900. Les épisodes El Niño sont ainsi redoutés à l'échelle du globe, ceux-ci contribuant à augmenter les températures moyennes à la surface de la Terre durant plusieurs mois, à l'inverse de La Niña. Cette augmentation est d'autant plus forte lorsque le phénomène El Niño l'est également.

Evolution des températures moyennes globales et des températures des eaux de surfaces du Pacifique entre 1980 et 2023 – NOAA
Pourquoi le prochain El Niño inquiète ?
Aujourd'hui, tous les modèles de prévisions s'orientent vers la mise en place d'un "super El Niño" dès cet été 2026. En effet, si l'anomalie de surface des eaux du Pacifique équatorial dépasse les +2°C, nous parlons alors d'un super El Niño. À ce jour, les prévisions franchissent assez largement ce seuil avec des modélisations s'orientant même vers des anomalies supérieures à 3°C. Si cela se produit, cet El Niño pourrait être l'un des plus puissants observés depuis le début des relevés météorologiques à l'échelle du globe.

Projections d'anomalies de températures sur le Pacifique Equatorial pour les prochains mois - ECMWF C3S
Comme évoqué précédemment, le phénomène El Niño a de nombreuses conséquences à l'échelle de la planète, et ces conséquences sont d'autant plus importantes lorsque le phénomène est fort, comme cela pourrait être le cas dans les prochains mois. Certains scientifiques voient d'ailleurs des similitudes avec le super El Niño de 1997-1998, qui était le phénomène le plus intense observé jusque à avec des conséquences très importantes à l'échelle du globe. En effet, entre 21 000 et 24 000 personnes ont perdu la vie à l'échelle de la planète en lien avec les événements provoqués par la mis en place de ce super El Niño selon l'Organisation mondiale de la Santé.
Or, les conséquences de ce potentiel super El Niño devant se mettre en place dans les prochains mois pourraient être en plus décuplées dans un contexte de changement climatique. En effet, le phénomène s'ajoute au changement climatique en entraînant en général des températures globales supérieures de +0.1 à +0.2°C aux moyennes. Selon les scientifiques, la survenue d'un événement El Niño marqué en 2026-2027, s'ajoutant à l'effet du changement climatique, augmenterait les probabilités d'observer en 2027 une valeur de température moyenne planétaire proche ou supérieure au record de 2024, une situation qui favorisera la survenue d'événements extrêmes à travers le globe.
Quelles conséquences dans le monde ? Et en France ?
Le phénomène El Niño modifie la répartition et l'intensité des précipitations mais également les températures moyennes dans plusieurs régions du monde. De décembre à février (hiver sur l'hémisphère Nord), on retrouve en général un temps plus frais et humide dans le sud des États-Unis, tandis que les températures sont au dessus des normales en Alaska et dans l’ouest du Canada.
Un temps chaud et sec prédomine sur la partie australe du continent africain et sur une bonne partie de l'Asie du Sud-Est. Durant l'été sur l'hémisphère Nord, on retrouve un temps plus sec que la normale sur l'Inde (faible mousson), l'Asie du Sud-Est et le nord de l'Australie. Le continent sud-américain retrouve également un temps plus chaud que la normale.

Conséquences clairement établies d'El Niño sur Terre en hiver et en été - NOAA
En Europe, les effets d'El Niño ne sont pas clairement établis. Néanmoins, en liaison à l'augmentation globale des températures moyennes liée à El Niño, il est important de noter que les chances de vivre des épisodes de douceur/chaleur records augmentent statistiquement jusqu'en France durant un épisode El Niño, notamment lorsque celui-ci est fort.
Pour le moment, les effets du prochain El Niño, qu'il soit "super" ou non, devraient surtout se faire ressentir à partir de l'hiver prochain ainsi qu'en 2027 à l'échelle du globe, il conviendra donc d'attendre encore un peu pour véritablement observer ses conséquences potentiellement désastreuses pour de nombreuses régions de la planète. Avant cela, il se pourrait que les risques d'un été torride soient plus élevés que d'habitude.
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Auteur : Tristan Bergen

