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Un gel printanier de plus en plus dévastateur face à une végétation en avance

mardi 13 avril 2021

Les gelées matinales s'enchaînent depuis une semaine avec des conséquences particulièrement néfastes sur les arbres fruitiers. Si ces coups de froid printaniers ont toujours existé, ils sont de plus en plus dommageables. Météo Villes vous explique pourquoi.

 

Nombreuses gelées cette semaine

 

Situation à échelle continentale pour le mercredi 14 avril 2021 - Météo Villes

 

Les gelées matinales ont déjà été nombreuses durant les matinées du lundi 12 et du mardi 13 avril 2021 avec 0 à -3°C en moyenne (localement jusqu'à -4 voire -5°C en plaine). Le risque de gel persistera jusqu'à la fin de la semaine à cause d'un anticyclone solidement ancré sur les Îles Britanniques, dirigeant un flux de nord-est qui entretient l'apport en air continental très frais (des anomalies fraîches perdurent sur la zone depuis le début du mois).

 

Températures minimales prévues les mercredi 14 et jeudi 15 avril 2021 - via wofrance.fr

 

Les deux prochaines matinées seront les plus froides de la semaine, en lien avec un ciel nocturne souvent dégagé. Ce mercredi 14 avril 2021, les gelées concerneront les trois quarts de la France. Il s'agira le plus souvent de gelées blanches au sud-ouest. Ailleurs, il fera 0 à -4°C en général avec les valeurs les plus basses vers le Massif Central, la Bourgogne et les Ardennes (localement jusqu'à -5°C). Les températures seront très similaires le jeudi 15 avril.

 

Températures minimales prévues les vendredi 16 et samedi 17 avril 2021 - via wofrance.fr

 

Les gelées seront encore fréquentes durant les matinées des vendredi 16 et samedi 17 avril 2021 mais elles seront plus faibles et épargneront toutes les régions côtières. La présence d'une goutte froide (petite anomalie dépressionnaire) au dessus de la France apportera davantage de nuages, venant limiter le risque de gel fort et dommageable pour la végétation.

 

A priori, la hausse des températures se confirmerait la semaine prochaine avec la probable disparition des gelées matinales, même si les valeurs minimales devraient rester bien fraîches.

 

 

Les dates d'éveil de la végétation en cause

 

Schémas des différentes configurations du vortex polaire - via Insider Inc.

 

Les coulées d'air froid vers nos latitudes ont toujours été observées au printemps et font partie intégrante de notre climat. Durant l'hiver, le vortex polaire est généralement assez concentré avec des masses d'air froid s'accumulant aux hautes latitudes du fait des nuits très longues. Au printemps, le rayonnement solaire augmente et la circulation zonale (flux d'ouest au sud du vortex polaire) tend à ralentir quelque peu.

 

C'est donc à cette saison, notamment durant les mois de mars et avril, que les échanges méridiens se multiplient. Ils se traduisent par des pulsions d'air doux remontant en direction des hautes latitudes, entraînant des décrochages d'air polaire par effet de vases communicants (schéma de droite ci-dessus). La France peut alors se retrouver sous des flux de sud chauds comme des flux de nord froids - c'est la saison de tous les contrastes.

 

Sur les 5 derniers printemps, 4 ont été marqués par gelées tardives dommageables pour la végétation (à des degrés différents), même si l'épisode de 2021 est d'ampleur historique et dramatique. Seul le printemps 2018 a été épargné. Les exemples plus anciens ne manquent pas également (le plus dramatique hors-2021 remonte à avril 1991).

 

Records de chaleur et de froids à la fin mars 2021 et au début avril 2021 - via Météo France / BFMTV

 

Comme nous venons de le voir, le printemps est la saison de tous les contrastes et il peut arriver que nous passions de l'été à l'hiver en très peu de temps. C'est ce scénario du pire qui s'est réalisé ces derniers jours, avec des écarts thermiques jamais vus à cette saison ! Après 298 records de chaleur lors des derniers jours de mars 2021 (jusqu'à 25 à 27°C dans le nord-est de la France), 131 records de froid sont tombés les 6 et 7 avril 2021 (matinées à -5°C sur l'arrière-pays méditerranéen et -8°C au nord-est) !

 

Date de la floraison des vignes à Tours entre 1970 à 2012 - via Préfet Centre

 

Si les épisodes de gel au mois d'avril ont toujours existé, les hivers de plus en plus cléments et les coups de chaud de plus en plus tôt engendrent l'éclosion de plus en plus précoce de la végétation. Le graphique ci-dessus montre la date à laquelle les vignes sont en fleurs à Tours dans le Centre, tout en sachant que l'apparition des bourgeons (débourrement) arrive en général deux mois plus tôt et que ces derniers sont particulièrement sensibles au gel.

 

On constate qu'entre les années 1970 et aujourd'hui, la floraison des vignes intervient 2 à 3 semaines plus tôt. Il en est de même pour l'apparition des bourgeons (période la plus à risque face au gel). C'est une conséquence directe de l'augmentation des températures et des épisodes de douceur/chaleur de plus en plus précoces et marqués. En activant la montée de sève dans la plante de plus en plus tôt, ces douceurs printanières causent une surexposition au risque de gel dommageable car les coulées froides printanières ne semblent pas se raréfier (il est classique de voir le pôle se décharger d'une partie de son air froid en fin de saison).

 

Écarts thermiques à la normale 1981-2010 des mois d'avril de 1971 à 2020 - Météo France

 

Plus généralement, les températures au début du printemps sont de plus en plus douces ce qui tend à avancer de manière considérable les dates d'éveil de la végétation. À ce titre, le mois d'avril est l'un de ceux qui se réchauffent le plus vite depuis le début du siècle, comme le montre le graphique ci-dessus.

 

En résumé, le réchauffement climatique tend à accroître la sensibilité des cultures au gel printanier, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Une ou deux matinées de fortes gelées ne pèseront pas lourd dans les statistiques climatiques après deux ou trois semaines d'anomalies douces. Pourtant, un tel enchaînement peut anéantir les récoltes de toute une saison...

 

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