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Pourquoi les températures vont-elles autant jouer au yo-yo ?

Jet-stream très ondulant : pourquoi les températures pourraient encore faire le yo-yo en France

Après un début septembre marqué par une chaleur exceptionnelle puis une chute brutale des températures, la France s’apprête déjà à connaître une nouvelle remontée du thermomètre. Mais cette chaleur pourrait une nouvelle fois être suivie d’un rafraîchissement rapide. En cause : une configuration très ondulante du jet-stream au-dessus de l’Atlantique Nord et de l’Europe, favorisant de forts contrastes thermiques.

 

Un jet-stream très ondulant sur l’Europe

À environ 9 à 12 kilomètres d’altitude circule une véritable rivière de vents très rapides appelée jet-stream, ou courant-jet. Celui-ci marque généralement la limite entre les masses d’air froid des hautes latitudes et l’air plus doux ou chaud présent plus au sud.

Lorsque ce courant circule de façon relativement rectiligne d’ouest en est, les changements de masse d’air restent généralement progressifs. Mais lorsqu’il commence à former de grandes ondulations, la situation devient beaucoup plus contrastée.

De profondes dorsales peuvent alors remonter très loin vers le nord et transporter de l’air chaud subtropical sur l’Europe occidentale, tandis qu’à quelques centaines ou milliers de kilomètres, des talwegs plongent vers le sud en ramenant de l’air beaucoup plus frais depuis l’Atlantique Nord.

C’est précisément ce type de configuration qui pourrait dominer dans les prochains jours sur l’Europe occidentale.

 

Vent à 250 hPa indiquant une grande ondulation entre l’Atlantique, les îles Britanniques et l’Europe occidentale. ECMWF

 

Une nouvelle remontée de chaleur sur la France

Dans un premier temps, la France va se retrouver du côté chaud de cette ondulation.

Après la fraîcheur observée ces derniers jours, les hautes pressions vont progressivement regagner du terrain durant le week-end des 12 et 13 septembre. Le courant s’orientera davantage à l’ouest puis au sud-ouest, ce qui permettra aux températures de repartir rapidement à la hausse.

Dès dimanche, les 30°C devraient de nouveau être atteints ou dépassés dans plusieurs régions du sud.

La chaleur devrait ensuite s’accentuer lundi 14 et surtout mardi 15 septembre avec une remontée d’air très chaud en provenance de la péninsule Ibérique et du nord-ouest de l’Afrique.

Sur une grande moitié sud, les températures pourraient fréquemment atteindre 30 à 34°C. Quelques pointes proches de 35°C, voire localement davantage, restent envisageables entre le Sud-Ouest, le Languedoc et certaines vallées du centre-est.

Ces valeurs seraient particulièrement élevées pour une mi-septembre, sans atteindre toutefois les niveaux exceptionnels enregistrés au cours de la première semaine du mois.

 

Anomalie de températures à 850 hPa pour mardi 15 septembre - ECMWF

 

Puis une baisse parfois spectaculaire en seulement 24 heures

Cette poussée chaude ne devrait cependant pas durer.

À l’ouest de la France, une nouvelle ondulation du jet-stream pourrait se creuser au-dessus de l’Atlantique. Le talweg associé progresserait rapidement vers l’Europe occidentale en repoussant la masse d’air chaud vers l’est.

Un front froid traverserait alors une partie du pays entre mardi et mercredi.

Le contraste pourrait devenir spectaculaire. Alors que certaines régions pourraient encore dépasser les 30°C mardi après-midi, le thermomètre pourrait perdre localement 10 à 15°C en seulement 24 heures derrière le passage du front.

Mercredi, les maximales pourraient retomber autour de 20 à 25°C sur une grande partie de la France, parfois moins dans certaines régions du nord et de l’ouest.

Cette baisse serait d’autant plus marquante qu’elle interviendrait seulement quelques jours après le retour d’une ambiance pleinement estivale.

 

Comparatif anomalie des températures à 850 hPa lundi / mercredi - ECMWF

 

Pourquoi de tels écarts de température ?

 

Cette succession de remontées chaudes puis de rafraîchissements rapides est typique d’un jet-stream fortement ondulant.

À l’avant d’un talweg, le courant prend généralement une composante de sud à sud-ouest et transporte de l’air chaud vers la France. À l’arrière de cette même ondulation, le vent bascule au nord-ouest et permet à de l’air nettement plus frais de descendre sur l’Europe occidentale.

La France peut donc passer rapidement d’une masse d’air à une autre, parfois en moins de 24 heures.

Les contrastes peuvent également être très importants à l’échelle de l’Europe. Au même moment, certaines régions méditerranéennes peuvent encore connaître des températures proches de 30 à 35°C tandis que les îles Britanniques ou le nord de l’Atlantique se retrouvent sous une masse d’air nettement plus fraîche.

Ce contraste thermique renforce le courant-jet et peut accélérer le déplacement des perturbations et des fronts.

 

Un véritable yo-yo thermique jusqu’à la fin septembre ?

La question est maintenant de savoir si cette configuration très ondulante peut persister au cours de la deuxième moitié du mois.

Les projections à moyen terme continuent de montrer un courant-jet susceptible de rester assez sinueux entre l’Atlantique et l’Europe. Dans ce contexte, il pourrait être difficile pour une masse d’air de s’installer durablement sur la France.

Des remontées chaudes pourraient donc encore alterner avec des périodes plus fraîches.

Cela ne signifie pas pour autant que chaque changement sera aussi marqué que celui attendu entre mardi et mercredi. La prévisibilité diminue rapidement au-delà de quelques jours et la position exacte des ondulations reste très incertaine.

Mais cette configuration semble peu favorable à l’installation durable d’un temps franchement automnal sur l’ensemble de la France.

Septembre est d’ailleurs particulièrement propice à ce type de montagnes russes thermiques. La Méditerranée et l’Afrique du Nord restent encore très chaudes après l’été, tandis que les régions arctiques et subpolaires commencent déjà à se refroidir nettement.

Le jet-stream se retrouve donc entre deux réservoirs d’air très contrastés.

Après un été exceptionnellement chaud et un début septembre déjà mouvementé, la transition vers l’automne pourrait ainsi rester très irrégulière. La France pourrait encore passer plusieurs fois d’une ambiance presque estivale à des températures nettement plus automnales en l’espace de quelques jours.

 

Auteur : Guillaume Séchet >>> 

 

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris