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Covid : La fraîcheur accentue-t-elle l’épidémie ?

lundi 26 octobre 2020

 

Depuis le début du mois de septembre, le nombre de nouveaux cas et d’hospitalisation était reparti lentement à la hausse, hausse qui s’est très fortement accentuée à la fin du mois de septembre et qui s’est poursuivie depuis.

 

Graphiques des nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation en France depuis le 17/03/2020 - Via linternaute

 

Cette forte augmentation assez « soudaine » a correspondu quasiment parfaitement avec le retour brutal de la fraîcheur sur le pays. A partir du 23/24 septembre, les températures moyennes sont en effet repassées très en-dessous des normales de saison, chose qui n’était plus arrivée depuis plusieurs mois.

 


Graphique des températures moyennes nationales entre le 21 septembre et le 09 octobre - Météo-France

 

 

Corrélation entre l'augmentation du nombre de cas positifs et la baisse des températures moyennes sur le pays - Via LeParisien

 

Le pays a ensuite subi plusieurs semaines de temps frais et perturbé, ce qui a pu avoir une incidence sur la forte reprise de l’épidémie. Les scientifiques suggèrent en effet que les conditions météorologiques ont plusieurs effets sur le virus.

 

L’humidité favorable à la prolifération du virus :

 

La chaleur estivale a pour effet de sécher plus rapidement les gouttelettes d’humidité où se trouve le virus. Plus l’air est sec et chaud, plus le virus aura du mal à se propager, n’ayant plus de vecteur de transport.

 

Une humidité importante et persistante aura donc plus d’incidence sur la propagation de la COVID car le virus pourra survivre plus longtemps sur les surfaces sur lesquelles il se dépose.

 

La forte humidité ambiante favorise également la création de ces gouttelettes et donc l’expansion de l’épidémie. Or, depuis la fin du mois de septembre et notamment après le passage de la tempête Alex les conditions sont très perturbées en France avec une succession de perturbations et une humidité ambiante souvent élevée. Les cumuls moyens mensuels sont en effet excédentaires sur la majeure partie du pays :

Rapport à la normale des cumuls mensuels au début du mois d'Octobre sur la France - Météo-France

 

Un germe sensible à la chaleur :

 

Plusieurs études scientifiques ont été menées sur la résistance du Coronavirus à la chaleur. Il a été démontré que celui-ci serait sensible aux températures élevées, pouvant par exemple survivre près de 28 jours sous les 20°C contre seulement 24h à 40°C. Le retour brutal de la fraîcheur serait donc favorable à une survie plus élevée du virus sur les surfaces et donc à une transmission bien plus efficace.

 

Retour précoce de l'hiver à la fin du mois de septembre dans le Val d’Allos - Via Val d'Allos

 

 

Les températures où le taux de transmission serait le plus fort seraient situées entre 3 et 17°C d’après une récente étude scientifique. Ces valeurs se situent exactement dans les températures moyennes que connait le pays depuis la fin du mois de septembre. Pour rappel, le début d’automne 2020 est un des plus frais depuis 1974 à l’échelle nationale.

 

Rapport à la moyenne des températures moyennes nationales sur la période du 24 septembre au 14 octobre depuis 1947 - Météo-France

 

 

Des conditions météorologiques favorables à la sédentarité :

 

Le retour d’un temps perturbé et frais engendre forcément une attitude plus casanière de la population. Or, il a été démontré que les contaminations sont bien plus aisées dans les lieux clos et peu ventilés. C’est pour cela qu’aérer les habitations est aujourd’hui prescrit comme un des gestes barrières pour lutter contre l’épidémie. Ouvrir ses fenêtres et faire circuler l’air permet de limiter la propagation du virus, 5 à 15 minutes suffisent chaque jour.

 

Aérer son habitation limite la prolifération du virus - Image : prix-pose.com

 

Il semble donc que les conditions météorologiques régnant sur le pays depuis la fin du mois de septembre soient favorables à une propagation plus rapide et efficace du virus (même si ce ne sont pas les seuls facteurs à prendre en compte), à savoir la fraîcheur, l’humidité ambiante et la sédentarité causée par le temps perturbé.

 

C’est de toute façon le cas chaque année lors de l’arrivée des premiers coups de froid, nous assistons à une recrudescence des cas de maladies respiratoires en période hivernale.

 

Les raisons sont les mêmes qu’évoquées précédemment, de plus la fraîcheur irrite plus facilement les muqueuses de notre corps. En effet, le froid engendre la mise en place d’une stratégie du corps humain pour réchauffer l’air inspiré par les poumons en l’humidifiant. Ce transfert de chaleur par l’humidité provoque l’assèchement du mucus, notre barrière contre les virus et les bactéries. Notre corps est donc statistiquement plus sensible aux maladies respiratoires (telles que la Covid) lorsqu’il fait froid.

 

Schéma du fonctionnement du mucus nasal - Via fitonasal2act.fr

 

C’est d’ailleurs ce qui explique l’expression « prendre froid » en hiver.

 

La fraîcheur va-t-elle persister ?

 

Après cette longue période perturbée et fraîche il semble que la tendance soit plus clémente pour le début du mois de Novembre, un anticyclone devrait en effet remonter sur le pays par le Sud-Ouest, apportant une hausse des températures et un temps calme et sec.

 

Schéma de la situation atmosphérique sur l'Ouest de l'Europe le 1er Novembre - Modèle GFS via météociel.fr

 

Celui-ci pourrait persister au moins jusqu’au 3 / 4 Novembre avant que des gouttes froides ne viennent possiblement jouer les trouble-fête.

 

Schéma de la situation atmosphérique sur l'Ouest de l'Europe le 5 Novembre - Modèle GFS via météociel.fr

 

La suite est encore incertaine, même si l’hiver s’annonce assez doux d’après les dernières prévisions saisonnières (à prendre avec des pincettes car le réchauffement climatique joue un rôle dans la prévision d’hivers toujours plus doux) les coups de froid temporaires sont inévitables et pourraient encore aggraver la situation épidémique si ceux-ci persistent comme c’est le cas depuis plusieurs semaines.

 

>> Si la deuxième vague de l’épidémie est maintenant bien en place et était envisagée depuis plusieurs mois, les conditions météorologiques perturbées et fraîches n’arrangent pas les choses et semblent même favorables à une propagation plus rapide du virus, c’est en tout cas ce que suggèrent de plus en plus d’études scientifiques sur le sujet.  

 

Image d'illustration pour Premier assaut brutal de l’automne sur la France       Image d'illustration pour Premier assaut brutal de l’automne sur la France

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