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Canicule dès mercredi : jusqu’à 40 °C le jour et des nuits étouffantes sur une grande partie de la France

Carte de probabilité que la température dépasse 30° durant au moins six heures dans la journée de mercredi selon le modèle METEO européen.

 

Canicule dès mercredi : jusqu’à 40 °C le jour, 25 °C la nuit et une chaleur qui pourrait durer

Après une parenthèse temporairement moins chaude, les températures vont repartir très rapidement à la hausse dès mardi. Une quatrième vague de chaleur se dessine sur la France, avec un pic attendu entre mercredi et jeudi sur une grande partie du pays. Les 35 °C seront fréquemment dépassés, tandis que des pointes supérieures à 40 °C sont possibles. Les nuits deviendront également très pénibles dans les grandes agglomérations, sans véritable rafraîchissement avant le lever du jour. Plus préoccupant encore, certains scénarios envisagent la persistance de cette chaleur intense durant une bonne partie du début du mois d’août.

 

 

Un quatrième assaut du dôme de chaleur depuis la fin du printemps

 

Depuis la fin du printemps, le même mécanisme se répète : un puissant dôme de chaleur installé entre l’Afrique du Nord, la péninsule Ibérique et le bassin méditerranéen étend régulièrement son influence vers la France. Ces remontées d’air saharien ont déjà provoqué plusieurs vagues de chaleur remarquables par leur précocité, leur intensité, leur durée ou leur extension géographique. La carte prévue pour le milieu de la semaine prochaine montre une nouvelle fois la France au cœur d’une immense zone d’anomalies thermiques, qui s’étendrait de la péninsule Ibérique au Benelux et jusqu’à l’Europe centrale. Cette quatrième offensive chaude ne serait donc pas un simple pic isolé, mais une nouvelle séquence de températures très largement supérieures aux normales.

Une masse d’air brûlante remontera du Maghreb vers la France

La carte des températures prévues vers 1 500 mètres d’altitude illustre parfaitement la puissance de cette remontée chaude. Jeudi matin, le modèle ECMWF envisage une masse d’air comprise entre 20 et 24 °C à 850 hPa sur une grande partie de la France, avec les valeurs les plus élevées entre la péninsule Ibérique, le Sud-Ouest et les régions centrales. De telles températures en altitude constituent un potentiel très important pour les maximales au sol, surtout en présence d’un ciel dégagé, de sols très secs et d’un vent peu rafraîchissant. Seules les régions proches de la Manche et de l’Atlantique resteraient en marge de ce véritable coup de chalumeau, grâce à une influence océanique légèrement moins chaude.

 

Température de la masse d’air à 850 hPa, soit environ 1 500 mètres d’altitude, prévue jeudi 30 juillet 2026 à 5 h. Source : modèle ECMWF 0,25°, via Météociel, actualisation du 25 juillet 2026 à 12 UTC.

 

 

Mercredi et jeudi, les 35 °C largement dépassés et plus de 40 °C possibles

 

La hausse commencera véritablement mardi, avant une envolée des températures mercredi 29 juillet. Les 35 °C pourraient alors être atteints ou dépassés sur une très large partie de la moitié sud, du centre et de l’est de la France. Le modèle ECMWF envisage fréquemment 37 à 39 °C de l’Aquitaine au Midi toulousain, au Centre et à certaines régions du Massif central, avec des pointes locales de 40 à 41 °C. Le Sud-Ouest, déjà durement touché par les incendies, pourrait donc se retrouver parmi les secteurs les plus chauds. La Bretagne, la Normandie et les côtes de la Manche conserveraient des températures sensiblement plus supportables, généralement comprises entre 20 et 30 °C.

Jeudi 30 juillet, l’air le plus chaud aurait tendance à se décaler vers les régions centrales, orientales et nord-est. Des températures de 37 à 40 °C apparaissent sur une vaste zone allant du Centre à la Bourgogne, au Grand Est et à la vallée du Rhône, avec encore quelques pointes proches de 41 °C. À l’inverse, un courant océanique moins brûlant pourrait commencer à gagner la façade atlantique. La Bretagne, l’ouest de la Normandie et certains secteurs du littoral des Hauts-de-France pourraient ainsi échapper aux valeurs les plus extrêmes. La France serait donc coupée en deux, entre une bordure nord-ouest relativement tempérée et les trois quarts restants encore soumis à une chaleur accablante.

 

Températures maximales prévues jeudi 30 juillet 2026, avec un déplacement du noyau le plus chaud vers le Centre, l’Est et le Nord-Est. Source : modèle ECMWF 9 km, via Météociel, actualisation du 25 juillet 2026 à 12 UTC.

 

Des nuits tropicales, parfois proches de 25 °C

La canicule ne se caractérise pas uniquement par les températures maximales. L’absence de rafraîchissement nocturne pourrait devenir particulièrement éprouvante à partir de mercredi soir. Jeudi matin, les températures minimales resteraient fréquemment comprises entre 20 et 23 °C dans les grandes agglomérations et les plaines du centre et de l’est. Le modèle météo européen envisage même autour de 26 à 27°C à Paris dans les secteurs les plus urbanisés. Ces nuits dites « tropicales », durant lesquelles la température ne descend pas sous les 20 °C, empêchent les logements de se rafraîchir et augmentent la fatigue accumulée. Les seuils de canicule pourraient ainsi être dépassés dans de nombreux départements, avec de nouvelles vigilances orange et, si les prévisions les plus extrêmes se confirment, un risque de vigilance rouge.

 

 

À Paris, un premier pic dès mercredi mais pas de véritable fraîcheur ensuite

 

Le diagramme d’ensemble AIFS pour Paris montre une forte convergence des scénarios jusqu’au milieu de la semaine. Un premier pic de chaleur est attendu dès mercredi, avec des températures maximales généralement comprises entre 35 et 38 °C selon les scénarios. La température pourrait ensuite légèrement fluctuer, mais aucun rafraîchissement durable ne se dégage pour le moment. Même après le pic initial, la moyenne des scénarios conserve des maximales souvent proches ou supérieures à 30 °C et des nuits régulièrement situées autour de 20 °C. À plus longue échéance, la dispersion augmente logiquement, mais plusieurs scénarios maintiennent une chaleur très forte jusqu’à la première semaine d’août, soit une durée potentielle d’au moins une dizaine de jours.

 

Diagramme d’ensemble AIFS-ECMWF pour Paris, montrant l’évolution possible des températures et des précipitations jusqu’au 9 août 2026. Source : ECMWF AIFS, via Météociel

 

 

À Lyon et dans l’Est, une vague de chaleur potentiellement plus durable

À Lyon, le signal de chaleur apparaît encore plus persistant. Après une première envolée autour de 36 à 39 °C en milieu de semaine, de nombreux scénarios continuent d’envisager des maximales très élevées au début du mois d’août. Certains membres dépassent même ponctuellement 40 °C. Le pic pourrait donc être plus tardif ou se prolonger davantage qu’à Paris, notamment durant le prochain week-end. Cette différence s’explique par le déplacement progressif du dôme de chaleur vers l’Europe centrale et continentale. Les régions de l’Est et du Sud-Est resteraient alors sous l’influence directe de l’air brûlant, tandis que le nord-ouest de la France bénéficierait plus facilement d’infiltrations océaniques moins chaudes.

 

 

Le risque d’incendie pourrait encore s’aggraver

 

Cette nouvelle vague de chaleur intervient dans un contexte déjà catastrophique sur le front des incendies. Les sols et la végétation sont extrêmement secs dans de nombreuses régions, tandis qu’aucune séquence pluvieuse généralisée n’est envisagée avant le retour des fortes températures. La combinaison de maximales proches de 40 °C, d’un air sec, de nuits chaudes et d’une végétation desséchée pourrait encore accentuer le danger. La carte de mercredi place déjà une grande partie de la France en risque élevé à très élevé, notamment dans l’Ouest, le Centre et le Sud-Ouest. Le modèle développé par CzechGlobe et diffusé sur Windy évalue le danger sur six niveaux, de « très faible » à « extrême », à partir notamment des paramètres météorologiques favorisant le départ et la propagation des feux. (Windy.com/) Dans le massif landais, où la lutte contre les incendies constitue déjà un enjeu national, la moindre reprise du vent ou nouvelle ignition pourrait provoquer une aggravation rapide de la situation.

 

Niveau de danger d’incendie prévu mercredi 29 juillet 2026, avec un risque élevé à très élevé sur une grande partie de la France. Source : CzechGlobe, couche « danger incendie » diffusée par Windy.

 

Les contours précis de cette quatrième vague de chaleur devront encore être affinés, notamment concernant les pointes maximales et sa date de fin. Toutefois, la remontée brutale des températures à partir de mardi, les nuits tropicales et la persistance possible du dôme de chaleur sur l’Europe centrale rendent désormais un nouvel épisode caniculaire très probable.

 

Auteur : Guillaume Séchet

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Paris